Cold War : McGyver au pays des soviets

05 sept. 2005
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A-t-il existé une plus belle période que la guerre froide pour l’infiltration et l’espionnage ? Ah, ce temps ou les autoroutes de l’information n’étaient que des chemins de terre, que seuls les espions osaient emprunter, et où la moindre montre indiquant la date en plus de l’heure était un gadget révolutionnaire. Que diriez-vous de vous plonger dans les années 80, afin de réaliser un petit reportage de l’autre côté du rideau de fer sur la catastrophe de Tchernobyl ? Cold War vous paye le billet d’avion, avec en prime un appareil photo pour voir sous les vêtements des filles. Et un lance-pierre.

Tourisme en Russie : vous visiterez la tombe de Lénine, le Kremlin et même la centrale de Tchernobyl

Pour une fois que c’est pas au président des Etats-Unis qu’on s’en prend

1986, les Etats-Unis et l’Union Soviétique entament la période de coopération nommée perestroïka, laissant ainsi penser que nous sommes à la fin de la guerre froide. Cette orientation diplomatique n’est évidemment pas du goût de chacun, notamment du chef du KGB, qui décide tout de go de monter un complot pour assassiner le président russe. Ils sont comme ça les radicaux communistes. Et vous, comme une andouille, n’avez pas trouvé mieux que de fourrer votre nez chez la Mère Russie pour couvrir une affaire dont vous avez même oublié le sujet. C’est que vous, Matthew Carter, n’avez jamais vraiment aimé votre boulot de reporter international. Non, ce qui vous fait rêver, c’est d’être plongé dans un conflit terroriste, que l’on vous prenne pour un agent de la CIA. C’est pour ça que vous êtes tombé dans ce piège, et aussi pour avoir l’occasion de faire comme votre idole télévisuelle d’un avenir proche : McGyver. Eh oui, si vous êtes coincé, désarmé dans une situation inextricable, il vous faudra inventer toute sortes d’astuces pour vous en sortir. Mais voici le vrai défi, qui aurait même donné du fil à retordre au bricolo canadien : protéger le réacteur atomique de Tchernobyl d’une attaque malveillante.

Un menu vous permet de créer vos gadgets

Il ne manque que la montgolfière

En effet, Cold War pourrait être le préambule de S.T.A.L.K.E.R., puisqu’ils abordent tous deux le même sujet, l’un avant, l’autre après. Toutefois, Cold War est plus un jeu d’infiltration à la troisième personne qu’un FPS, et ses références sont Splinter Cell et Metal Gear Solid. La version que nous avons pu tester, quasi complète, montre bien les différentes possibilités de gameplay, et autant dire qu’il n’est pas déplaisant de ne pas interpréter un super héros omnipotent pour une fois. Si la partie infiltration, avec son lot de partie de cache-cache dans l’obscurité, de tirs silencieux, de détournement d’attention à coup de bouteille de Vodka laissée sur le chemin de patrouille des vigies, ne se propose pas de révolutionner le genre, on trouve de bonnes idées qui permettent de prendre goût à l’aventure. Comme annoncé, il sera possible de bricoler des objets et accessoires pour aider la progression. Depuis le silencieux avec une bouteille en plastique, jusqu’aux mines improvisées libérant un gaz anesthésiant, en passant par les améliorations d’armes, une multitude d’objets d’apparence anodine permettent de fabriquer des gadgets. Ce système présente l’avantage de justifier la répartition d’items à travers les espaces de jeu sans que cela casse l’immersion, et permet au joueur de choisir ce qu’il veut obtenir. De plus des "blueprints" permettent de débloquer de nouveaux gadgets à construire.

Ah, tiens ? Je te surprend en train de te faire un café, coquin !

Vous faites mince sur cette photo, Barinsky

Mais le gadget absolu, c’est l’appareil photo que le KGB a remplacé à la place du votre pour vous faire passer pour un espion américain : un appareil permettant de voir en rayons x votre environnement, et de griller la cervelle des adversaires en émettant des radiations nocives, et ceci même à travers les murs. Il suffit pour cela de viser le cerveau de vos ennemis apparaissant sous forme squelettique, et ils seront assommés pour un court instant. Il n’est rien de dire qu’il est jouissif de ce débarrasser des ennemis de cette façon, sans même être dans la même pièce. De plus, l’utilisation des rayons x change considérablement la façon de progresser dans les niveaux. Si dans Splinter Cell, les fibres optiques que l’on passe sous les portes sont peu pratiques à utiliser, la vue thermique ne nous donne d’indication que sur les sources de chaleur. Là, il est possible d’observer les sorties, de deviner la présence d’objets importants, ou même de faire sauter des extincteurs (ne me demandez pas comment cela se justifie...). En se débrouillant bien, on peut toujours préparer les situations de combat pour les faire tourner à notre avantage.

La meilleure solution reste inchangée : abattre les ennemis dans le dos

Arsenal limité

Pourtant, on ne peut pas dire que l’on soit armé jusqu’aux dents. S’il est possible plus tard d’obtenir la fameuse Kalachnikov, il faudra longtemps se débrouiller avec un simple pistolet et un lance-pierre. Ceci dit, heureusement ou non, cette version présente une telle précision au niveau du tir que l’on en vient à préférer les armes tirant à une fréquence moindre. Il est actuellement très facile d’abattre des adversaires très éloignés d’un tir dans la tête. Un autre point reste pour l’instant gênant : si le point de vue de la caméra au dessus de l’épaule du héros lorsqu’il brandit son arme est efficace, le déplacement de ce dernier dans cette position est des plus étranges. On a la sensation qu’on glisse sur une patinoire. Oui, on est en Russie, mais ça le fait très moyennement...

Pour vous réchauffer, faites tout péter

Restons discrets

Ces petits détails sont là pour nous rappeler que c’est une version beta que nous avons entre les mains. Le visuel du jeu, bien que modeste, est assez plaisant, jouant sur des effets de brume correspondant bien au cadre scénaristique. L’apparence du héros, elle est plus discutable. Si on a pu voir une évolution de ce dernier au fur et à mesure du développement, la version actuelle a le mérite de sortir des clichés du jeu vidéo. Peut-être un peu trop toutefois, comme vous pouvez en juger sur les images. De nombreux autres aspects semblent encore en chantier, dont les cinématiques qui susciteront certainement la polémique : un style emprunté au magnifique XIII, sans la maestria. Les idées foisonnent dans Cold War, il n’y a plus qu’à espérer que le jeu obtiendra la réalisation finale qu’il mérite.