Séance explosive avec Stranglehold

27 sept. 2007
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur Midway
  • Développeur Midway
  • Sortie initiale 14 septembre 2007
  • Genres Action, Aventure

Stranglehold est une expérience extrême. Le scénario est digne d'un navet, sa durée de vie très courte et l'action au final répétitive, mais il offre de grandes joies par ailleurs. Le ralenti est aussi efficace que celui des titres dont le jeu s'inspire, les attaques spéciales donnent une belle sensation de puissance et la pyrotechnie ne déçoit pas. La conception des niveaux témoigne d'une grande cohérence : l'esthétique ne bride pas l'intérêt du jeu. Vous détruisez tout ce qui vous entoure autant pour le plaisir de réduire en cendres le décor que pour améliorer votre situation stratégique. Des films de John Woo Stranglehold a conservé l'essentiel pour les joueurs. Un exemple de collaboration réussie avec le monde du cinéma.

Peut-être partagez-vous avec le reste du genre humain la passion de la destruction. Mais plutôt que de ravager votre appartement et de vous en vouloir le lendemain, jetez un coup d'œil du côté de Stranglehold. Midway s'est associé au réalisateur d'origine hongkongaise John Woo pour vous livrer un concentré d'action prêt à exploser à tout instant. Chargez vos armes, lâchez les colombes et jetez vous dans la bataille la tête la première.

Le plongeon ralentit la scène dès que vous visez un ennemi.

Comme au cinéma ?

Quand un jeu est comparé à un film, c'est souvent au détriment de l'interactivité. Cadrages cinématographiques, scénario précédant l'action plutôt que l'inverse, joueur plus spectateur qu'acteur : il y a souvent de quoi se méfier. Et même si un réalisateur de films d'action comme John Woo laisse la porte ouverte aux rêves de joueur les plus fous, ce n'est pas gagné d'avance. Il suffirait par exemple que les cinématiques prennent la main trop régulièrement, que les choix du joueur soient dictés par la narration. Ce qui sauve Stranglehold, c'est probablement son scénario lamentable et sa linéarité sans faille. Chow Yun Fat a beau endosser le rôle de Tequila, personnage tiré du film A toute Epreuve sorti en 1991, les motivations du héros ne sont pas crédibles. Et c'est tant mieux, car cela permet de laisser la vendetta de série b de côté pour se concentrer sur les véritables héros de Stranglehold : les deux flingues emblématiques avec en second rôle les décors largement destructibles. Du cinéma de John Woo les développeurs de Tiger Hill ont su retenir l'essentiel de ce qu'un jeu pouvait transmettre et transcender. A travers un formidable ballet pyrotechnique de balles, de gravats et de sang.

Certains tirs montrent votre victime en gros plan.

Que le spectacle commence

Ne vous en tenez pas à la menace que représentent les vagues d'adversaires défilant face à vous. Vous êtes ici pour le spectacle, pour vous battre avec style. Plongez derrière le comptoir, roulez à plat ventre sur un chariot de restaurant, gravissez les escaliers en courant sur la rampe : la moindre occasion de se battre avec style est bonne à prendre. Une balle placée dans la tête est efficace. Mais n'est-il pas plus amusant de tirer dans une enseigne lumineuse pour qu'elle assomme votre ennemi malencontreusement situé juste en dessous ? Toutes ses figures vous apportent l'énergie nécessaire pour lancer les attaques spéciales. Temps ralenti, attaques tournoyantes, fusillades frénétiques : le style appelle le style. Bien sûr vous pouvez faire ça pour le score. Mais c'est irrépressible : le décor invite à tant de figures acrobatiques que vous les enchaînez sans cesse. Tout comme les niveaux de Tony Hawk's Pro Skater proposent les séries de figures, les environnements et les adversaires dans Stranglehold vous font courir en tous sens, glisser, plonger, rouler et surtout tirer.

Votre n'êtes presque jamais à court de munitions.

Destruction massive

Naturellement, toutes vos balles n'atteignent par leur but initial. Il ne s'agit pourtant pas de balles perdues, car les conséquences des tirs dans le décor ne tardent jamais à se faire sentir. Une enseigne lumineuse de 5 mètres de hauteur, une grande salle de restaurant, le squelette d'un tyrannosaure… Tout est destructible dans Stranglehold et tout finit par être détruit. Bien sûr, ça en jette lorsque le calme revient après une belle échauffourée. Mais il ne s'agit pas que d'esthétique. Les éléments de décor blessent les ennemis quand ils s'effondrent, et vos couvertures fondent comme la neige au soleil sous le feu adverse. Il va sans dire que des les bidons explosifs sont légion à Hong Kong. Bref, une scène de combat n'est plus la même après votre passage. Les niveaux sont pensés pour ça. Les séries de couloirs sont rares, les affrontements ont le plus souvent lieu dans des grands espaces fermés, similaire à des arènes. Les combats sont longs et plutôt ardus en règle générale. Juste assez pour vous laisser le temps de tout mettre en vrac.

Pour vous arrêter, vos ennemis n'y vont pas de main morte.

Pagaille à plusieurs

Malgré tout, l'aventure se consomme en une demi-douzaine d'heures seulement, en aussi peu de temps qu'il en faut pour voir une trilogie de films. Rien ne vous empêche de revenir explorer les lieux pour engager les combats différemment, ou de tenter votre chance en ligne dans un mode de jeu relativement anecdotique mais fidèle au solo. Une occasion de plus de mettre le souk dans des niveaux tirés de l'aventure, mais avec cinq adversaires tout aussi capables que vous de lancer des attaques spéciales. C'est d'ailleurs votre principale occupation : courir après les grues en papier qui parsèment l'aire de combat. Même si le jeu à plusieurs à un intérêt clairement moindre qu'en solo, il a le mérite d'être tout aussi beau. Que cela soit au niveau de la composition des environnements ou de la chorégraphie des belligérants, Stranglehold est convaincant. Même après que vous ayez semé la plus grande pagaille.
Les Plus
  • L'action non-stop
  • Les attaques spéciales
  • La destruction à gogo
Les Moins
  • Le scénario décevant
  • Une durée de vie réduite
  • Répétitif à la longue