Lost Planet, comme une étoile filante

27 févr. 2007
Testé par sur
3
  • Éditeur Capcom
  • Développeur Capcom
  • Sortie initiale 12 janvier 2007
  • Genre Action

Au lendemain de noël, pas facile de trouver de quoi faire chauffer sa Xbox 360. Capcom a pourtant pensé aux joueurs ayant consommé trop vite les grands jeux de fin d'année. Lost Planet est un titre qui vous gèle sur place en plein hiver en vous plongeant dans un cadre polaire surprenant. Pas la peine de mettre ses moufles, le métal de votre mitrailleuse automatique ne tardera pas à vous réchauffer.

Les ruines givrées peuvent être explorées grâce au grappin.

Comme au cinéma

Lorsque les développeurs de chez Capcom se consacrent à la console de yankees qu'est la Xbox 360, ils ne font pas les choses à moitié. Lost Planet en témoigne : les références à James Cameron et à Paul Verhoeven vont au-delà de la fascination pour la souffrance d'insectes broyés dans les rouages d'une machine. Le sens du spectacle est omniprésent. Premièrement, pas question d'interpréter un héros qui ne soit une gueule. L'arme de destruction la plus dangereuse du moment s'appelle Wayne Holden, ce dernier partageant le faciès de la superstar coréenne Lee Byung Hun. Il suffit de le voir pivoter sur lui-même armé d'un lance-missile trois fois plus grand que lui pour tomber sous le charme. Malgré ses traits asiatiques, il a la carrure du héros américain. Afin de ne pas chercher trop profond dans sa psyché, le scénario fait de lui un héros amnésique. La seule chose dont il se souvienne, c'est comment se battre. Cela tombe bien, une guerre pour la ressource principale de la planète, la thermo-énergie, l'amène à en tourmenter les principaux détenteurs : les Akrids. Ce conflit contre un ennemi représentant autant une menace qu'un intérêt stratégique n'est pas sans rappeler des préoccupations américaines actuelles. Mais ce ne sont ni le thème, ni le script qui vous plongent directement dans l'ambiance d'une salle de cinéma. Ce sont surtout les paysages, aussi froids et exquis qu'une crème glacée, et les explosions aussi savoureuses qu'un cornet de pop-corn tout chaud. Vous êtes confortablement installés ? La séance peut commencer.

Les points faibles des Akrids est toujours apparent.

Pyromanie salutaire

Au programme : extraterrestres à gogo, armes surpuissantes, pirates des neiges et dreadnoughts en série. Difficile de chipoter, l'emballage ne trompe pas sur le produit. Lost Planet est un jeu de tir à la troisième personne qui offre quasiment tout ce que vous pourriez attendre comme puissance de feu. Les onze niveaux qui composent l'aventure sont directs : votre progression dans la poudreuse n'est ralentie que pour donner l'occasion à vos armes de s'exprimer. Les Akrids sont des adversaire intéressants : leurs mouvements requièrent une phase d'analyse, afin de savoir où et quand frapper. Les pirates des neiges par contre représentent une piètre nemesis. Plutôt bêtes et pas assez méchants, ce sont des figurants destinés à subir vos rafales. Les montagnes enneigées qui constituent le décor principal ont pour mérite de mettre en avant le déluge de métal incandescent que vous déversez sur vos ennemis. Les explosions contrastent si bien sur fond blanc qu'il est impossible de s'empêcher de faire péter le moindre tonneau explosif. Mais le cadre polaire a aussi un effet sur le gameplay : la chaleur est une ressource que vous récupérez en détruisant le décor et en détruisant vos ennemis. Cette thermo-énergie remonte votre vitalité lorsque vous prenez des coups, et si vous venez à en manquer vous gelez sur place. Puisque cette énergie disparaît pour peu que vous la laissiez trop longtemps au sol et que votre température personnelle descend régulièrement, vous tracez le plus vite possible jusqu'à la prochaine source de chaleur. Toutefois Lost Planet se révèle plus que généreux pour la thermo-énergie d'une part, et pour les armes et munitions d'autre part, ce qui fait que vous êtes rarement en manque. Sauf quand arrive un boss.

Certains boss peuvent être fuits plutôts qu'abattus.

Des ennemis en dents de scie

Comme dans un film Hollywoodien, certaines séquences semblent remplir les creux entre les scènes d'action. Dans Lost Planet les moments qui vous collent au fond de votre siège correspondent aux affrontements contre les boss. Titanesques. A couper le souffle. Seul God of War concurrence le jeu de Capcom sur ce point, sinon il faut aller chercher aussi loin qu'un Super Contra sur Super Nintendo pour retrouver des sensations équivalentes. La difficulté de ces combats vous scotche au pad et met tous vos sens et votre analyse à l'affût. Malheureusement, en comparaison, le calme plat des niveaux de jeu jette un froid. La facilité consternante avec laquelle vous terrassez les ennemis communs retire tout challenge, toute adrénaline. Encore heureux, les robots de combats dans lesquels vous vous engoncez régulièrement pour semer le chaos procurent un frisson de puissance passagère. Mais le manque d'ennemi conséquent en dehors des boss rend la progression plutôt fade. Du coup, vous vous empâtez sur votre canapé en suivant votre bonhomme de chemin, en endurant patiemment des cinématiques trop longues et des niveaux trop plats. Vous en prenez plein les yeux, plein les oreilles, c'est sûr, mais le spectacle se regarde de loin, comme un film devant lequel les spectateurs papotent. Le principe de la thermo-énergie aurait pu apporter la tension qu'il manque au titre. Même si les ennemis sont faciles, devoir les descendre en un temps limité aurait pu apporter un défi stimulant. Mais la récupération d'énergie est rendue trop facile par des sources trop fréquentes. Les points de passage sous forme de balises à activer sont nombreuses et rétablissent votre santé efficacement. C'est dommage, les sensations visuelles et sonores sont au rendez-vous, mais votre intérêt ne s'éveille que face aux créatures mesurant plusieurs dizaines de mètres de haut. Le vrai défi est-il en ligne ?
Les Plus
  • Mettre le feu à la neige : un délice
  • Une puissance de feu grisante
  • Des boss énormes, dans tous les sens du terme
  • Le multi solide
Les Moins
  • Une courbe de difficulté inexistante
  • Un sentiment de remplissage entre les boss
  • Le multi pas assez original pour se démarquer
Résultat

Lost Planet accueille jusqu'à seize joueurs en ligne pour se battre sur huit cartes différentes et quatre modes de jeu. Chacun prend la forme de pirate des neiges en choisissant sa tenue mais surtout sa voix : très pratique pour les plus jeunes ou les filles ne souhaitant pas se distinguer, différents filtres peuvent modifier votre voix pour des effets plus ou moins réussis. Par contre, il faut vous accrocher à votre anglais. Pas de préférence de langue dans les parties : ajoutez un filtre de Gremlins à l'accent d'un Irlandais enrhumé, vous risquez de finir la partie sans capter le moindre mot. Au-delà des classiques Deathmatch et Deathmatch par équipe, vous pouvez opter pour un mode Fugitif à "tous contre un" et un autre basé sur la capture des postes de commandement répartis sur la carte. Les environnements sont suffisamment diversifiés quand aux décors et à leur taille pour accueillir tous nombre de joueurs sans avoir l'impression de trop se répéter. L'architecture met en valeur une fonction plutôt anecdotique du solo : le grappin. En visant un point surélevé vous vous propulsez dans les airs en moins de deux et occupez ainsi un point stratégique. C'est aussi utile qu'amusant à voir lorsque les huit membres d'une équipe bondissent en même temps. Les modes sont plutôt équilibrés et efficaces, mais pèchent par un manque d'innovation décevant. La taille des environnements favorise souvent les snipers et seuls les dreadnoughts placés au centre des cartes incite à se jeter au cœur du combat. Le système de respawn est plutôt rageant : à peine revenez de parmi les morts pour en découdre qu'un petit malin vous place une roquette dans le derrière. Il est trop facile d'attaquer un joueur venant de réapparaître car il n'y a pas de zone sécurisée pour recommencer. Bref, en ligne comme en solo, Lost Planet propose une expérience forte en sensations mais grevée de défauts qui fâchent. Comme après un blockbuster, vous en ressortez la tête plein de belles images, mais l'aventure ne reste pas gravée longtemps dans votre mémoire.