De l’autre coté du miroir avec Alice

28 juil. 2010

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Avec la sortie du film de Tim Burton en mars dernier, on pouvait s’attendre à une exploitation importante du monde de Lewis Carroll[/b]. Mais si c’est souvent le premier volume des aventures d’Alice qui est mis en avant, le second volume, "De l’autre coté du miroir", semble presque ignoré. C’est donc avec un grand plaisir que j’ai pris en main cette adaptation publiée chez Soleil.

Mais au moment d’ouvrir le livre voilà que le doute m’assaille… Me serais-je trompé de volume ? En effet, les cartes et les animaux sur la couverture m’évoquent plutôt Alice au Pays des Merveilles. Cela pourrait correspondre à une volonté de Soleil de mettre en avant des éléments connus de l’univers d’Alice, repères immédiats pour le grand public. Mais ce choix pourrait être à l’origine d’un malentendu avec le futur lecteur, d’autant plus que le 2/2 n’apparaît que de façon très discrète auprès du titre.

Par la suite, tout au long des 78 pages du récit, Leah Moore et son compagnon Reppion, et Erica Awano, nous livrent une adaptation très fidèle au roman original de Lewis Carroll. C’est là que résident à la fois la force et le défaut de cette version de De l’autre coté du miroir.

Les dialogues sont souvent repris tels quels du livre, on retrouve tous les épisodes de l’aventure d’Alice, ainsi que tous les poèmes déclamés par les différents personnages. L’adaptation française est de bonne qualité malgré un texte original complexe et bourré de jeux de mots. Coté dessin, on sent bien le souhait de coller au mieux aux illustrations d’époque de Tenniel. En cela ils ont donc parfaitement rempli leur objectif : rester le plus proche possible de la version originelle de Carroll.

Mais à trop vouloir respecter l’œuvre, voilà que l’ennui nous guette. En effet, les auteurs ne se sont au final pas du tout appropriée l’univers du Pays des Merveilles et cette adaptation reste donc une simple mise en image du roman. Mais celle-ci n’aide même pas à la compréhension du texte , voire même la complique. En effet, au cours de cette aventure nous suivons Alice dans son rêve qui se déroule exactement comme lorsque vous rêvez chez vous le soir dans votre lit : les choses, les personnes et les situations changent de façon absurdes et anarchiques. Ici, le dessins et le découpage scénaristique ne peuvent rivaliser avec la subtilité du texte de Carroll pour retranscrire l’atmosphère étrange propre aux rêves. Cela est particulièrement flagrant sur les changement de tableau : là ou les transitions se font de façon fluide et continue chez Carroll, sans même que le lecteur s’en rende compte, dans ce comic, les transitions paraissent abruptes, sans connexion et rendent le tout difficile à suivre. De même, le style du dessin, net, lisse, apparaît peu adapté au propos du livre. Aucune atmosphère particulière ne s’en dégage lorsqu’on parcourt les pages, et le coté onirique de l’œuvre est complètement masqué, ne restant que l’absurde.

En conclusion, cette adaptation est particulièrement fidèle à l’œuvre de Lewis Carroll au détriment de la compréhension global du propos et n’a pas su transmettre l’univers onirique qui se dégageait du texte original.

Alice au Pays des Merveilles - De l’autre côté miroir est disponible sur internet (FNAC) et en magasins spécialisés aux alentours de 13 €.