Turok : pour les amateurs de viande saignante

15 févr. 2008
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Turok propose une aventure captivante, un mode multijoueurs classique mais non moins amusant, et surtout une ambiance très soignée et immersive. Malgré une difficulté mal dosée, un manque flagrant de souplesse au niveau des possibilités de sauvegarde et quelques petits problèmes au niveau de la caméra, le plaisir de jeu prend vite le dessus. Turok s’avère donc être une bonne surprise, et laisse entrevoir une lueur d’espoir concernant l’avenir de la série. Un jeu à parcourir au moins une fois !

Certaines séries perdurent facilement dans le temps, passant d’un support à un autre au gré des évolutions techniques. C’est le cas de Turok, série vieille de plus de dix ans. Malheureusement, elle n'a pas toujours su se bonifier, allant même jusqu'à laisser de mauvais souvenirs avec un Turok Evolution, qui montrait clairement le déclin de la série. Le tout dernier épisode s’intitule sobrement Turok, comme une envie de retour aux sources. Développé par Propaganda Games et édité par Touchstone, ce dernier volet vous convie aux réjouissances de la chasse aux dinosaures. Alors, prédateur ou proie ?

Voilà une planète moins primitive qu'il n'y paraît.

L’héritage du passé

Il en a fait du chemin, cet indien du nom de Turok, depuis sa première apparition dans une fameuse bande dessinée Américaine dans les années 50. Il a fait du chemin, mais il revient inexorablement à son point de départ : une lutte acharnée pour la survie, sur une planète peuplée de dinosaures. Progressivement, l’histoire s’installe, retraçant une partie de la vie du mystérieux indien. A travers ses souvenirs, il vous emmène dans son passé, aux côtés de son mentor, Roland Kane, qui se trouve être à la tête du "Wolf pack", une unité spéciale aux méthodes peu orthodoxes. Dans cette unité, il a appris tout ce qu’il doit savoir du combat, et il devenu un vrai guerrier, maniant le couteau et l’arc avec habileté et discrétion, comme ses ancêtres le faisaient jadis. Néanmoins, l’aventure ne se déroule pas ici au sein du "Wolf Pack", mais bien des années plus tard. Turok est désormais intégré dans la "Whiskey Company", une unité militaire qui se voit confier la délicate mission de retrouver et de tuer Roland Kane, aperçu pour la dernière fois sur une planète primitive. Vous allez d’ailleurs vous retrouver propulsé plus tôt que prévu sur cette planète hostile, puisque le vaisseau de la "Whiskey Company" s’y retrouve bien malgré lui en pièces détachées...

La végétation vous réserve quelques surprises.

Le tourisme d’un autre temps

D’entrée de jeu, Turok vous met face à votre obligation de survie, en vous plaçant dans une jungle pas vraiment accueillante et sans réels repères. Cependant, comme dans la plupart des jeux de tir en vue subjective, la progression se fait ici dans un environnement fermé. Il est donc impossible de se perdre, même si les premières sensations laissent prétendre le contraire. Le déroulement de la campagne est relativement bien régulé et les niveaux s’enchaînent de façon fluide, entrecoupés par quelques cinématiques et boss de fin de niveaux. Même si la difficulté est parfois - trop - élevée, et les points de sauvegarde - trop - peu nombreux, Turok n’offre guère plus de dix heures de jeu. Heureusement que le mode multijoueurs est là pour prolonger la durée de vie. Ce dernier propose 7 cartes dans les modes habituels, mais également un mode coopération, qui offre la possibilité de jouer à 4 joueurs sur 3 cartes relativement intéressantes. Des dinosaures sont également présents sur les cartes multijoueurs, histoire de pimenter les affrontements. Un petit plus non négligeable, qui aurait été d’autant plus appréciable si les vilaines bestioles apparaissaient de façon aléatoire et pas toujours aux mêmes endroits.

L'intelligence artificielle participe à l'ambiance mais n'est pas toujours très efficace.

Turok’n’roll avec les dinosaures

Côté action, les sensations sont au rendez-vous. Dans un bon nombre de situations, il est possible de choisir entre l’approche musclée, en utilisant tout l’arsenal disponible, ou l’approche discrète, qui demande plus de tactique mais qui reste très jouissive. L’arc et le couteau sont parfois plus efficaces que les sulfateuses et autres armes de destruction massive. Pour combattre les membres du "Wolf Pack", qui tentent souvent de vous prendre en tenailles, l’approche discrète se trouve être en général la plus adaptée. Si vous comptez foncer dans le tas, n'hésitez pas à attirer les créatures environnantes sur vos ennemis, c'est radical. Les dinosaures eux, profitent plutôt de l’effet de surprise et de leur rapidité d’action pour vous attaquer, ne laissant pas d’autre choix que celui du gros calibre. Attention cependant, certains dinosaures n’attaquent pas si ils ne se sentent pas menacés, cela force à être doublement vigilant et à éviter, dans la mesure du possible, de tirer sur tout ce qui bouge. L’infiltration n’est par contre pas toujours envisageable, ou alors plutôt comme première approche, mais la confrontation brutale avec des hordes d’ennemis est inévitable. Dans les niveaux se déroulant en intérieur par exemple, pourtant parsemés d’obstacles, l’approche furtive se solde en général par une mort instantanée.

Laissez-les s'entretuer pour économiser des munitions.

Une réalisation de qualité

D’un point de vue visuel, Turok est loin d’être laid, et certains décors sont particulièrement beaux et immersifs. La végétation fait souvent office de cache misère à des textures qui ne sont pas systématiquement très propres, mais l’aspect général ne s’en trouve pas dégradé. Même si les niveaux sont petits et n'offrent par conséquent qu'une liberté de mouvement limitée, l’impression d’immensité est plutôt bien suggérée. L’ambiance sonore sait quant à elle installer une atmosphère tantôt pesante, tantôt palpitante, collant particulièrement bien aux scènes. Petit bémol, sans doute même un des gros points noirs du jeu, en ce qui concerne les caméras. En effet, il n’est pas rare après une cinématique ou une action contextuelle vue à la troisième personne, de se retrouver à un nouvel endroit ou regardant dans une autre direction lors du retour en vue subjective. Ceci a pour principal effet de vous désorienter, et donc de vous mettre en mauvaise posture durant certains combats.
Les Plus
  • Une aventure très prenante
  • La réalisation soignée
  • L’ambiance très réussie
Les Moins
  • La gestion de la caméra
  • Une difficulté souvent exagérée
  • Pas de sauvegarde manuelle