Test Express Gangsters 2

03 août 2001
Testé par Netsabes sur
2

Pas de surprise finalement, Gangsters 2 (tout comme Joey Bane, en un sens), est bien le digne successeur de son père : même principe, en grandement simplifié, même graphismes, à peu de choses près, même ambiance, et surtout, pratiquement le même manque de qualité. Non pas que Gangsters 2 soit une bouse infâme du même rang que son prédécesseur, mais il est loin, très loin d’être un bon jeu, avec ses missions répétitives et son absence de réelle stratégie. On verra ce qu’il en sera dans le Gangsters 3, déjà à l’étude (et tout en 3D) chez Hot House. Diriger Joey Bane amuse un moment, mais lasse vite, surtout quand on se met à toujours répéter la même tactique … et à voir qu’elle marche partout. Et incarner un méchant-vilain-pas-beau-qui-sauve-pas-l’univers, tout comme dans Dungeon Keeper, on s’en fout pas mal, en fait.

Après une série de bons jeux (Independence War 2, Max Payne et Baldur's Gate 2: Throne of Bhaal) et en attendant les blockbusters de la rentrée (Commandos 2, Myst III: Exile et Project Eden), il fallait bien aussi laisser un peu de place à des jeux moins bons. Manque de pot pour Hot House Creations, Gangsters 2 est du lot, et s'il n'atteint pas la nullité de son ancêtre, il est loin, bien loin d'être un bon jeu.

Il est mort, le petit papa ...

A l’image des deux épisodes de Dungeon Keeper, dans lequel on incarne le Mal Absolu, on prend dans Gangsters 2 (la suite du premier, si vous n’avez pas suivi) la place du méchant du début du vingtième siècle : le truand de base, celui qui kidnappe, assassine, corrompt, et fait chanter les autres. En l’occurrence, vous incarnez ici Joey "Belle gueule" Bane, ancien soldat US et fils d’un père gangster (forcément, ça n'aide pas). Le petit Joey a pour objectif de devenir parrain à la place du parrain, d’abord pour venger la mort de son père, tué par balles juste avant son retour de l’armée, mais surtout parce que ça rapporte (notez que ça rapporte, mais que vous avez nettement plus de chance de mourir jeune). Joey, conseillé par son oncle (lui aussi blessé par balles dans le même "accident" que celui de feu le père Bane), va donc user de tout ce qui est en son pouvoir (à commencer par les assassinats et la "prise" de villes) pour le prendre, ce pouvoir.

Joey Bane posant en plein cimetière, la nuit

Bonne surprise au premier coup d’œil, l’interface catastrophique du premier Gangsters laisse ici la place à une interface beaucoup plus simple d’accès, plus lisse, plus fonctionnelle, bref, plus mieux. La plupart des informations essentielles sont cependant affichées à l’écran, dans la colonne de gauche de l’interface. Vos hommes de main sont visibles en haut de l’écran, et leur activité du moment est également montrée (ce qui aurait pu être utile si les combats duraient plus longtemps). Et au centre de l’écran, comme de bien entendu, on trouve l’écran de jeu, montrant la ville que vous tentez de conquérir. D’autres écrans sont accessibles, comme l’écran de recrutement de gangsters (car vous débutez sans homme de main), le journal, qui vous informe des derniers évènements dans la ville, provoqués par vous ou par vos ennemis, ou encore le plan de la ville, qui vous permet de voir quels quartiers vous contrôlez, et desquels vous devez prendre possession.

Mince, il est mort. Et laid.

Si on s’appesantit ainsi sur l’interface, c’est pour une raison simple : la gestion entière du jeu passe par elle, et, du coup, c’est un peu le seul élément vraiment réussi de Gangsters 2. Le reste a tendance à faire plus de tort au gameplay que l’inverse. Les missions, par exemple : on a certes un objectif parfois un peu différent à remplir (assassiner telle personne, se protéger de telles autres, posséder tel quartier), mais l’essentiel du jeu consiste à investir la ville du mieux possible, à tuer les gangsters adverses (avant qu’ils pensent à faire l’inverse, car les combats étant en temps réel et très courts, on a vite fait de perdre l’intégralité de ses truands, si on ne fait pas attention) et à bien payer ses propres gangsters, voire à en débaucher d’autres. Un brin répétitif, et surtout stressant, quand on doit passer les parties à surveiller où sont les gangsters adverses par rapport à ceux du petit Joey.
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Deuxième gros problème, après la linéarité du jeu : les graphismes. Non pas qu’ils soient spécialement laids (quoique ...), mais ils sont loin d’être jolis, ni même mignons, bref, c’est plutôt raté. D’autant plus que les animations ne sont pas mieux, et sont la plupart du temps très saccadées (mention spéciale aux voitures, qui tournent par à-coups). Les explosions (car un bon attentat, même en 1930, se fait avec une bombe, comme aujourd'hui, oui madame) sont également à la limite du comique, faisant penser à des boules de gris se superposant. Autre point, qui lui est vraiment gênant d’un point de vue gameplay : la caméra de la vue normale est beaucoup trop basse par rapport à la hauteur de la plupart des immeubles du jeu (pas trop mal faits, d’ailleurs) : du coup, dès qu’on se déplace un peu, tous les immeubles un peu hauts passent en transparence (parfois étage par étage), et au début de chaque niveau, on est vite perdu, tant un endroit sans transparence paraît différent d’un endroit avec un immeuble transparent. Lourd.

Le journal de la ville. Utile pour apprendre ce que vous venez de faire ...

On l’a déjà dit, le petit Joey a pour but de devenir le parrain de sa région, l’Etat de New Temperance, et pour ce faire, il va tenter de mettre toute les villes du comté sous sa domination avant de s’attaquer à la capitale (New Temperance, fort logiquement). Et pour les mettre sous sa domination, ces villes, il dispose d’un paquet de moyens. Entre autres : corruption de policiers, assassinats, achats de bars, de maisons de plaisirs rétribués (des bordels, quoi), vente clandestine d’alcool, ouvertures de tripots (dans lesquels on peut bien évidemment placer ses propres tricheurs, pour corser un peu le jeu), et, enfin, racket. Malheureusement, le jeu ne tient pas vraiment ses promesses à ce niveau-là, puisqu’on se retrouve vite à ne faire que quelques actions : éviter les truands ennemis ; les tuer au besoin ; racheter les locaux déjà existants dans chaque "discipline", puisqu’on ne peut pas ouvrir son propre bar à putes soi-même n’importe où. Dommage quand même.

Max Payne ?

Et Gangsters 2 a aussi bien d’autres défauts : impossible, dans le tutorial (relativement bien fait, par contre) de passer les conseils : vous êtes donc obligés de vous taper le défilement de tout le texte (et l’horrible voix façon standard téléphonique qui vous lit le même texte). Perdre Joey Bane (ce qui est facile, il suffit qu’il ait la mauvaise idée de laisser des vilains s’approcher) équivaut à perdre la partie. Tout ceci sans parler du mode multijoueurs, plus bâclé qu’autre chose. Plein de petits détails horripilants, en bref. Et pourtant, d’un autre côté, Gangsters 2 a aussi quelques avantages pour lui : ses scènes cinématiques (pas très bien réalisées, mais en noir et blanc et qui mettent bien dans l’ambiance), ses missions de nuit (il suffit d’attendre la bonne heure, en fait. Non, ils ne dorment jamais, les petits gangsters, maman) et son ambiance (notamment grâce à la musique, fort sympathique, mais aussi fort pompée sur Batman).
Les Plus
  • La musique, l'ambiance
  • La nuit
  • Les scènes cinématiques
Les Moins
  • Gangsters++
  • C'est laid
  • C'est répétitif
  • Pas vraiment de stratégie
  • Le placement de la caméra
  • La transparence des bâtiments