Saints Row n'ira pas au paradis

13 oct. 2006
Testé par sur
Disponible sur
2
  • Éditeur THQ
  • Développeur Volition Inc.
  • Sortie initiale 1 septembre 2006
  • Genre Action

S'il y a une chose que les développeurs de chez Volition ont retenue de leur expérience de jeu dans la série Grand Theft Auto, c'est une morale décomplexée. Il ne s'agit pas seulement de la possibilité de commettre des crimes en toute impunité dans Saints Row, mais aussi du droit de copier sans se cacher l'oeuvre d'un autre studio avec pour seul maquillage une longueur d'avance dans la next-gen. Les quelques innovations, l'accessibilité améliorée, le jeu en ligne ne sont pas des arguments suffisants pour marquer une réelle différence. La définition du jeu nouvelle génération selon Volition consiste à reprendre les jeux d'avant en améliorant les textures et en augmentant le nombre de polygones. Certes, proposer un clone de GTA next-gen qui tienne la route peut être considéré comme une prouesse permettant d'imaginer des jeux efficaces et plus originaux par la suite. Mais pour ce qui concerne Saints Row, difficile de ne pas avoir plus mauvaise conscience en jouant à ce plagiat qu'en écrasant des passants dans GTA.

Au lancement d'une console, les premiers ont souvent raison. Volition et THQ peuvent se féliciter d'inaugurer le genre GTA-like avec Saints Row sur Xbox 360. Dans un cas pareil, les joueurs se diviseront en deux camps : les uns plébisciteront un hommage aussi fidèle, les autres dénonceront le plagiat.

Les gangs se reconnaissent par la couleur des vêtements.

Premiers pas dans la rue

Première chose à faire lorsque vous débarquez à Stilwater, la ville de Saints Row : choisir à quoi vous ressemblez. Prenez comme base l'une des différentes ethnies proposées, rajoutez-vous du gras, du poil, des yeux de beau gosse, ce que vous voulez pour terroriser les rues. Vous avez l'embarras du choix. Le jeu vous propulse ensuite dans le feu croisé d'une guerre de gangs, où vous êtes sauvé par un saint nommé Julius. Un saint, car il est le leader des 3rd Street Saints face aux trois autres gangs sévissant en ville. Et comme c'est un gars sympa, il vous invite chez lui, dans sa chapelle. Quelques cinématiques accompagnées de dialogues de mauvais goût plus tard, vous voici intégré au gang. Prêt à en découdre à coups de combats à armes à feu, de courses poursuites en voiture, et de magouilles en tous genres, vous avez hâte de vous lancer dans les rues et dans les missions. Vous rappelez-vous de l'émotion lors de vos premiers pas dans les différentes villes de GTA ? Dans Saints Row c'est pareil, l'excitation face aux multiples possibilités vous submerge, mais vous procure un sentiment de déjà-vu.

La personnalisation du personnage est très poussée.

Guerre et respect

Saints Row propose un ingénieux mélange entre missions scénarisées et objectifs libres. Vous vous levez le matin et vous dites "tiens, aujourd'hui je vais aller taquiner les Vice Kings". Vous empruntez une voiture à un conducteur peu farouche et consultez le GPS, livré en série sur tous les véhicules de la ville. Toutefois, vous vous apercevez que vous n'êtes pas encore assez respecté par votre propre gang pour vous lancer les missions spéciales. Pas de souci, braquez des boutiques, faites du proxénétisme, volez des voitures prestigieuses, ou tuez simplement les membres de gangs adverses dans la rue pour remonter votre jauge. Une fois la quantité nécessaire atteinte, vous pouvez avancer dans votre lutte contre les quatre bandes adverses pour la suprématie de la ville. Ce système force à faire toutes les petites missions annexes, ce qui pourra déranger les pressés, mais cela valorise tout le gameplay "ouvert" laissant le joueur choisir comment progresser dans la hiérarchie. Ce n'est pas une révolution, mais le système est bien pensé et marque la différence la plus notable d'avec un GTA.

Le moteur Havok gère bien la physique lors des explosions.

Circulez, y'a rien à voir !

Le cadre de Saints Row est mélange des différentes villes des Etats-Unis. La navigation dans la ville se fait à l'aide d'un GPS permettant d'atteindre ses objectifs en suivant simplement une série de points bleus indiquant la route à suivre. C'est efficace, mais aussi pervers : l'apprentissage des rues de Liberty City, Vice City ou San Andreas avait un certain charme, donnant l'impression de s'approprier la ville. Stilwater ressemble à un espace transitoire entre les différentes missions, une de ces villes que l'on traverse pour sans avoir envie d'y vivre. Ce que la ville gagne en modélisation, en éléments destructibles, elle le perd en direction artistique. Les quartiers sont peu différenciés et la ville dans son ensemble manque de charisme. Sans parler de la superficie du terrain de jeu, Grand Theft Auto ayant fixé la barre tellement haut, un environnement plus original aurait donné le sentiment de vivre une expérience unique. Ce n'est pas Saints Row qui vous fera économiser un billet d'avion pour des vacances exotiques.
Les Plus
  • Permet de patienter en attendant GTA 4
  • La courbe de difficulté est bien gérée
  • Le système de respect
Les Moins
  • De nombreux bugs
  • Pas de véhicules aériens
  • La violence d'un GTA sans son intelligence