Répétition générale pour Hitman : Blood Money

07 juil. 2006
Testé par matthew sur
Disponible sur
2

Si vous avez apprécié les précédents volets, et n'en êtes pas lassé, vous prendrez beaucoup de plaisir à parcourir les treize chapitres de Blood Money. Les quelques innovations ne viendront pas vous perturber, car vous n'aurez probablement jamais de problème d'argent et serez à même d'acheter toutes les améliorations pour les armes facilement. De la même façon, vous ne serez pas embêtés par une trop grande notoriété, que l'on gagne quand on manque de discrétion, car l'argent vous permet d'effacer tout ça en graissant des pattes. Il est dommage que les développeurs ne se soient pas concentrés plus sur la crédibilité de l'univers, et surtout sur l'intelligence de ses protagonistes. Autant de défauts que les habitués accepteront, les néophytes pouvant légitimement rester hermétiques à ces petits jeux macabres.

Pour la quatrième fois, Eidos fait appel au plus charismatique des tueurs à gages. Mais cette fois-ci il ne se déplacera pas pour rien : il va falloir raquer. Hitman : Blood Money montre comment s'enrichir de la façon la plus malhonnête qui soit. Io Interactive ont-ils veillé à ce que les joueurs en aient pour leur argent ?

La ronde des policiers rythme la progression.

Il est de retour

Costume noir et cravate rouge, numéro de série tatoué sur le crâne, lunettes noires. Vous êtes le numéro 47, cette machine à tuer légendaire, star des faits divers et idole des responsables de rubrique nécrologique. Mais personne autour de vous ne vous reconnaît, ni ne se méfie de cette mine patibulaire. Aujourd'hui, votre contrat vous demande d'éliminer deux narcotrafiquants lors d'une visite organisée de leur commerce de couverture, un vin colombien d'exception. Vous vous faufilez parmi les touristes, passez le seuil de la villa pour découvrir un grand banquet chaperonné par des gardes armés de fusil. C'est alors que vous vous demandez quelle stratégie adopter.

Les visites touristiques permettent d'explorer les lieux.

Première rencontre avec la mort

Au milieu de l'assemblée, un homme tape des mains pour réunir les personnes désireuses de visiter les caves. Innocemment vous suivez le groupe, descendez les marches en écoutant d'une oreille distraite le baratin du guide. Un couple de jeunes mariés est encore plus dissipé : ils se bécotent entre deux barriques, prennent du retard sur le groupe. L'occasion est trop belle, vous tentez de les assommer pour leur piquer leurs vêtements, bien plus discrets que les vôtres. Malheureusement, la fille s'enfuit, alerte les gardes, ils vous descendent. Vous êtes mort.

Les bennes servent à dissimuler les bavures.

Deuxième chance

Vous recommencez devant la villa et en faites le tour cette fois-ci. Une caisse est déposée proche d'une partie abîmée du mur. Vous le franchissez sans souci et lancez une pièce au loin pour détourner l'attention des gardes, juste le temps de vous introduire dans le parking de la villa. Vous interrompez un ouvrier en plein travail d'un coup de boule bien sanglant et vous débarrassez de son corps en le cachant derrière des caisses. Ca tombe bien, comme tous les hommes que vous rencontrerez, il fait la même taille que vous. Votre bleu de travail vous permet d'approcher la villa où se trouve votre proie. Mais à peine mettez vous un pied à l'intérieur qu'un garde vous arrête, vous fait signe de partir. Vous l'étranglez à l'aide de votre arme fétiche, votre corde de piano. Erreur : son collègue venait lui demander une cigarette. Vous êtes mort.

Les boucliers humains sont bien pratiques.

Et ainsi de suite

Chacun des chapitres de Hitman : Blood Money se déroule de la même façon. Une première phase d'approche requiert d'explorer les lieux et le comportement des personnages. Ces essais sont comme des répétitions avant la représentation durant lesquels on se moque de mourir puisque ce n'est pas encore "la bonne". Une fois le plan établi, le jeu se révèle plutôt simple puisque la suite des évènements est déjà connue. Du coup, toute la tension est évacuée. Il est dommage que la phase de repérage ne soit pas représentée en tant que telle avec des éléments de jeu spécifiques, et surtout sans faire mourir 47 à tout bout de champ alors que la mort est le sujet principal du jeu. Finalement, le trépas perd tout son sens, tous les protagonistes meurent sans aucune émotion, ni joie, ni tristesse.
Les Plus
  • 47, un héros charismatique
  • Les déguisements
  • La vie dans les niveaux
Les Moins
  • L'intelligence artificielle
  • L'apprentissage par l'échec
  • Le manque d'originalité vis-à-vis des précédents volets