Midtown Madness 2

24 oct. 2000
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3

C’est du fun en barre que cette suite de Midtown Madness nous propose car elle est beaucoup plus axée arcade que son prédécesseur. Le moteur graphique, toujours aussi laid, reste gourmand et nous oblige à réduire pas mal de paramètres (volume du trafic, nombre des piétons) pour obtenir une fluidité acceptable. Mais si le réalisme général en prend un coup, le gameplay accrocheur et, cette fois, grandement simplifié du premier Midtown (maniabilité revue) est au rendez-vous. Au rayon des nouveautés, la palme de la meilleure idée revient sans problème au mode d’entraînement. Bien pensé, impeccablement réalisé et très amusant, ce mode offre une alternative excellente au classique et rébarbatif tutorial. Avec Midtown Madness 2, Microsoft prouve, une fois encore, que sa branche "jeux vidéo" est toujours aussi efficace. Qui a dit "Heureusement pour eux !" ?.

Qui n’a jamais rêvé de prendre le volant de sa voiture en oubliant sciemment son permis de conduire ? Midtown Madness nous avait permis de concrétiser ce rêve en nous offrant la possibilité de foncer dans les rues d’une grande agglomération, en toute impunité ou presque, et de participer à des courses endiablées dans un environnement urbain très détaillé. La suite débarque, et si elle ne corrige pas tous les défauts de l’original, elle apporte un lot de nouveautés suffisamment conséquent pour justifier l’étiquette "suite".

Introduction

"La pratique d’un pilotage identique à celui décrit dans ce jeu, dans la vie réelle, est à proscrire. Soyez un conducteur responsable !". Comme on nous le signale au démarrage, il y a une bonne dose de folie dans ce jeu, mais une folie douce à l’image du "politiquement correct" cher à Microsoft. Pas question d’écraser des piétons (ils sautent sur le côté, se plaquent contre les murs) ou de transgresser autre chose que le simple Code de la Route. En fait, Midtown Madness, c’est un peu l’alternative "wash and wear" à Carmageddon. Pas de sang, pas d’ambiance malsaine, mais juste assez de libertés pour avoir l’impression fugitive d’être un chauffard sans vergogne… Ici, on peut renverser des poubelles, débouler dans des bassins de square en cherchant à éclabousser les canards, faire voler en éclats des baies vitrées, défoncer des panneaux de signalisation. Marrant et, finalement, bien suffisant pour se défouler sans avoir recours aux artifices douteux utilisés par Carmageddon.
 

Mad Cities

Si Chicago vous paraissait un peu juste pour exercer vos talents de "fou du volant", réjouissez-vous car c’est maintenant deux grandes agglomérations que vous pourrez parcourir en long, en large, et en travers. Ces deux nouvelles villes, San Francisco et Londres, offrent des architectures très différentes. Les angles droits et les collines de la ville américaine viennent parfaitement compléter les courbes et les rues sinueuses de la capitale britannique. Graphiquement, le jeu reste assez modeste (NDLR : disons le, carrément laid), à cause notamment de textures un peu pauvres. Mais on reconnaît très vite les lieux où se situe l’action grâce à une modélisation très fidèle des bâtiments et monuments célèbres. Vous pourrez donc rouler aux abords de Big Ben, ou bien encore au beau milieu du parc de Golden Gate. Les niveaux sont aussi très ouverts et vous permettent d’évoluer à peu près partout : parking souterrain, métro londonien, autoroute, zone piétonne, barges sur la Tamise et même sur les toits de certains bâtiments.
 

THE souci du détail

Comme pour le premier Midtown, les développeurs se sont efforcés d’incorporer une foule de petits détails graphiques très sympathiques qui viennent renforcer le réalisme mais surtout l’interactivité du jeu. Beaucoup d’éléments du décor peuvent être défoncés en laissant ainsi échapper leur contenu : les poubelles avec des trognons de pommes et des papiers, les arbres avec des feuilles et des écureuils (!), les boîtes aux lettres avec du courrier et des paquets... Ajoutés à tout cela des surfaces réactives comme les parterres de fleurs (avec les pétales), les pelouses (avec l’herbe), la chaussée mouillée (avec ?… l’eau), etc. Les conditions climatiques n’ont pas été oubliées et sont, encore une fois, parfaitement gérées. Leur influence sur votre conduite n’est d’ailleurs pas négligeable. La pluie diminuera logiquement l’adhérence de votre véhicule (gare aux dérapages incontrôlés) et le brouillard réduira considérablement votre champ de vision.
 

Bolides de folie

Pas moins de 10 nouveaux véhicules vous sont proposés dans cette suite. Du bus londonien à la craquante New Beetle Dune en passant par l’Audi TT, il y en a pour tous les goûts. Hormis le choix de la couleur et du mode de transmission, ils ne sont pas paramétrables. Le gabarit va évidemment conditionner la conduite et plus particulièrement les réactions physiques. Heureusement, la maniabilité a été corrigée par rapport à l’original, avec l’ajout des dérapages au frein à main, par exemple. Mais cette correction reste encore perfectible puisqu’il vous arrivera parfois de vous retrouver dans le décor après un virage alors que ce passage, négocié à la même vitesse, ne vous avait posé aucun problème auparavant. Cette irrégularité apporte aux courses un côté imprévisible sympathique qui, finalement, illustre assez bien le titre du jeu (madness = folie).
 

Carton pâte

Si la modélisation de ces nouveaux véhicules, comme des anciens, est très acceptable, on peut être surpris par celle des voitures "périphériques", c’est-à-dire, les voitures gérées par l’ordinateur pour simuler le trafic urbain. Même si l’on imagine aisément que les développeurs ont dû trouver un compromis entre fluidité et volume du trafic, leurs textures ultra-simplistes et leurs réactions idiotes contrastent beaucoup avec l’apparence de la voiture du joueur. Rouler aux côtés de "boîtes à savon" réduit considérablement notre implication, surtout si on s’arrête aussi à la modélisation très "Playmobil" des piétons. Ce n’est pas le seul aspect de Midtown Madness 2 qui va à l’encontre du réalisme, mais si ce jeu revendique clairement son côté arcade, c’est avant tout au service du fun, donc du joueur.
 

Une physique à deux balles

L’aspect arcade de Midtown Madness 2 se traduit surtout par des lois physiques ahurissantes. Qu’une Mini Austin puisse défoncer une benne à ordures, passe encore, mais quant il s’agit de retourner une Ford F-350 (la voiture de l’Homme qui tombe à pic) aussi facilement qu’une crêpe… Jeffrey Roorda et Sam Buss, respectivement responsable de la dynamique des véhicules et conseiller en physique sur le jeu, ont une conception très particulière de la pesanteur terrestre. Ne soyez donc pas surpris de voir votre véhicule, ou celui des autres, faire des bonds de plusieurs mètres après un accrochage. La gestion des dégâts est toujours de mise. Elle a même été améliorée (froissement de la carrosserie, fissures sur le pare-brise, fumée s’échappant du moteur, etc.) mais reste plutôt surréaliste. Rien de dramatique à foncer droit contre un mur, par exemple, puisque les dégâts résultants de ce choc seront minimes.
 

On prend les mêmes...

Les modes de jeu déjà présents dans Midtown Madness ont été repris et peaufiné un peu. On retrouve donc un mode "croisière" moins difficile, idéal pour découvrir la ville et, accessoirement, détruire tout sur son passage. Ce mode est plus simple car un choc trop brutal ne sera plus synonyme de "Game Over". Le mode "Eclair", bête course contre la montre, et le mode "Point de contrôle" n’ont, quant à eux, rien de très original. Enfin, en mode "Circuit", vous devrez effectuer des tours le plus vite possible tout en suivant un parcours établi dans la ville. Tous ces modes sont accessibles en multijoueur, mode qui accueille aussi le classique : "Policiers contre voleurs" du premier épisode. Il s’agit ici de rapporter de l’or à la banque (pour les policiers) ou dans une planque (pour les voleurs), en évitant de se faire dépouiller en chemin par l’équipe adverse. Ce mode est tout simplement hilarant et prétexte à des cascades et autres carambolages mémorables.
 

...et on en rajoute

Contrairement au premier Midtown, Angel Studios a pensé aux jeunes conducteurs en leur proposant un mode d’entraînement. En fait, ce mode s’avère être beaucoup plus qu’un simple tutorial car il dispose d’une scénarisation simplifiée mais très amusante. A travers différentes missions, l’école de conduite East and Cab Company de Londres va vous apprendre le b-a-ba d’un chauffeur de taxi : filer une voiture, sortir de la circulation en prenant des raccourcis aériens (!), trouver un moyen de franchir la Tamise sans passer par un pont, etc. A San Fransisco, par contre, comme on est pas très loin d’Hollywood, l’école de cascadeurs du Golden Gate va vous enseigner les rudiments du parfait casse-cou : slalomer entre des arbres, rattraper un ferry sur le point de partir, semer une patrouille de flics, etc. En plus d’être très drôle, ça nous permet d’assimiler rapidement les techniques de pilotages indispensables pour, plus tard, espérer gagner des courses.
Les Plus
  • Le côté "arcade"
  • Une liberté de déplacement importante
  • La modélisation des agglomérations
  • Le mode entraînement très réussi
  • Les petits détails graphiques
  • Un multijoueur complet
  • Les commentaires amusants
  • Des véhicules nombreux et au comportement varié
Les Moins
  • Un moteur graphique gourmand et LAID
  • Un réalisme relatif
  • Des voitures "périphériques" laides et idiotes
  • Les temps de chargements
  • Assez rapidement répétitif
  • MSN Gaming Zone obligatoire pour jouer sur le Net