Dreamfall s'obstine à nous faire rêver

06 mai 2005
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Une équipe norvégienne, 5 ans de développement, une production aux airs de cinéma et un éditeur français. Drôle de recette pour la suite de The Longest Journey. Une preview pour ouvrir les yeux et tenter d'en savoir plus.

Le sommeil, un thème recurrent...

Wake up...

Les amateurs de jeux d'aventure se souviennent sans doute très bien de leur noël 99, passé en compagnie de la charmante April Ryan, héroïne malgré elle du formidable The Longest Journey. Cinq ans plus tard, les petits gars de Funcom remettent le couvert avec Dreamfall, toujours sous titré The Longest Journey, qui vous proposera de plonger à nouveau dans l'aventure vous trainant encore une fois aux quatres coins de plusieurs mondes étranges et inquiêtants... Mais ça on en sait encore rien, car soyons francs, les informations concernant le jeux sont assez rares et mise à part de jolies séries de screens de temps en temps, pas grand chose pour rasasier un joueur affamé. Qu'à cela ne tienne ! Nous voilà partis tout droit chez Micro Application pour récolter plus de détails.

Casa a bien changé

Le développement le plus long

L'effet de surprise passé, on se demande bien évidemment comment UbiSoft, qui avait distribué le premier opus, n'a pas réussi (ou souhaité) conserver cette licence pourtant "Bankable". Quelles qu'en soient les raisons, on réalise vite que Dreamfall lie fortement son développeur et son éditeur. Pour le premier, de taille modeste, il est la chance de réitérer le succès rencontré avec le premier opus. Pour le second, il est l'occasion de confirmer une vraie crédibilité naissante dans le monde du jeu vidéo. Et c'est comme ça qu'on apprend que Dreamfall a en fait commencé à voir le jour dès la sortie de The Longest Journey. Il aura donc fallu presque 6 ans à Funcom pour concrétiser son projet aux allures de production Hollywoodienne.

Belle aux bois comatant

Jeu cinématographique ?

Car le titre semble avoir été conçu plus comme un film que comme un jeu vidéo. Tout le laisse penser : Le scénario centralise réellement l'action, les personnages s'offrent une dose de réalisme assez étonnante, et même l'ambiance sonore a été pensée en grand. Ce qui fait qu'alors que les premières images du jeux défilent sous vos yeux, vous exposant la triste situation de la charmante Zoë, vous en oubliez presque que dans quelques instants ce sera à vous de vous glisser dans sa peau... Car la cinématique d'ouverture vous débarque au beau milieu d'une chambre d'hôpital, celle de Zoë justement, plongée dans un profond coma. Celle-ci s'adresse directement au joueur, comme si celui-ci était son seul recours, son seul contact avec le "monde réel". Etrange. Très vite vous comprenez que vous allez devoir revivre les derniers instants de conscience de la jeune femme, mais dans quel but puisque la fin semble déjà écrite ?

Arrête de passer ton temps devant la télé enfin !

Un futur anticipé

Vous voilà donc quelques jours auparavant, couchée sur votre lit, regardant la télé en sous vêtements... Zoë, bien sûr, pas vous. Je ne me permettrais pas. Nous sommes à Casablanca, dans une époque que l'on situe à quelques décennies de la nôtre. Le monde est moderne et technologique, tout en étant très vraisemblable. Dans ce futur d'anticipation, l'Afrique est devenue le centre technologique mondial, ne laissant aux autres nations que les miettes du gâteau. Pour en revenir à notre héroïne, sa vie est quelque peu chaotique : après avoir lâché ses études et son petit ami, elle est revenue vivre chez son père et passe son temps à se gaver de pizzas et de vin rouge... La belle vie en somme. Un appel de son ex sur son portable va vite mettre cette jolie routine en péril. Les quelques minutes de jeux présentées sont en fait prétexte d'une part à nous donner une idée du potentiel du jeu, et d'autre part à nous familiariser avec le personnage que vous incarnerez pendant une bonne partie de l'aventure. Mais pas toute l'aventure. Car à l'instar du premier opus vous voyagerez entre trois mondes très différents : celui de Zoê, ou règne technologie et confort, celui d'April Ryan, un monde de magie et d'illusions, et enfin celui de Kian, fanatique religieux et assassin, vivant dans un desert de glace lugubre. Ces trois personnages seront donc jouables à un moment donné du jeu, et, on le devine, destinés à se rencontrer.

Pas peur des mateurs...

Peut (encore) mieux faire

En ce qui concerne le potentiel de Dreamfall, on est assez agréablement surpris par la version preview présentée. D'abord parce qu'elle confirme que la plupart des screens diffusés auparavant sont effectivement in-game, mais aussi parce que même si encore assez buggée, elle est déjà bien avancée pour un jeu qui ne devrait sortir qu'à la fin de l'année. Le gameplay semble simplifié au possible, au point qu'on craint que l'utilisation du pad ne soit privilégiée. Bien sûr on oublie le système du point and click qui a fait les heures de gloire du jeu d'aventure pour une prise en main plus actuelle, avec une vue à la troisième personne classique. Par contre, le système de caméra étonne rapidement. Celle-ci n'est en effet pas libre mais entièrement scriptée, sans doute pour donner à l'ensemble une atmosphère encore une fois plus "cinématographique". Ce parti pris ne laisse pas de place à l'erreur, rien de plus agaçant qu'un bug de caméra imprévu qui empêche de progresser.

Fallait pas critiquer sa coiffure

De la simplicité à l'efficacité

Même si, on l'avoue, on reste quelque peu sur notre faim au bout de la (trop) courte preview, on a le temps de remarquer quelques points intéressants du titre. Au niveau de la jouabilité, on note l'arrivée d'un système inédit qu'on risque de voir se généraliser, le Focus Field. Il matérialise une ligne de regard sous forme de trait lumineux et vous permet de scanner facilement une pièce en jetant un simple coup d’oeil. Les objets semblant intéressants sont alors entourés d'une aura bleu, et plus vous en serez proche, plus nombreuses seront les informations disponibles. Logique. Le jeu intègre aussi des fonctionnalités similaires à celles d'un RPG, sans aller aussi loin. Par exemple , vous aurez le choix d'aller vous entraîner, d'apprendre tous les rudiments du self defense et, ainsi, d'adopter une attitude plus belliqueuse dans le jeu, puisque vous aurez les moyens de vous défendre. Mais cette attitude risque, par la même occasion, de répandre méfiance autour de vous, ce qui n'est pas forcément un avantage.

Sors! t'as plus le temps!

Quand ? Quoi ? Où ? Mais ?

En bref, Dreamfall sent bon le jeu frais, mais faute de plus de matière on ne peut que se remettre en mode "stand-by" et continuer d'admirer les screens et artworks qui décidément le font bien. Reste un sentiment particulier, une sensation bizarre d'avoir affaire à un jeu dont le positionnement n'est pas très clair. Le mélange des mondes, les énigmes ultra réalistes (vous devrez jouer les hackers comme pour de vrai) mais alternées de magie, la présence forte d'une dimension cinématographique (une scène toute droite tirée de Ring marque le début du jeu et il aura fallu 3 ans de casting pour trouver la voix de l'héroïne), tout ça fait que Dreamfall reste encore très indéfini, et finalement plus on en apprend, moins on en sait... Donc on continue de rêver.