Mario + The Lapins Crétins : Kingdom Battle

02 sept. 2017
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur Ubisoft
  • Développeur Ubisoft
  • Sortie initiale 29 août 2017
  • Genres Aventure, Stratégie tour par tour

Pas si crétin !

Mario + The Lapins Crétins est un très bon jeu. Il pâtit simplement de la gourmandise de son développeur. Si les bases sont là (et prêtes à fonctionner pour plusieurs années), il se dégage de l'expérience un petit manque de folie sur la longueur. De même, le mélange d'univers ne favorise pas un scénario fouillé (ce que les cadors du genre proposent). Cela dit, tout est carré, bien pensé, bien construit et bien mis en valeur par un emballage solide. Nintendo a dû veiller au grain. Finalement, Mario + The Lapins Crétins rate la note maximum pour une raison : l'absence de mode Versus qui laisse penser (à l'instar du faible nombre de personnages jouables) qu'Ubisoft a déjà une carotte derrière l'oreille... En attendant, Mario + The Lapins Crétins reste un bon, voire très bon jeu.

Lors de son annonce à l'E3 2017, Mario + The Lapins Crétins a surpris tout le monde par son genre. Il s'agit en effet d'un jeu tactique au tour par tour. Drôle d'idée pour réunir deux des licences "fun" les plus vendues de ces dix dernières années.

L'emballage

Il fallait s'y attendre : pas de scénario accrocheur dans Mario + The Lapins Crétins. Un casque permettant de fusionner deux éléments est tombé entre les mains des lapins. Après avoir semé la pagaille dans une chambre, ils ont fusionné avec divers éléments en tous genres, et notamment des goodies Mario... au point d'entrer dans l'univers du plombier. Un objectif : retrouver le lapin s'étant emparé du casque malgré lui. Si l'humour caractéristique des mascottes d'Ubisoft est présent, pas de quoi sauter au plafond non plus.

En revanche, le travail global de production est clairement à saluer. Mario + The Lapins Crétins est beau, carré, artistiquement réussi (les niveaux s’enchaînent avec une cohérence certaine) et dépourvu de bug. Bref, une production Ubisoft plutôt clinquante et ça, ça n'est pas si courant. Bonus sympathique : la version téléchargeable testée ici ne pèse que 2,4 Go. C'est peu en comparaison d'autres jeux.

Exemple : le lapin Luigi (à droite) fonce tacler l'ennemi à couvert puis va rebondir sur Mario.

Le principe

Mario + The Lapins Crétins est donc un tactical. Et la force du titre tient du fait qu'il se révèle à la fois simple et relativement profond. Comme dans la plupart des jeux du genre, vous pouvez exécuter plusieurs actions : vous déplacer, attaquer ou utiliser vos coups spéciaux. Le côté fun réside dans la flexibilité du système. Vous avez la possibilité d'enclencher n'importe quelle action au moment où vous le souhaitez, pour peu que ce soit durant votre tour. Vous pouvez par exemple déplacer Mario puis attaquer avec Luigi, ensuite utiliser Peach puis enfin attaquer avec Mario.

À cela il faut ajouter quelques actions spécifiques et non dénuées d'intérêt. Ainsi, vous pouvez notamment tacler vos adversaires avant de fuir pour vous mettre à couvert derrière un élément du décor (il est ensuite toujours possible d'attaquer normalement). De même, foncer sur un compagnon vous permet de sauter et d'atterrir encore plus loin. Pratique pour parcourir une longue distance et se mettre à couvert dans la foulée. Ou pour esquiver les nombreux pièges et mécanismes présent sur un terrain.

Abordons enfin les différents pouvoir spéciaux qui ajoutent du dynamisme aux batailles. Les plus précieux sont sans doute les tirs automatisés (le personnage tire dès qu'un ennemi bouge, y compris dans le tour adverse), les soins de zone ou les différents bonus d'attaque, de défense ou de mobilité. De même, les armes peuvent disposer de compétence permettant de pousser l'adversaire, de le faire rebondir ou encore de le coller sur place à l'aide de miel. Il y a donc de quoi faire et Mario + The Lapins Crétins propose des bases particulièrement solides pour un crossover.

Ce pouvoir de Mario permet de tirer dès que l'ennemi bouge, même en l'air et pendant le tour du CPU.

Pour qui ?

Nul doute qu'Ubisoft en garde sous le coude pour une éventuelle suite. Ainsi, l'univers de Mario semble parfois être sous-exploité, notamment en ce qui concerne les personnages pouvant être contrôlés (quatre personnages issus de l'univers du plombier et les équivalents en lapins). Une bonne excuse pour ne pas mettre de mode Versus, qui aurait pourtant été le bienvenu compte tenu du principe des batailles. Une suite viendra très certainement régler ce problème. En attendant, un mode coopératif est présent et propose une campagne en local.

C'est agaçant de constater ce genre de chose qui relève pourtant de l'évidence. Difficile de jeter la pierre à l'éditeur français pour autant, tant l'aventure est généreuse en matière de contenu. Peut-être même un peu trop d'ailleurs : comptez une bonne vingtaine d'heures pour explorer les mondes. C'est beaucoup, et peut-être trop au regard de la redondance de l'ensemble. Pourtant, la progression est agréable avec de nouveaux mécanismes présents ici et là.

Mario + The Lapins Crétins se destine donc à ceux qui n'ont rien à se mettre sous la main sur Switch et pour qui un mode Versus serait secondaire. Toutefois, la longueur du titre peut effrayer, voire même fatiguer quand l'on voit le nombre de bataille à faire pour voir le bout de l'aventure. Un jeu qui pourtant s'ancre dans la politique de Nintendo : le titre tiendra sur la longueur, y compris jusqu'au prochain gros jeu de la console.

Vous pouvez acheter des armes, sélectionner votre équipe et améliorer vos compétences au QG.

L'anecdote

Passée la moitié du jeu, Mario + The Lapins Crétins fait preuve d'un dynamisme assez fun. Les attaques spéciales deviennent primordiales et vous pouvez enchaîner un ennemi de quatre ou cinq coups pour peu qu'il se soit déplacé au mauvais moment. D'où l'importance d'améliorer vos personnages et d'acheter des armes. Aussi, la souplesse générale du titre est exemplaire. Je me souviens par exemple de ce mini-boss affronté et vaincu, alors que le combat s'est terminé par un double K.O. Un moment qui symbolise l'absence de frustration dans le jeu, que vous retrouvez dans la possibilité de recommencer une bataille à n'importe quel moment, de pouvoir accéder au QG quand bon vous semble, ou même d'accélérer les tours adverses (un classique pour le genre).
Les Plus
  • C'est joli
  • Des environnements variés
  • Des bases malignes et solides
  • C'est accessible
  • Une progression plutôt accrocheuse
  • Une recette qui fonctionne
Les Moins
  • C'est trop long
  • L'absence de mode Versus
  • La désagréable impression qu'une future suite sera plus généreuse