Balade dans les rues de City of Villains

18 oct. 2005
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Prévu sur
  • Éditeur NC Soft
  • Développeur Cryptic
  • Sortie initiale 31 octobre 2005
  • Genres Massively Multiplayer Online, Rôle

Un vent de ténèbres s’apprête à souffler sur le monde du mmorpg : City of Villains, la suite de City of Heroes arrive fin octobre, développé par Cryptic et édité par NCsoft. Au programme, félonie, bases secrètes et garde-robe géante. Après avoir joué à la beta, on vous fait part de nos premières impressions.

Les méchants n'hésitent pas à se mettre à 3 contre 1

C’est si bon d’être mauvais

Pour tous ceux qui ne portaient jusqu’à présent le masque de super héros que parce que c’était leur seule opportunité de déployer leurs super-pouvoirs, NCsoft s’apprête à sortir City of Villains, où les âmes sombres pourront révéler leur vraie nature. Vu l’attitude de certains qui ne s’arrêtaient pas pour secourir des grands-mères agressées dans les rues de City of Heroes tout simplement parce que ça ne rapportait pas assez d’expérience, les méchants inavoués doivent être légion. C’est donc avec plaisir que les joueurs accueilleront ce jeu qui non content de permettre aux plus mauvais d’entre nous d’endosser le rôle de "vilain", donnera d’autant plus de sens au fait d’interpréter un bon puisqu’un choix nous est désormais proposé. Que serait le Bien sans le Mal ? Le Yin sans le Yang ? Le jour sans la nuit ? Bon, vous avez compris.

Naissance de Gamatomica, mutante corruptrice

Faire le mal avec style

Dans l’esprit de nombreux joueurs, City of Heroes restera comme un modèle de création de personnage. La profusion d’éléments customisables, depuis la carrure générale jusqu’au moindre accessoire permet de former le super-héros de ses rêves d’enfant, et à chacun de se différencier des autres. Une telle liberté dans la création trouvait cependant sa limite dans l’inclinaison morale de son personnage : impossible d’incarner un être maléfique. City of Villains propose bien évidemment un éditeur tout aussi poussé, avec de légères améliorations ergonomiques et accompagné d'un éventail d’éléments proprement "mauvais" permettant de créer des avatars allant du pirate squelettique au cyborg maléfique, en passant par des créatures telles que les loups-garous et les chauve-souris humanoïdes. La création de personnage, une fois de plus, est un jeu en soi, et on se retrouve fréquemment à contempler l’inventivité de certains joueurs, et à se moquer du mauvais goût d’autres. Bref, chaque super-vilain a la chance d’être unique.

Des persos pour le moins hétéroclites

Méchant, mais pas n’importe comment

Les archétypes de personnages, recouvrent un bon spectre des pouvoirs des méchants de comics habituels. Ils sont au nombre de cinq, et bien que certain soient des dérivés ou des mixtes de classes tirées de City of Heroes, certains sont inédits. La Brute fera office de tanker, avec beaucoup de points de vie et une forte puissance d’attaque ; le Stalker correspond au voleur ou assassin, profitant de son pouvoir de Hide pour attaquer dans le dos les adversaires ; le Mastermind, terriblement séduisant, est accompagné de sa clique de sous-fifres, soldats, squelettes, ninjas, etc. ; le Dominator exerce ses pouvoirs mentaux pour "debuffer" (affaiblir) les adversaires ; et enfin le Corruptor est spécialiste des attaques à distance et du "buff" ("booster" ses camarades de jeu). Une fois votre classe sélectionnée, il vous faudra déterminer l’origine de vos pouvoirs (mutation, technologie, magie, etc.) et choisir un nom qui pète bien, et zou ! Les portes du mal s’ouvrent à vous.

Le prisonniers sont aimables comme des gardiens de prison

La grande évasion

Le début du jeu vous plonge directement dans une évasion de prison. Dans le chaos de la fuite vous rencontrerez d’autres prisonniers, en costume ou non, et des agents d’un certain Lord Recluse, le commanditaire de l’opération. De très courtes missions feront office de tutorial, mais si les sirènes d’alarmes, particulièrement pénibles, vous motivent à prendre rapidement l’air, il sera possible de sortir rapidement. Une simple tâche consistant à éliminer arbitrairement deux personnes autour de vous vous permettra de goûter aux plaisirs du combat, prolongés par une mission un peu plus longue durant laquelle il s’agira de poser un explosif dans un local. Tout comme dans City of Heroes, les zones de mission sont instanciées, il vous faudra donc former une équipe si vous souhaitez rentrer à plusieurs. Une fois votre valeur prouvée auprès du sbire d’Arachnos, vous serez transportés vers les Rogues Isles, capitale du mal, ou votre quête pour devenir le bras droit du baron du crime pourra commencer.

Dès le départ, les pouvoirs sont spectaculaires

Un jour je t’aurai Gadget, je t’aurai !

Si l’on se concentre sur les apports nouveaux de City of Villains, le PvP, autrement dit la possibilité pour les super-héros d’affronter les super-vilains, joueur contre joueur, est certainement l’innovation la plus attendue. Les antagonistes rencontrés jusqu’à présent ne peuvent se comparer à ceux qu’interprèteraient des joueurs, et City of Villains change radicalement la donne. Pour cela, un sytème de base a été conçu, que les joueurs n'ont pu tester sur la beta que depuis très peu de temps. A partir du moment ou vous faites partie d’un super-groupe, l’équivalent des guildes dans les autres mmorpg, vous avez la possibilité de monter votre propre base, qui, à l’instar des halls de guildes, servira de QG pour gérer des missions depuis un super-ordinateur, organiser des opérations et qui fera souvent office de champ de bataille. On peut déjà imaginer un Mastermind devant son écran, comme le Dr. Mad caressant son chat, élucubrant de sombres machinations...

Les îles Rogue dans la brume

Le berceau de la cruauté

Les bases requièrent une certaine quantité de points d’infamie (la monnaie du jeu) et pas mal de matériaux qu’on peut récupérer sur les ennemis. Nous n’avons pas encore de précisions sur la difficulté de récupérer ces éléments, le système étant sujet à modifications. D’autres éléments primordiaux seront les Objets de Pouvoir, véritable point névralgique de votre base. Ces éléments ont la capacité de modifier la réalité et apporteront des avantages à l’équipe tant qu’ils seront détenus dans la base. C’est d’ailleurs ces objets qui seront l’enjeu des combats PvP, les concepteurs privilégiant le combat entre les joueurs comme un moyen plutôt qu’une fin. Ainsi il faudra défendre un objectif un peu comme dans un mode capture the flag, ce qui permettrait d’introduire une touche de stratégie dans ce monde de Brutes, Corrupteurs, etc.

Qui est bon, qui est mauvais?

Même les super-méchants vont chez Ikéa

Quand les joueurs ont su qu’il serait possible de créer sa propre base, ils s’attendaient à retrouver un éditeur aussi complet que celui pour les personnages. Cet éditeur est prévu pour permettre de constituer une base digne de ce nom, et qui sera rendu disponible aux super-héros par la même occasion. A partir d’une pièce principale il est possible d’en ajouter d’autres, avec des objets décoratifs et d’autres plus utiles, comme des zones de soin, des téléporteurs, etc. On pourra modifier l’apparence de l’ensemble en changeant la couleur, l’éclairage, la hauteur de plafond, et plein d’autres possibilités. L’ensemble coûte un certain nombre de points d’infamie, et le chef du groupe, alors premier architecte, pourra déléguer ses droits quand à l’entretien et le développement de la base. Même s’il est encore trop tôt pour juger de l’équilibre en jeu d’une telle innovation, on est en droit d’attendre des séquences de combat entre joueurs toujours renouvelée et une part de stratégie qui permettra aux nostalgiques de Dungeon Keeper de préparer des plans diaboliques.

Les forces de l'ordre

Stand-alone ou add-on ?

De toute évidence, City of Villains n’opèrera pas une révolution face à son grand frère City of Heroes. Le moteur graphique n’a que peu évolué bien que le design de la ville soit séduisant, le système d’améliorations de pouvoirs reste sensiblement le même, etc. A tel point que nombreux sont ceux qui auraient boycotté le jeu s’il n’avait pas été annoncé que les anciens joueurs n’auraient pas à payer un abonnement supplémentaire pour y jouer, la galette suffisant à interpréter des vilains. L’abonnement est donc le même pour les deux jeux, et s’élève à 12,99 euros. Toutefois les ajouts du PvP et du choix d’orientation moral permettent d’étendre l’univers en le complétant de sa moitié nécessaire. Tout comme World of Warcraft n’aurait que peu de sens sans la Horde, City of Heroes sera bientôt complet grâce à City of Villains. Peut-être que le 31 octobre certains ne fêteront pas seulement Halloween, mais fêteront aussi la sortie du jeu.