Paper Mario : Color Splash

21 oct. 2016
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Nintendo
  • Développeur Nintendo
  • Sortie initiale 7 octobre 2016
  • Genre Aventure

Un baroud d'honneur coloré

Paper Mario : Color Splash est une excellente surprise, d'autant plus qu'il s'apparente un peu à un chant du cygne pour la console de salon de Nintendo. Alors que les sorties sur Wii U sont de plus en plus rares, alors que Zelda : Breath of the Wild a été annoncé sur la Switch, alors que Super Mario Maker se voit être porté sur Nintendo 3DS... Il est toujours appréciable de voir un titre de cette trempe rassurer les joueurs Wii U avant les fêtes de fin d'année. Magnifique, amusant, pourvu de très bonnes idées, Paper Mario : Color Splash est un "feelgood game" comme Nintendo en a le secret. Sans doute pas un titre révolutionnaire, peut-être pas celui qui marquera l'histoire, mais assurément un titre sympathique dont se souviendront ceux qui y ont joué.

Le sentez-vous, ce début de nostalgie ? En effet, Paper Mario : Color Splash est probablement l'une des dernières grosses exclusivités de la Wii U. Les mois passent et les jeux se font de plus en plus rares sur la console de Nintendo. Espérons donc que celui-ci offrira une fin colorée à cette machine tout de même vaillante.

L'histoire

Alors qu'il se la coulait douce chez lui, Mario reçoit la visite de Peach accompagnée d'un Toad afin de lui montrer une drôle de lettre : un Toad replié sur lui-même, dépourvu de couleurs et affranchi d'un timbre poste de l'île de Barbouille. Il n'en faut pas plus à Mario et ses amis pour se rendre sur le lieu en question afin de mener l'enquête. Sur place, ils se rendent compte que cet endroit d'ordinaire si coloré s'est fait dérober sa peinture ; et il est donc temps de récupérer des étoiles colorées afin de rendre la ville aussi chatoyante qu'autrefois.

Comme souvent avec cette série, Paper Mario : Color Splash brille par le ton de ses dialogues. Dès le début de l'aventure, le titre multiplie les jeux de mots vous faisant esquisser des sourires. Dans le genre, Peinturion, votre pot de peinture et acolyte récupéré au début de l'aventure est un bon partenaire. Globalement, nous pouvons affirmer que l'histoire et les dialogues plaident en faveur de l'évidence : Paper Mario : Color Splash est un bonbon.

C'est par une sombre nuit, au coin du feu, que tout commence.

L'emballage

Un constat qui se vérifie avec l'esthétique du titre : Paper Mario : Color Splash est un vrai régal pour les yeux. À l'heure de tirer le bilan de la Wii U et en dehors de quelques exceptions faites de démesure (Bayonetta 2, Xenoblade Chronicles X), Nintendo nous rappelle que sa console aimait faire la part belle aux styles atypiques, qu'il s'agisse de Yoshi's Woolly World ou de Kirby et le Pinceau Arc-en-ciel. Le carton, le papier et la peinture de Paper Mario : Color Splash donnent un charme évident au jeu, renforcé par la cascade de couleurs présente à l'écran.

Si vous n'appréciez pas cette image, nous ne pouvons plus rien pour vous !

Le principe

Sans surprise, ce déluge de peinture sert le principe de Paper Mario : Color Splash (comme son nom l'indique). Si Mario peut toujours sauter ou frapper avec son marteau, se servant toujours de cartes pour exécuter des actions lors des combats, il doit aussi colorier les cartes ainsi que divers éléments. En effet, il suffit d'une pression de GamePad lors des combats pour "charger" une carte avec de la couleur.

Mais le plus intéressant est probablement le côté exploration du jeu. L'île de Barbouille a perdu des couleurs et c'est à vous de les faire revenir : en donnant des coups de marteau colorés pour transformer le blanc en couleurs, et ainsi récolter des pièces, des cartes ou plus généralement progresser dans l'aventure. Toujours malin, le level design fait évidemment la part belle aux jeux de perspective.

Plus surprenant, le jeu est un plaisir en matière de progression, vous permettant de faire des aller-retours dans les niveaux avec aisance (il est possible de quitter un lieu en appuyant sur Start) afin de compléter les quelques énigmes présentes. En somme, si Color Splash n'est pas révolutionnaire, il est loin des épisodes les plus rébarbatifs d'une série alternant souvent entre amusement et ennui. À ce sujet, les quelques phases annexes sont appréciables, qu'il s'agisse du "découpage" des niveaux sur le GamePad (à vous de suivre les points-tillés pour ouvrir la voie) ou des mini-jeux.

Prendre par surprise vos ennemis vous fait combattre avec un avantage (il lui manque de la couleur).

Pour qui ?

Justement, le jeu évite le pire grâce à son côté accrocheur. Ainsi, oubliez les épisodes les moins motivant de la série car Color Splash arrivera à tenir en haleine petits et grands. Deux raisons à cela. Premièrement, l'esthétique et le principe du jeu favorisent le plaisir de la découverte : explorer un nouveau niveau, c'est l'assurance d'esquisser quelques sourires. Ensuite, les aller-retours ne sont jamais contraignant et vous pourrez toujours revenir dans un niveau pour X ou Y raisons, que ce soit par exemple pour acheter des cartes, pour progresser en obtenant un objet ou plus simplement pour augmenter votre niveau de peinture et faire le plein de cartes en combattant.

Certaines cartes spéciales peuvent servir pour les énigmes, mais aussi pour mener des stratégies.

L'anecdote

Paper Mario : Color Splash est vraiment drôle et base parfois son humour sur l'absurde. En témoigne ce dialogue savoureux entre deux Toads tenanciers de bars. Alors que la commerce du port de Barbouille marche du tonnerre, celui de la Route Écarlate est plus que morose. Au début de l'aventure, les deux tenanciers se croisent et l'un est particulièrement enthousiaste à l'idée de reprendre le bar du port. Cela tombe bien, l'autre l'est tout autant lorsqu'il s'agit d'un bar situé sur une rue "malfamée" et dénuée de passants. S'ensuit un échange complètement absurde mais pas moins succulent.
Les Plus
  • Aussi beau que coloré
  • Des dialogues toujours drôles
  • Des bonnes idées en pagaille
  • Une progression et un rythme très bien gérés
  • Un GamePad bien exploité et des combats sympathiques
  • Une durée de vie honnête (ni trop longue, ni trop courte)
Les Moins
  • Certains trouveront toujours le jeu trop simple
  • Mais une durée de vie un brin artificielle par moment