The Legend of Zelda : Breath of the Wild

27 juin 2016
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  • Éditeur Nintendo
  • Développeur Nintendo
  • Sortie initiale 3 mars 2017
  • Genres Action, Aventure, Rôle

Un nouveau souffle pour Link ?

De tous les jeux présentés durant l'E3 2016, The Legend of Zelda : Breath of the Wild est peut-être celui qui a suscité le plus d'engouement. Il faut dire que, pour une fois, Nintendo semble avoir mis le paquet pour faire évoluer sa série. Après avoir pu découvrir le jeu à Paris, il est temps de se poser dans l'herbe fraîche et de faire le point.

Vous êtes arrivé à destination

Tout d'abord, sachez que la démonstration était scindée en deux parties. L'une nous laissait librement découvrir le jeu, sans objectif défini, tandis que l'autre correspondait au début de l'aventure, alors que Link s'éveille et découvre le monde qui s'ouvre à lui. Cette partie avait surtout pour but de montrer comment se déroulera - probablement - la progression dans Breath of the Wild. Ici, rien de très original : la fée nous indiquait des destinations que nous pouvions marquer sur notre carte, afin de placer des repères comme dans GTA (pour ne citer que lui).


Gamatomic
- Epona sera bien sûr de retour. -


Toutefois, le titre semblait faire fi du passé et de certains motifs de la série : au lieu de partir d'un village et de devoir suivre un didacticiel, nous nous sommes rapidement retrouvés livrés à nous-mêmes. Pourtant, durant cette session d'essai en tout cas, le jeu ne nous a pas présenté un monde réellement hostile. En comparaison à d'autres titres (le Xenoblade Chronicles X de Monolith, studio qui a justement prêté main forte sur ce Zelda), nous n'avons jamais été trop pris de panique en découvrant le monde qui s'offrait à nous.

La version testée devait un peu dater : pas ultra belle (l'écran n'aidait pas), quelques ralentissements étaient aussi présents ici et là.

De quoi en faire une montagne

Cela dit, Breath of the Wild est tout de même parvenu à éveiller notre curiosité grâce à quelques moments de bravoure plutôt bien sentis. Si le fait de pouvoir chasser des animaux et de faire cuir de la viande en passant près d'un feu de camp nous a un peu laissé sur notre faim, d'autres idées se sont révélées plus alléchantes. C'est le cas, par exemple, de l'escalade et de la gestion de notre jauge d'endurance. Link peut grimper n'importe où, à condition d'avoir assez d'énergie. Dans ces moments, le titre montre toute l'expérience apportée par Monolith, tant le ressenti ressemble à celui procuré par Xenoblade Chronicles X lorsque vous grimpiez de façon chaotique certains reliefs.

Gamatomic
- Vous croiserez souvent ces gobelins, ennemis de base du jeu, utiles pour vous faire la main. -


On se surprend donc à imaginer le potentiel du jeu, une fois que le joueur sera capable d'améliorer ses capacités et ainsi de suite. Seul bémol : le genre même de Breath of the Wild. Bien qu'incorporant une part de jeu de rôle (l'équipement améliore les caractéristiques et s'use), impossible pour l'heure de savoir si l'expérience comportera assez de carottes pour pousser le joueur à explorer le monde plus qu'il ne faut. Mais, sur ce plan, difficile de ne pas faire confiance au savoir faire de Nintendo pour y parvenir.

Attention à votre énergie : si vous tombez, vous mourrez. En tout cas, voici l'aspect du jeu qui nous a emballé (avec le Golem).

Un coup de chaud

Un autre moment réussi était plus spécifique. Approchant d'herbes sèches et d'un camp adverse, l'envie nous a pris d'embraser la zone à l'aide d'une branche enflammée par un feu de camp. Un peu présomptueux, nous nous sommes retrouvés pris à notre propre piège, étant alors obligé de nous réfugier en grimpant sur un rocher. De leur côté, les gobelins ennemis n'avaient pas tous péris, certains attrapant même une arme enflammée au cas où l'occasion de nous encercler avec le feu arriverait.

Gamatomic
- L'arc de Link vous réserve d'étonnantes améliorations. -


Un passage plutôt réussi, et qui tranchait avec le classicisme apparent d'autres moments (la possibilité, par exemple, de marquer les ennemis comme dans Far Cry, se révélant au final être très anecdotique durant cette session d'essai). Toutefois gardons en tête que le passage en question semblait balisé, signifiant au joueur que la logique même était d'embraser les lieux. Rien de bien méchant, mais nous nous doutons que tous les joueurs présents lors de la démonstration ont procédé strictement de la même manière. À voir si le jeu final conservera ce genre d'évidences.

Les feux de camp permettaient de changer directement l'heure de la journée en se reposant. Notez qu'il était possible de tuer furtivement les ennemis.

L'aventure à travers l'épique

Enfin, une séquence a particulièrement suscité notre enthousiasme. Alors que nous flânions en parcourant les terres d'Hyrule, un rocher s'est mis à prendre vie sous nos yeux, se transformant petit à petit en golem de taille conséquente. L'animateur présent lors de la session nous a invité à fuir compte tenu du maigre équipement en notre possession. Nous avons commencé par suivre son conseil avant de nous retourner pour observer le monstre. Nous avons alors eu envie de titiller le jeu, notamment en envoyant sur le golem les bombes bien connues des habitués de la série. À notre grande surprise, cela semblait avoir un impact sur lui (sans que sa vie ne diminue). Nous avons alors recommencé le processus avant de nous approcher, nous rendant compte que nous pouvions grimper sur le monstre pour accéder à son point faible. Tandis que nous lui donnions des coups, sa vie descendait mais assez faiblement.

Gamatomic
- Voici un ennemi coriace devant lequel vous ne ferez pas le poids, du moins au début du jeu. -


Nous n'avons pas eu l'occasion de voir les dégâts que le monstre faisait sur Link - la démo a pris fin au même instant - mais lors de cet affrontement, le titre avait un petit air de Shadow of the Colossus. Plus précisément, bien que nous ne fûmes pas en possession du bon équipement, nous pouvons imaginer qu'un joueur aguerri puisse "tenter le coup" et s'engager dans un combat assez épique. Pour le coup, Breath of the Wild nous a donné un goût d'aventure que nous n'avions pas ressenti depuis quelques temps.

Nous avons aussi pu chasser, faire cuire des aliments, grimper partout, couper des arbres pour faire des ponts ou récupérer des fagots, etc.

Un Zelda qui pourrait manquer de coffre ?

Finalement, la seule interrogation qui subsistait à la fin de cette présentation résidait dans la justification de cet environnement ouvert et de l'intégration de certaines mécaniques. Si le pari ludique est d'ores et déjà réussi, cet épisode semblait encore manquer de coffre pour réellement donner l'impression d'incarner un aventurier livré à lui-même. Le combat avec le golem nous a néanmoins rassuré en montrant un côté aventure engageant (un peu comme le marin solitaire de The Wind Waker en son temps, dans un autre genre).

En dehors de cela, Nintendo reste Nintendo et semble toujours privilégier le ludisme à toute forme de discours trop prononcé. Ici, pas de réflexion philosophique comme dans Journey (pour ne prendre qu'un exemple). Les fans apprécieront, mais d'autres joueurs pourraient au final voir en Breath of the Wild un côté "suiveur" - sur le plan ludique - surprenant pour la firme japonaise. Reste à savoir ce qu'il en sera avec la version finale, prévue pour mars 2017.