Dark Messiah, pas que pour les gros bras

17 nov. 2006
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur Ubisoft
  • Développeur Arkane Studios
  • Sortie initiale 12 octobre 2006
  • Genre First Person Shooter

Dark Messiah of Might & Magic n'en est pas un mauvais jeu pour autant. Si vous le débutez en mode difficile, il vous emmène dans une épopée Heroic-Fantasy pendant quelques heures. Tour à tour, vous serez le héros de votre choix, à la guise de votre imagination. Les mises en scènes vous font passer de très bons moments. Une fois l'effet de surprise passé, et l'aventure terminée, vous passez au multijoueur. Jeu à part entière, ce mode propose en outre des classiques "deathmatch" et autres modes classiques une aventure de plus. En effet, après avoir choisi la classe de votre personnage, vous devrez lutter en équipe pour repousser le camp adverse, carte après carte. En théorie simple, ce mode laisse imaginer la création de clans et un engouement de la part de beaucoup. Le multi utilise "Steam", dont les avantages et les inconvénients sont connus. Quoiqu'il en soit, les serveurs ne manquent pas de monde, et vous trouverez là une suite à cette aventure. Malgré ses défauts importants, Dark Messiah of Might & Magic est une très bonne surprise. Il remplit à merveille son rôle de jeu vidéo, mais hélas pas sur toute la longueur de son aventure.

Forts de pouvoir user de la licence Might & Magic, les lyonnais d'Arkane Studios (Arx Fatalis) se sont mis au travail un beau matin. Du fruit de leur labeur est né Dark Messiah of Might & Magic. Vous en entendiez parler depuis un moment, mais plus par la communauté des joueurs que par les voies publicitaires. Entre deux genres, le jeu est une vraie surprise, même pour ceux qui l'attendaient de pied ferme.

N'ayez pas peur, entrez.

Une entrée fracassante

Vous qui ne connaissez pas la licence Might & Magic, faites le parallèle avec l'univers de Tolkien. Ou n'importe quel autre monde imaginaire pourvu qu'il compte parmi ses membres des magiciens. Mais aussi des gobelins, des orcs, des dragons, des guerriers, et tous ceux qui pourraient éventuellement apparaitre au coin d'une bataille du Seigneur des Anneaux. Vous l'aurez compris, le titre baigne dans l'Heroic-Fantasy mais vous ne prenez pas les commandes d'une troupe de compagnons. Non, juste un personnage, de la plus belle manière qui soit : vous l'incarnez. En effet, Dark Messiah of Might & Magic est presque un FPS. Remplacez les armes à feu par la panoplie complète du guerrier médiéval et vous voila paré. Commencez par un bref tutorial qui démontre les avantages du combat à l'arme blanche. En quelques salles, très rapides à passer, vous faites un premier constat : l'univers dans lequel vous évoluez est graphiquement beau. Mais vous découvrez un autre aspect de la bête, les interactions avec le décor. Ah, vous ne saviez pas que le jeu utilisait le moteur du célèbre Half-Life² ?

Voici l'objet de toutes les convoitises qui vous emmène dans cette épopée.

Un moteur qui ronronne

Mieux utilisé que dans le titre de Valve, le moteur "source" vous accompagne à tout moment dans l'action. Ainsi dans les passages délicats ou dans les combats, usez de la multitude d'objets qui trainent ça et là. Cela apporte beaucoup au gameplay. Ainsi, en moins de 5 minutes, vous envoyez se planter sur des piques vos ennemis. Ceux qui tentent d'échapper à votre courroux finissent dans les flammes ou projetés dans le vide. Un tonneau lancé dans les jambes les ralentit à coup sûr. A moins que vous ne décidiez de leur infliger un coup fatal. Utilisable avec quasiment toutes les armes, ces coups (appui long sur le bouton de la souris) donnent un côté cinématographique à vos combats. Ils déclenchent parfois des ralentis, notamment lors de belles décapitations. L'utilisation du coup-de-pied est ici primordiale. Que ce soit pour lancer des tonneaux ou des caisses sur vos ennemis. Ou encore pour casser les piliers qui retiennent des objets lourds. Mais surtout pour repousser la horde qui vous assaille, le coup-de-pied donne un dynamisme supplémentaire aux combats. Et vous constatez tout cela, alors que le tutorial n'est pas encore terminé. Ca promet !

Vous arrivez tranquillement à bon port. Du moins vous c'est ce que vous pensez, naïf.

Que le spectacle commence !

Vous, Sareth, devez en premier lieu convoyer le cristal de puissance qui décidera de l'avenir du monde. De ce fait, vous arrivez tranquillement, à cheval devant les portes de la ville. Et là, tout s'enchaîne. Frappé violemment, vous tombez de cheval. Un garde vous tire à l'intérieur des murs, mais tout vole en éclat sous les coups d'un monstrueux cyclope. Voila qui est prétexte à un complément de tutorial. En un court laps de temps, vous grimpez à la corde, sautez, actionnez des leviers. L'utilisation d'une balliste finit de convaincre quant à l'interaction que vous avez avec le décor. Justement, les pièces fourmillent d'objets à récupérer. En premier lieu, des rations de nourriture. Allant se ranger dans votre inventaire, toutes ces bonnes choses seront utilisables le moment venu. C'est alors que vous trouvez au hasard des combats des armes de puissance supérieure. Et des potions aussi. Puis toutes sortes d'objets magiques et de sorts qui viennent transformer ce FPS en une nouvelle expérience. De nouveaux horizons s'ouvrent, alors explorons-les.

Leanna vous emmène sur une île infestée d'Orcs.

Dans la violence, le plaisir

Ce court, mais néanmoins complet apprentissage n'est pas de trop face à ce qui vous attend. Xana, un esprit, vous accompagne tout au long du jeu et vous guide. La trame scénaristique tourne autour d'un crâne de puissance. S'il tombe entre de mauvaises mains, c'en est fini. Aussi, vous êtes constamment poursuivi. Cela donne la motivation nécessaire pour traverser ces niveaux plus linéaires qu'il n'y paraissent. En effet, vous avez droit à une folle poursuite sur les toits de la ville. Vous combattez du plus profond des égouts à la plus haute des montagnes. Cependant, à l'instar d'Half-Life², les cartes sont des couloirs qui mènent à des scènes d'action. Celles-ci sont parfois entrecoupées de courtes zones de recherches d'objets ou de mécanismes à déclencher. Notez la présence de zones secrètes, qu'il est toujours gratifiant de découvrir. De plus, celles-ci recèlent toujours des trésors. Les lieux visités sont de toutes beautés. Moteur "Source" oblige, les éclairages ne sont pas du plus bel effet. Bien que la majorité de l'action se passe sous terre ou dans des intérieurs, cela manque. Le jeu est néanmoins d'une rare beauté, et les différentes étapes de l'aventure portent chacune une touche graphique.

Vision de nuit + double-dagues = meurtres sournois.

Des débuts difficiles

Le système de combat est quant à lui jouissif. Nous avions vu qu'il était possible de pousser les ennemis sur des pièges. Mais la diversité des décors proposent de bien nombreuses joyeusetés. Ainsi, vous poussez dans le vide, brûlez, écrasez mais surtout tranchez la racaille à tours de bras. Les premiers combats vous remettent à votre place. De simples gardes, un tantinet organisés, vous mettent à mal. Les premiers instants du jeu se font à 1 point de vie. Les flèches se décochent de loin. Alors, à vous de ruser. En utilisant les éléments du décor certes mais en parant les coups et en les assénant au bon moment. Voila la pépite du jeu. Très vite, vous pouvez combattre à l'épée, aux dagues, à l'arc ou à la hache. De bonnes idées sont là pour vous enjouer. Par exemple, lorsque vous tapez en même temps que votre adversaire, vous devez cliquez très rapidement pour prendre le dessus. Si vous perdez, il vous envoie voler à l'autre bout de l'écran. Mais peut-être préférez-vous utiliser les nombreux sorts mis à votre disposition ? Télékinésie, projectiles de feu, pièges ou possession des ennemis sont de la partie. Grâce aux points de compétences gagnés en croisant le fer, vous orientez votre personnage vers le style qui vous convient. Cela offre une richesse supplémentaire à ce titre qui jusque là se défend plutôt bien.

Vous faire attraper par un cyclope vous marquera pour longtemps.

Un poil de technique

Le défaut majeur de Dark Messiah of Might & Magic vient de sa technique. La première chose à faire lorsque vous possédez le jeu est de le patcher. Sinon vous risquez, comme beaucoup, de vous retrouver planté avant même le premier niveau. Vous voila prévenu. Ces petits désagréments passés, vous vous souvenez alors des longs temps de chargement déjà vus par le passé dans le titre de Valve. Vous les retrouvez ici. Le second, qui empêche le titre d'atteindre la note suprême, est dans l'équilibrage des objets. En effet, en baver pour obtenir la compétence nécessaire qui permet de manier tel objet donne une motivation au joueur. Mais l'aventure devient trop facile passé un certain point. Ainsi, les potions de vie, de mana et les bonus en tous genres foisonnent. Mais pire que tout, vous devenez surpuissant par rapport à vos ennemis. Et de là l'ennui commence. Certes, vous ne pouvez pas être surpris tout au long du jeu, mais des mises en scènes comme celles qui permettent de massacrer un cyclope ou un Pao-Kaï (sorte de Nazgul) en ajoutent sacrément à l'effet de surprise. Ceux qui ont déjà dérobé le cristal en ont encore des palpitations, n'est-ce pas ? Ces scènes font oublier le manque de scénario, et cassent la progression. Ce qu'il aurait fallu, c'est une horde incessante d'ennemis déclenchant encore plus de combats épiques.
Les Plus
  • Un début de partie mené tambour battant
  • Les combats palpitants
  • Les ennemis se défendent correctement
  • La diversité des ennemis est un plus
Les Moins
  • Temps de chargement trop longs
  • Trop facile
  • La linéarité des niveaux se fait vite ressentir
  • Les situations peuvent se répéter