Test | The Doll Shop
09 oct. 2026

Poupées et peinture

Testé par sur
The Doll Shop

Né d'un atelier pour étudiants en 2018, la première version de The Doll Shop a su séduire grâce à ses décors à l'aquarelle et à son ambiance mêlant mélancolie solitaire et horreur psychologique. Huit ans après, le magasin de réparation de poupées ouvre à nouveau ses portes avec une version complète totalement redessinée, sous les coups de pinceau d'Atelier Sentô. Enfilez votre manteau et affrontez la neige pour découvrir ce village, ses habitants, et ses lourds secrets.

L'histoire

Réparateur de poupée. C'est cette profession peu commune qu'occupe notre protagoniste : recoller les morceaux, ou redonner de la couleur à ces objets usés par le temps. Le jeu commence dans son atelier, une bicoque remplie de dizaines de poupées, toutes uniques à ses yeux. La tâche du jour : repeindre une autre de ces petites créatures. Du rouge sur les lèvres, du rose sur les joues, et la tâche est accomplie ! Vient alors le moment de sortir de chez soi et d'arpenter le village pour livrer le résultat.


Dans ce village, les bâtisses ne semblent être animées que par le vent qui souffle, et le bruit des bourrasques n'est accompagné que du crissement de la neige sous les pas. Voici le quotidien de notre réparateur guidé par la porcelaine, égayé par la compagnie de ses créations et de sa collection de papillons. Cette monotonie est brisée lorsqu'une amie d'enfance rentre au bercail, marquant possiblement le début d'une relation pour notre grand solitaire. Néanmoins, un sentiment de malaise règne sur le village, et un lourd secret semble être traîné par notre protagoniste. Saura-t-il vivre avec ?
Des poupées en guise de compagnie

Le principe

Petit sourire satisfait.

The Doll Shop est, en grande partie, un visual novel. Vous lisez les dialogues ou les pensées du protagoniste et faites des choix. Certains ne sont là que pour l'immersion et la sensation d'être influent (par exemple, choisir quel ramen manger), tandis que d'autres peuvent modifier des aspects du jeu, jusqu'à totalement changer la fin de l'histoire : trois conclusions différentes sont disponibles ! Ces sections profitent grandement des décors peints à l'aquarelle, qui rend agréable la découverte de nouveaux environnements. La grande majorité des personnages ne bénéficie pas d'un design et est représentée par des ombres, dont la forme permet de discerner l'interlocuteur. Les dialogues s'enchaînent bien et élaborent petit à petit les éléments mystérieux du village, tout en développant la personnalité des deux personnages principaux.


En rendant visite aux différents personnages, vous pouvez déambuler librement dans le village enneigé et rentrer dans les bâtiments avec des mécaniques rappelant les point-and-click. Chaque lieu bénéficie d'au moins quatre écrans, de quoi avoir un aperçu complet de la pièce, et la qualité de composition des décors incite à l'observation et rend marquant le moindre lieu. De temps en temps, de petites activités s'offrent à vous : peindre une poupée, ou trier des papillons. Si le gameplay reste basique, ces activités à première vue relaxantes contribuent en réalité à l'atmosphère oppressante de The Doll Shop.

Afin de compléter le jeu et son histoire, il est possible de réaliser des quêtes annexes permettant d'obtenir six scènes bonus. Les quêtes ne sont pas passionnantes mais nécessitent d'explorer de fond en comble le terrain de jeu. Les scènes quant à elles sont très intéressantes et permettent d'étayer les implications du scénario et les non-dits. Au total, The Doll Shop dure quelques heures tout au plus. Bien qu'il réussisse à tenir ses promesses, être un peu plus long aurait permis de développer davantage la relation avec l'amie d'enfance et de plonger plus en profondeur dans la psyché du protagoniste.
C'est quelles études pour faire réparateur de poupons ?

L'ambiance

De quoi se réchauffer un bon coup !

En termes d'ambiance, le contributeur principal reste les dessins. Peint à l'aquarelle, le jeu apporte une direction artistique à l'influence japonaise singulière et se différencie d'autres jeux similaires. Le plus marquant reste l'abondance de détails dans les différentes scènes. On ressent le temps passé sur chaque lieu et la volonté de rendre réel ce hameau perdu. Les dessins sont intelligemment utilisés pour créer un environnement extérieur en 3D bien qu'ils soient en 2D, tout cela baigné par les chutes de neige s'adaptant à notre direction de déplacement.


Au-delà du visuel, le sound design s'adapte parfaitement à l'ambiance. La musique reste discrète, quand il y en a. Sinon, le vent et la neige seront vos seules sources de son, et le décor participe directement, en ayant par exemple un sifflement de bouilloire pour alimenter le stress. L'interface minimaliste permet aussi de s'immerger dans l'univers. De nombreuses émotions s'entremêlent dans ce jeu. La solitude d'être dans ce village loin de tout, la joie d'en apporter aux autres grâce à son travail, le stress de s'ouvrir à autrui, tout cela sur un fond de malaise et de peur, inhérent aux évènements du jeu. C'est un cocktail explosif qui saura vous tenir en haleine pendant ces quelques heures.
Quête bonus : goûter tous les ramens !

Pour qui ?

Donnez-moi l'adresse du restaurant !

Ce jeu s'adresse aux personnes voulant s'immerger dans la vie jusqu'alors solitaire de notre protagoniste et découvrir ses questionnements au contact de son amie d'enfance, ou bien pour ceux souhaitant une histoire aux secrets cachés et à l'ambiance pesante. Il est tout autant conseillé à ceux appréciant l'art qui voudraient profiter de la mise en scène de ce genre de dessins dans un jeu vidéo. The Doll Shop sait toucher un public divers en mettant en avant ses qualités.
Cocorico, c'est français !

L'anecdote

Profitons du paysage.

Pour quelqu'un qui aime les dessins ou la peinture, ce jeu a un côté contemplatif, à la manière d'un Gris où on s'arrêterait pour observer le paysage. J'ai passé vingt minutes à simplement observer chaque détail de l'atelier puis à vagabonder dans le village, avant de me rappeler qu'il y avait une histoire. L'absence de marqueur de quête permet de se laisser aller à une balade dans la neige, et bien que la zone de jeu ne soit pas très grande, il est facile d'y passer un certain temps !
Vivement l'été...
Les Plus
  • Une direction graphique travaillée
  • Un personnage principal intrigant
  • Des "mini-jeux" qui rythment efficacement l'histoire
  • Une tension constante bien gérée
  • Une interface épurée laissant place à l'immersion
Les Moins
  • Un jeu relativement court (environ 3 h pour le compléter)
  • Une relation principale qui aurait mérité plus de développement
  • Quelques fonctionnalités manquantes (avance rapide, sauvegarde manuelle...)
Résultat

The Doll Shop est un jeu à la direction artistique unique, qui sait saisir le joueur avec une histoire prenante mais relativement courte. Le personnage du réparateur n'est pas monotone et a sa personnalité à lui, tantôt mélancolique, tantôt obsédé par ses poupées, et le voir se questionner aux côtés de son amie d'enfance lui apporte de la profondeur. Plongez-vous dans l'atmosphère pesante de ce hameau perdu et découvrez ce qui ne doit pas l'être.

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