Dreamfall vous offre un ticket

22 juin 2006
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En fait, Dreamfall est plus un film qu’un jeu vidéo, et c’est tout à son honneur. Les quelques défauts, qui gêneront au plus haut point les puristes du genre, sont gommés par une réalisation sans faille. Que ce soit de par la qualité de sa bande son, que certains métrages peuvent lui envier sans problème, ou que ce soit par la qualité de son scénario, bien monté. Mais surtout de par sa mise en scène, car c’est ici le terme qui convient le plus. Nous sommes loin du jeu que les créateurs se sont escrimés à décrire durant leurs années de travail, à savoir un jeu d’aventure de qualité mélangeant les genres. Non, le titre, même s’il n’excelle pas dans tous les domaines abordés, atteint son but premier : vous faire voyager. Entre Stark et Arcadia vous emprunterez les rôles proposés. Les énigmes, mêmes les plus agaçantes et inutiles, vous les résoudrez pour connaître la finalité du retournement de situation auquel vous venez d’assister. Même si ce n’est pas le succès interplanétaire auquel on pouvait s'attendre, vous passez d'agréables moments en compagnie de Dreamfall. Et c'est bien là le plus important.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Dreamfall a su se faire attendre. D'autres titres se sont vus qualifiés de vaporware pour moins de temps de développement que le sien (6 ans tout de même). De ce fait, la suite de The Longest Journey a su conserver son lot de fans et être accueillie avec un certain optimisme. Maintenant que nous avons ce fabuleux voyage en main, voyons jusqu'oú il nous emporte.

Clin d'oeil.

Ne comptez pas revenir de sitôt

Dans un premier temps, vous êtes Zoë. Vous devez partir à la recherche d'un ami disparu sans laisser de traces. Celui-ci, journaliste d'investigation, a laissé d'infimes indices que vous seule pouvez trouver. Vous utilisez vos connaissances et à grand renfort de dialogues vous percez à jour certains mystères. Ces pistes vous emmène loin de chez vous, et vous laissent découvrir le vaste dossier industriel sur lequel il travaille. Ce dossier mêle politique, finances et un monde parallèle, tombé sous le coup d'un despotisme religieux. Mais alors, pourquoi une petite fille apparaît sur les écrans pour vous demander de sauver April Ryan, présente dans le premier volet ? Que veulent donc les six ? Mais où est donc Ornicar ? Vous n'en saurez pas plus, non, n'insistez pas. En effet, le scénario est clairement la pépite du jeu. Alors autant ne pas la gâcher. Il tient en haleine, donne envie de continuer. Alors, continuons.

Moment inquiétant, envoûtant et décisif.

Avant tout un jeu vidéo

La maniabilité est simple mais néanmoins efficace. Les actions se limitent à l’observation ou au dialogue.Il est possible d'examiner les lieux d'un clic. Vous pouvez alors balayer la pièce avec un rayon, ce dernier indiquant les éléments clés. Chaque interaction avec le décor est symbolisée par une main sur laquelle vous vous contenterez d’appuyer. Vous combinez certains objets de l'inventaire en quelques occasions. Dreamfall vous emmène plutôt à la découverte de son scénario par de longues phases de conversations. Les quelques énigmes qui parsèment votre route ne sont pas de la trempe de celles d'un Myst. Cela ne veut pas dire que vous ne vous amuserez pas, le niveau est juste différent. Il faut faire preuve de beaucoup d’observation ou de chance pour passer les barrages. Les combats quant à eux n’ont pas évolué depuis la preview. Il vaut mieux les oublier, ce qui n’est pas grave car ils ne représentent qu’un infime partie du jeu. Misez sur votre matière grise plutôt que sur vos muscles. Il est juste dommage de constater que le multi-genre mis en avant par les développeurs ne sera pas le fer de lance de cet épisode. Alors que lui reste-t-il ?

C'est beau, tout en simplicité.

Des graphismes artistiques

Les graphismes sont à tomber. Mais vous n'êtes pas face à des milliards de polygones lissés de toutes parts. Non, la beauté est suggestive. Elle s'apparente ici plus à celle d'un tableau. Un de ceux qui rendent l’impression d’un énorme travail effectué et forcent le respect. Chaque lieu visité rend une atmosphère qui lui est propre. Où que vous soyez, vous n’êtes plus sur terre. C’est vraiment ce qui place le jeu au dessus de ce qui a déjà été vu. Les personnages sont proprement aliasés et bougent bien. Du moins pour les principaux. Les autres sont beaucoup plus carrés et lancent des phrases stupides mais qui heureusement ne se répètent pas. Le doublage, quant à lui, est de très haut niveau, meilleur que celui de beaucoup de films. De plus, les voix sont adaptées. C'est important car un manque de travail sur ces deux facettes et la lassitude arrive à grands pas. Notez également que le tout est fluide sur les configurations les plus modestes, et ce sans réduire énormément les détails. Vous pouvez en conclure que l'aspect technique est réussi et n'est pas resté trop en arrière par rapport à ce qui se fait actuellement.

Tellement pris dans le jeu, vous ne voyez pas que le ciel est affreusement pixellisé.

Une action artistique elle aussi

Une ombre vient inévitablement noircir le tableau. Les longs dialogues, qui dévoilent peu à peu l’intrigue, se succèdent trop rapidement. Il n’y a que trop peu de scènes intenses comme celles du début de jeu. Bien que les passages d'infiltration feront rire tous les amateurs de Splinter Cell, un nombre plus important de ce type de séquence aurait été sympathique. Quant aux combats, il faut effectivement les éviter. Vous cliquez de toutes vos forces, oubliant l'esquive dans beaucoup de cas. La bagarre est quasi gagnée d'avance, donc sans intérêt. Vous ne vous ennuyez pas, mais l’impression d’être spectateur, au début agréable, devient trop vite étouffante. Passé les premières heures de jeu, vous assistez plus à l’action que vous ne la dirigez. Pour achever le tout, quelques missions feront preuve de répétitivité. Vous savez, celles qui vous font repasser plusieurs fois de suite au même endroit avant de revenir à votre point de départ. Rageant.
Les Plus
  • Excellent cachet visuel sur les graphismes
  • La bande son est digne d'un film
  • Les personnages sont variés et possèdent chacun leur caractère
  • L'ambiance est vraiment bien rendue
Les Moins
  • Les énigmes sont trop simples ou n'apportent pas grand chose
  • Les personnages secondaires sont bien moins modélisés que les principaux
  • Une certaine répétition dans les lieux visités
  • Les combats sont inutiles et mals faits