Shenmue I & II

01 oct. 2018
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur SEGA
  • Développeur SEGA
  • Sortie initiale 21 août 2018
  • Genre Aventure

Enfin accessible à tous

Shenmue I & II est un jeu finalement facile à noter. Il s'agit d'un grand titre désormais accessible à tout le monde. Un point qui justifie déjà l'existence de cette compilation. Mais l'intelligence de SEGA vient probablement d'avoir touché à ces bouts d'histoire sans en faire trop, et donc sans dénaturer l'expérience. Ainsi, la présence de sous-titres français et d'un doublage japonais sur le premier volet est probablement le meilleur argument pour séduire un fan. Le reste représente un portage honnête mais sans jamais en faire trop (et c'est normal). Pour le reste, on attendra évidemment quelques mods bien sentis sur PC.

Shenmue I & II, voilà un nom qui fait frémir tout fan de la Dreamcast de SEGA. Plus important, il s'agit d'un monument du jeu vidéo qui a marqué tous les joueurs qui y ont joué à la toute fin des années 90. Cela n'a pas été sans conséquence puisque l'on peut imaginer que bien des développeurs actuels ont, consciemment ou non, puisé leurs inspirations dans ces titres. La sortie de Shenmue I & II en version HD est donc un évènement.

L'histoire

Nous allons vite passer sur l'histoire en évoquant simplement son pitch : Ryo Hazuki rentre chez lui par une nuit orageuse. Dans le dojo d'entraînement de la famille, il voit son père se faire malmener par un mystérieux individu nommé Lan Di. Avant de mourir et alors que son fils est menacé, le père de Ryo indique à son opposant ce qu'il cherche, à savoir l'emplacement d'un mystérieux miroir. Le lendemain, Ryo est bien décidé à enquêter et à venger son père. Pour commencer ses recherches, il sait seulement que Lan Di et ses hommes sont chinois et disposent de voitures de luxe noires.

Pour ceux qui n'auraient jamais joué à Shenmue, il s'agit là d'un scénario à mi-chemin entre immersion et influences cinématographiques (on pense notamment aux films HK des années 80). Tout est donc question de mesure et d'équilibre, celui qui consiste à rendre l'ensemble à la fois réaliste tout en proposant une dramaturgie forte. Pour ce faire, le jeu mise avant tout sur ses personnages secondaires et une bonne dose d'interactions.

Pour les fans, deux décennies plus tard et toujours les mêmes frissons.

Le principe

Si Shenmue est un monument, c'est parce qu'il est un vrai jeu des années 90. Et si les titres PC de l'époque se tournaient déjà vers le simulacre, il est probablement le plus marquant représentant de ce genre sur console. Même pour un jeu de 2018, Ryo peut interagir avec de nombreux éléments : tiroirs des meubles, individus croisés dans la rue, salle d'arcade, etc (tout cela est évidemment exacerbé dans le deuxième volet). En résulte un vrai sens de l'immersion et du jeu. Si la refonte HD se contente en quelque sorte du minimum, la présence (longtemps attendue) de sous-titres français et - surtout - de doublages japonais renforce grandement l'immersion. Ce doublage, dans un jeu reposant sur un mode ouvert immersif, est probablement l'atout principal de cette mouture HD.

Côté gameplay et malgré quelques ajustements, nous retrouvons les soucis de l'époque (rappelons que la manette Dreamcast n'avait qu'un seul stick analogique). Si un deuxième stick aide à mieux observer l'environnement, le titre conserve un côté rigide. Notons toutefois que c'était déjà le cas lors de la sortie du jeu en 1999, et que l'expérience a globalement mieux veilli que nous pouvions l'imaginer. Un ressenti probablement dû à la tonne de choses que nous pouvons faire dans les zones explorées. Se prendre un mur en courant est agaçant d'ordinaire, moins quand un titre nous permet de nous arrêter tous les 10 mètres pour interpeller des habitants.

Bizarrement, Shenmue 1 a parfois mieux vieilli que sa suite, grâce à des décors plus étroits.

Pour qui ?

Sans mal, les fans de Shenmue peuvent se plonger sur cette compilation les yeux fermés, ne serait-ce que pour le doublage japonais et la traduction française (une première). Cela ajoute à l'immersion et permet de redécouvrir l'œuvre dans des conditions optimales.

Pour les autres, la question est surtout de savoir s'ils sont prêts à découvrir un bout d'histoire - et ainsi pardonner les affres du temps. Tout dépend donc du rapport que vous avez à la culture. Un joueur qui souhaite uniquement s'amuser pourra prendre du plaisir mais s'agacera facilement en observant quelques détails. Un autre qui souhaite découvrir une œuvre culte sera forcément impressionné par certains aspects du titre, dont la modernité saute peut-être encore plus aux yeux à l'heure actuelle.

Sur PC, des mods graphiques sont présents et il est aussi possible d'élargir ces vilaines fenêtres.

L'anecdote

Pour information, il semblerait que le studio en charge de cette mouture se soit trompé dans l'encodage des pistes audio. En résulte des voix un peu vieillottes. Si selon bien des personnes cela est dommage, il est marrant de voir que ces pistes accentuent le côté relique (et cinématographique) du jeu, comme si nous nous retrouvions dans un vieux film asiatique.
Les Plus
  • L'encodage du son (paradoxalement)
  • Un portage qui peut sembler fainéant mais qui ne dénature pas l'expérience d'origine
  • L'occasion de se rendre compte que ces jeux étaient VRAIMENT en avance sur leur temps
  • Les qualités d'autrefois (univers, immersion, musiques, etc.)
Les Moins
  • L'encodage du son
  • Les défauts d'autrefois (toujours rigide, mais moins que ce qu'on pouvait craindre)