Danganronpa 1-2 Reload

22 avr. 2017
Testé par sur
Disponible sur
1

Monokuma Theater

Une grande déception à la découverte de ce fameux Danganronpa 1-2 Reload. Un lieu unique et asthénique, des personnages principaux caricaturaux, des dialogues nuls et une pauvreté des situations affligeante. Le constat est amer alors que l’impatience de découvrir cet étendard était bien présente. Certes Monokuma, l’ours en peluche mi-toutmignontoutplein, mi-psychopathe ne déçoit pas et le jeu ne tiendrait presque que sur ses attendues apparitions. Il reste en fin de chapitre des mécaniques de jouabilité plutôt enthousiastes qui vous motivent pour la suite de la lecture. Malgré tout.

Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de découvrir Danganronpa sur PSP, cette compilation est l’occasion rêvée puisqu’elle regroupe les deux épisodes. Ainsi, étendu sur votre canapé, recouvert d’un plaid, elle permet un confort de lecture optimale. Au pire, vous serez déjà sur place pour une petite sieste. En bon représentant du Visual Novel, il ne s’agira presque que de lecture. Danganronpa repose sur le huit clos, des étudiants enfermés dans un lycée à la merci d’un ours psychopathe qui les entraînera dans une valse macabre.

L'histoire

Le jeu démarre plutôt bien. Le héros vous explique la situation, la sienne, ses états d’âme, les personnages qu’il s’apprête à rencontrer. Cette introduction est très bien écrite, précise, drôle autant qu’elle crée de l’empathie. Puis vous êtes littéralement jeté dans la gueule du loup, Monokuma vous explique les règles de son jeu de massacre. À chaque chapitre, son meurtre, son procès et sa sentence, à la fin, il n’en restera qu’un. Dans les décors ordinaires d’un lycée qui ne se dévoilera qu’au gré des chapitres et en compagnie de personnages qu’on distingue aisément, il vous faudra mené l’enquête pour survivre.

Très bonne idée ces petites vignettes a coller.

Le principe

Avant le meurtre. La position d’instabilité crée par le fait qu’un meurtre arrivera quoi qu’il arrive, provoque une mise en situation oppressante et tendue, qui est certes voulue mais qui ne laisse aucune chance à la narration. On est constamment dans la caricature, entre les situations loufoques ou ridicules qui annulent toute possibilité à des personnalités de s’installer. À tel point que si vous êtes un tant soit peu concentré, vous comprendrez de suite quel personnage mourra et qui sera le meurtrier.

Après le meurtre, comme à la grande époque de la Nintendo DS, vous cherchez les indices, vous fouillez, vous discutez, vous accumulez et vous préparez votre défense.

Puis vient l'heure du procès. Les personnages réunis s’échangent des affirmations sur ce qu’ils pensent savoir du meurtre. Grâce aux indices ramassés le héros contredit et met en lumière le vrai coupable. Un petit système très astucieux où les contre-vérités sont représentées par des balles que vous tirez sur les mensonges. D'autres mini jeux consistent à trouver les lettres manquantes d’un nom, à désigner le portrait d’un coupable ou à compléter les cases d’une mini bande dessinée par les indices trouvés. Des mécaniques de jouabilité simplistes qui savent apporter un peu de légèreté à des moments épuisants, qui peuvent s’étirer sur une à deux heures de procès.

Monukuma et ses réparties qui font plaisir.

L'ambiance

C’est lors des procès, que les dialogues mettent en lumière les personnages désignés, leurs personnalités, leurs vérités, ce qui les a poussé à tuer. Certains trouveront ces joutes verbales passionnantes, tant mieux ils auront l’impression de ne pas se faire voler leur aventure. D'autres, trouveront que tout cela sonne creux, qu’aucun travail n’ayant été au préalable exécuté sur les personnages... Vous subirez plus qu’il n’aura l’impression d’être maître de la situation. Vous vous ennuierez, en ayant le sentiment qu’on vous impose un coupable, une histoire et que les indices ne sont que des prétextes à la soustraction d’individus.

Le format portable du jeu est sans doute la raison de cette déception dans le salon. On imagine que dans la situation, où l’on serait amené à jouer par parties courtes, ces échanges brefs, pleins de rebondissements intempestifs et de cliffhanger (dont le jeu ne sait que faire au chapitre suivant) doivent faire leur effet le temps du voyage mais dans le salon, vous vous agacez plus que vous ne vous amusez. Des avans-procès mieux écrits avec des intimités plus complexes, des contextes personnels probables et de véritables enjeux de défense ou d’attaque sur des personnages aimés ou détestés aurait offert une écriture qui donne envie de s'accrocher à la lecture.

L'expression selon les développeurs du lycée.

Pour qui ?

Pour les curieux de s’adonner à un genre méconnu en France, le choix de Root Letter apparait plus judicieux. Pour les autres, qu’ils se rassurent Danganronpa est l'un des emblèmes du genre, le boîtier contient les deux épisodes, vous ne le regretterez pas, surtout qu’après l’histoire principale, le jeu d’une grande générosité vous offre un mode inédit. Ensuite, même si on peut se questionner sur la proportion de plus en plus grande de jeux officiels à arriver en anglais sur PS4, le niveau d’anglais requis est plutôt aisé et le mode facile vous permettra de prendre votre temps. Puis rassurez-vous aussi : ce n’est pas votre niveau qui vous fera voir le jeu comme immature et ridicule. C’est parce qu’il l’est.

Le deuxième épisode s'annonce déjà plus ensoleillé.

L'anecdote

Par curiosité, j’ai lancé rapidement le second épisode et je dois reconnaître que le jeu bouscule les règles du premier volet. Le contexte plus ouvert de l’île et les références graphiques et narratives semblent avoir explosées et ça donne envie d'en voir plus. Vous savez ce que disait Monuku... Musset : "L'enthousiasme est frère de la souffrance."
Les Plus
  • Monokuma est génial
  • Des personnages facilement identifiables
  • Des mécaniques de procès sympathiques
  • Les deux épisodes dans la boite
Les Moins
  • Un lieu d'action ennuyeux
  • Des dialogues au hachoir
  • Des histoires désespérément caricaturales