Tout ce qui brille n'est pas or avec Advent Rising

01 mai 2006
Testé par sur
Disponible sur
2
  • Éditeur Majesco
  • Développeur GlyphX
  • Sortie initiale 24 février 2006
  • Genre Action

Doté d'un potentiel très prometteur, Advent Rising ne réussi pas à mettre en pratique ses ambitions. Si une action trop basique étouffe le scénario, sa complexité et l’absence de localisation l’empêchent d’être aussi accrocheur qu’il aurait pu l’être. Le gameplay mal calibré handicape les initiatives du joueur et sa progression en dents de scie diminue inexorablement son intérêt pour l’aventure. Ce gâchis est d’autant plus regrettable qu’on retrouve de jolies références artistiques dans ce jeu, mélangeant habilement des thèmes à succès tels que Matrix (au cours des combats) et Halo (pour la conduite de véhicules), à des ambiances sonores de grande qualité. Mais pour qu’un jeu scénarisé soit réussi, il ne suffit pas d’avoir un auteur à succès et des artistes talentueux dans son équipe, il faut également un challenge et un gameplay abordable. Advent Rising étant le premier épisode d’une trilogie annoncée, il ne reste plus qu’à espérer que les prochains volets suivent une meilleure voie. Encore faut-il qu'on donne à cette trilogie les moyens de continuer.

Le jeu vidéo n’est pas une science exacte et le mélange d’ingrédients à priori très alléchants séparément ne donne pas obligatoirement un plat digeste au final. Avec un scénario imaginé par l’auteur de science-fiction Orson Scott Card, un emballage visuel plutôt respectable et une bande-son épique de premier choix, Advent Rising dispose de solides atouts pour en faire un jeu d’action-aventure recommandable. Malheureusement, pour lier ce fond et cette forme avantageux, il aurait fallu un gameplay moins brouillon et une progression plus réfléchie. Constat d’un beau gâchis.

Le générique d'ouverture, tout d'épique vêtu, met l'eau à la bouche.

Espace, ton univers impitoyable

Il est une légende tenace, qui circule dans la galaxie depuis des lustres, selon laquelle une puissante et ancienne race délivrera un jour le monde - et ses larges environs - du chaos. Cette race est communément appelée "Humains". A l’exact opposé, se trouvent les Seekers, la race extraterrestre dominant la galaxie. Afin d’empêcher la réalisation de cette prophétie et de continuer à régner en maître, ils décident d’éradiquer toute vie humaine. Fort heureusement, une race bienveillante répondant au doux nom d’Auréliens (appellation dérivée d’auréole ou traduction approximative ?) s’interpose. En prévenant les humains du danger imminent qui les menace, et en leur confiant quelques secrets pour les rendre plus adaptés au combat qui les attend, Les auréliens accomplissent leur devoir par pacifisme exacerbé. C'est beau mais pas l'entière vérité. Il est également certain qu'ils essayent aussi de se racheter. Les Seekers sont en effet issus de la même race, leur branche ayant évolué vers des instincts plus impérialistes et guerriers.

La jaquette indique "Jeu en Français" car... les menus sont traduits : scandaleux.

De l'import déguisé

Vous incarnez Gideon, un jeune militaire dont le grand frère, Ethan, est acclamé par tous et considéré comme la clé de la victoire contre les Seekers. Lors de leur dernière attaque, ce héros est blessé et vous le remplacez illico pour combattre l’ennemi ; votre fiancée, Olivia, est en danger sur une autre planète ; vous devez la sauver ; Marin Stell, une femme pilote ultra décorée, vous propose son aide ; les Auréliens sont également prêts à vous former à des techniques de combats très psychiques... Vous l’avez compris, Advent Rising déroule un scénario touffu à vitesse grand V. L’action est entrecoupée de nombreuses cinématiques, souvent bavardes mais toujours en anglais. Voici la première grosse erreur de ce jeu : une absence de localisation expliquée par un budget à l’international revu à la baisse suite aux ventes nord-américaines décevantes. Justement, contourner cette barrière initiale en proposant au minimum une localisation sous-titrée aurait pu rendre cette histoire complexe plus accessible et donc plus vendeuse. Cela dit, l’imperméabilité du fond a peut-être une chance d’être contrebalancée par une forme efficace. Suspense.

Grâce aux gentils Auréliens, vous apprenez à déplacer les objets.

Un potentiel mal exploité

Dans Advent Rising, votre personnage peut faire à priori beaucoup de choses : du pilotage de véhicules terrestres et aériens (la séquence d’ouverture est d’ailleurs plutôt réussie), aux combats à mains nues, en passant par des pouvoirs psychiques aux effets sympathiques (lévitation, boucliers de protection, onde de choc), Gideon dispose d’un éventail intéressant. Sur le papier. En pratique, les commandes sont complexes à apprivoiser. Entre les déplacements malaisés et des combats omniprésents, le niveau de difficulté général rend la progression laborieuse. Les ennemis déboulent de partout dans un flux ininterrompu et ne vous laissent que peu de temps pour élaborer une technique de combat. Si bien que le plus souvent, impossible de faire autrement que de foncer dans le tas en espérant que ça passe (les ennemis, même de base, sont coriaces). Cette progression décérébrée est un comble puisque divers outils supposant des attaques plus subtiles (les pouvoirs psychiques notamment) sont à disposition. Mais leur accessibilité handicapée par des commandes mal conçues a vite fait de vous rabattre sur du beat’em all sans saveur.

Pourquoi rester caché alors qu'il va falloir foncer ?

Visuellement très correct

A côté de ces compétences tout à fait sous-exploitées se trouve un emballage visuel de qualité. Si les bases militaires et futuristes traversées restent agréables mais assez communes, les environnements extraterrestres sont quant à eux plus réussis. Leur aspect organique - dont sont friands les écrivains de science-fiction - est ici dérivé des fonds marins, sur une palette de couleurs variée et lumineuse. Mais là où les développeurs ont fait un réel effort graphique, ce sont sur les personnages. Sans être détaillés à l’extrême, leur apparence particulière offre à cet univers une empreinte visuelle originale. Les ennemis - les fameux Seekers - sont aussi imposants qu’antipathiques ; les héros de l’aventure, et leurs alliées, parviennent à faire passer les émotions sans problème. Mais, encore une fois, à quoi bon s’attacher à émouvoir lorsque le jeu et son gameplay nous obligent à courir, dézinguer et gesticuler jusqu’à la fin de chaque niveau ? Malgré son scénario travaillé et son level design convaincant, Advent Rising ne propose ni réflexion (mécanismes à remettre en état), ni exploration (le chemin est tout tracé et le rythme trop rapide), ni même infiltration (les ennemis réagissent automatiquement dès votre arrivée, même discrète).
Les Plus
  • Une histoire originale et alléchante
  • Un emballage musical de grande qualité
  • Des héros attachants et des ennemis réussis
Les Moins
  • Les dialogues en anglais ne sont pas sous-titrés
  • Des commandes trop complexes
  • Bien trop bourrin compte tenu de la qualité de l'histoire
  • Un gameplay pas aussi ambitieux qu'espéré