Overlord casse la baraque

06 août 2007
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En proposant une adaptation intelligente de Pikmin au pays des elfes et des trolls, Overlord touche juste. L'humour et l'esprit de Dungeon Keeper sont ranimés dans cette aventure finalement plutôt bon enfant, mêlant adroitement stratégie en temps réel et action. La répétition rencontrée dans quelques donjons et le manque d'indications pour certaines quêtes peuvent laisser des joueurs sur le carreau. Mais pour peu que vous soyez sensible à une bonne partie de massacre, de pillage et de destruction, Overlord a de solides arguments pour vous convaincre.

Si les gremlins vous attendrissent plus que les mogwaïs, si les elfes vous hérissent le poil, si la mièvrerie vous insupporte, Overlord est fait pour vous. En mêlant action et stratégie en temps réel, le nouveau titre de Codemasters propose de quoi vous éveiller en vous l'être malfaisant qui sommeille. Enfilez votre armure de plaques ciselées, empoignez votre hache de guerre et invoquez votre armée : les halfelins organisent un pique-nique dans la région, à vous de le gâcher.

Si un élément vous bloque, il y a toujours un larbin pour vous aider.

Ça va faire mal !

Qu'y a-t-il de plus savoureux que de commettre une mauvaise action sans risquer de conséquences ? Occire un malheureux mouton, mettre le souk dans une maison de halfelins, embraser un champ de blé tandis que le fermier y fait sa promenade. Les gens ne peuvent rien vous dire. Non seulement vous êtes l'Overlord, avec ce que cela implique de kilos de métal vous recouvrant, mais en plus ce n'est pas vous qui êtes véritablement coupable. Ce sont vos larbins. Ces petites créatures goblinoïdes mettent tant de cœur à saccager tout ce qu'ils trouvent que cela briserait le votre que de les en empêcher. Au contraire, il vous suffit de pousser délicatement le stick analogique droit comme vous pousseriez un enfant vers un jeu qu'il n'oserait accepter. Quel bonheur que de les voir se jeter griffes et crocs dehors pour ravager un village, brisant ainsi la vie des pauvres villageois ! Le tintamarre du bris du bois, du métal qui cingle, des os qui craquent est une musique pour vos oreilles. Ce n'est pas la vénalité qui vous émoustille lorsqu'ils viennent à vous les bras chargés de pièces, mais leur douce et rauque voix déclamant "Pour vous maître !" ou "Trésor !". Une larme à l'œil, vous les envoyez au casse-pipe affronter des grenouilles géantes, des nains et autres zombis. Ce n'est pas la mort qui vous chagrine, ils sont faciles à remplacer, mais la dévotion avec laquelle ils se sacrifient sans sourciller vous émeut. Vous en oubliez presque d'aller les ressusciter.

Certains boss vous feraient passer pour un enfant de coeur.

A chacun son rôle

Tout n'est pas qu'émotion et tendresse entre vous et vos larbins. Votre rôle d'Overlord implique des responsabilités. Pour que le crime paie, il vous faut mettre en marche vos méninges. Non pas que l'intelligence fasse défaut à vos sbires : au contraire, leur instinct de conservation active leur neurones de façon inattendue. Ils trouvent toujours le chemin le plus rapide pour rejoindre leur prochaine victime. Ils soulèvent des objets de valeur pour votre repaire et les acheminent efficacement. Jamais vous ne les voyez se mettre dans l'eau s'ils ne savent pas nager. A vous de faire attention à ce que vous ordonnez : chacune des espèces à ses spécificités qu'il vous faut employer à bon escient. Les bruns - car vous les nommez par leur couleur - sont les spécialistes du combat. Ils récupèrent toutes les armes qu'ils peuvent se mettre sous la main et ne les abandonnent que lorsqu'ils ne parviennent pas à les extraire du corps de leurs victimes. Les rouges sont pyromanes : ils contrôlent le feu et projettent des braises aux ennemis. Les verts sont les assassins de votre équipe : ils sont efficaces pour tout ce qui est attaques sournoises et résistent au poison. Les bleus, enfin, sont les seuls à accepter les bains et peuvent aussi bien ramener à la vie vos larbins morts au combat et atteindre les créatures magiques. Tout ce beau monde réuni vous permet de résoudre les situations les plus épineuses, pour peu que vous parveniez à attribuer à chacun le rôle qui lui convient.

Quand vos larbins s'affairent, c'est à vous d'assurer leur protection.

Le royaume du mal

Le plus important, c'est de ne pas les laisser s'engourdir. Bien que leur espérance de vie soit très limitée, vous remuez ciel et terre pour répandre le mal et récupérer ce qui peut servir votre gloire. Nouveaux sortilèges, énergie pour les larbins, éléments pour votre demeure et même une femme pour siéger à vos côtés sur votre trône maléfique. Si ça vous embête que cela se sache, bien souvent vous devez faire le bien pour arriver à vos fins, en aidant des villageois ou en purifiant une forêt elfique. Il est toujours possible de glisser une ou deux mauvaises actions sur la route pour ne pas perdre la face devant vos créatures chéries. Il vous faut parfois vous armer de patience, car les donjons que vous arpentez peuvent être répétitifs et presque trop simples : comme si leurs architectes avaient prévu votre visite dès leur conception. En même temps, de façon contradictoire, il vous arrive de vous perdre une fois dehors et de ne plus retrouver votre chemin ni ce que vous devez faire. La vie d'Overlord peut s'avérer fastidieuse dans ces cas-là. Heureusement, tôt ou tard des victimes potentielles montrent le bout de leur nez. Cela vous permet de récolter de l'or et de l'énergie pour construire des armes dans la forge de votre château personnel. De quoi varier un peu votre quotidien. De même, vos oubliettes vous permettent d'affronter à nouveau les ennemis que vous avez terrassés. Et si tout cela ne suffit pas à vous distraire, filez des coups de botte à votre bouffon ou laissez-le énoncer la liste de vos exploits.

Les larbins récupèrent tout sur leur passage.

Crime organisé

Une fois votre empire du mal implanté, vous pouvez poursuivre vos méfaits en affrontant d'autres Overlords en ligne. Même si les possibilités sont anecdotiques, envoyer vos larbins au combat contre un pair apporte son lot de satisfaction. La donne n'est pas la même quand vous semez la destruction contre la montre : récupérer des instruments de pouvoir est la condition de la victoire. L'équilibre entre les larbins et vos armes ne laisse pas d'option meilleure qu'une autre. A vous d'étudier la stratégie qui vous convient. Il vous est également possible de vous mettre à deux pour affronter des ennemis communs. Même si les défis semblent maigres, c'est déjà mieux que rien. D'autant que vos créatures dévastent tout avec autant d'aisance que lorsque vous êtes seul, les paysages ne perdent rien de leur superbe. Vous retrouvez la même ambiance chatoyante, proche de celle de Fable, avec des décors riches et des ennemis convaincants. Mais une fois de plus, ce sont vos larbins qui remportent le concours de beauté. Leur bouille est somme toute anodine. Mais les voir en mouvement, s'affubler du moindre colifichet, détruire, piller, tuer avec une joie sans cesse renouvelée, rien à dire. Faire le mal, ça fait du bien !
Les Plus
  • Des larbins bien obéissants
  • Le plaisir de détruire
  • Une bonne ambiance
  • Une version française très bonne
  • Une vraie réussite graphique
Les Moins
  • La possibilité de se perdre
  • Des combats parfois brouillons