The Warriors : la partie va commencer...

30 nov. 2005
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En résumé, nous sommes face à un jeu de qualité, mais plus encore. Que l'on aime ou pas la palette graphique sombre et crasseuse, rendant correctementl'univers des ghetto à l'époque d'Arnold & Willy, on ne pourra que s'ébahir devant le travail accompli. En effet, non content d'avoir pris un moteur dont on connaît déjà les capacités pour l'adapter à un style de jeu détonnant dont on avait presque oublié l'existence, Rockstar nous fait profiter de son expérience en ajoutant une pléthore de missions diversifiées, un système de combo intuitif et une atmosphère prenante. La possibilité de vivre l'aventure en mode coopératif, dont le système d'écran splitté à la verticale déroute un peu avant de le trouver pratique, et un mode baston qui porte bien son nom en ajoutent encore à l'intérêt de ce jeu. Néanmoins, malgré toutes ces bonnes idées et cette réalisation presque sans faute, il faut bien avouer que le titre perd de son intérêt une fois le générique de fin passé à cause d'une absence de véritable fond. Certes on parcourra les quelques niveaux du petit jeu débloqué une fois le jeu fini, un véritable hommage à Double Dragon. Ce n'est pas le hit de fin d'année qui ralliera tout le monde à sa cause, mais The Warriors est une excellente adaptation de licence, comme on aimerait en voir plus souvent. Il vous ramène des années en arrière, fait vivre une aventure comme on lit un bon bouquin. Il donne du fun, et c'est bien tout ce qui compte.

"Warriors, la partie commence". Tous ceux qui ont vu ce film de 1980 se souviennent de ce gimmick bizarre. Accusée à tort d'avoir abattu le chef des chefs, la bande des Warriors doit traverser par tous les moyens New York pour se réfugier dans leur QG. Sur leur chemin ils rencontreront d'autres guerriers de la nuit et devront les éliminer un à un. Rockstar, qui nous a habitué à des titres de qualité basés sur des concepts novateurs étonne en sortant un beat'em all à l'ancienne tiré d'un film pas franchement à succès et qui commence à dater. Ont ils su y apporter la Rockstar touch' ou sont-ils simplement tombés eux aussi dans la facilité ?

On augmente sa réputation en marquant son territoire... en taggant son nom

Mais que fait la police ?

En ces temps troubles où les voitures s'enflamment facilement, il est toujours difficile de parler d'un jeu mettant en scène des bandes de Djeun'Z qui se battent essentiellement pour leur territoire. Force est de constater que ces évènements secouaient les USA 25 ans avant nous : au sortir de la période Hippie, les biens pensants voulaient reprendre du terrain et imposer leur vision biblique du monde mais les 18-25 ans de l'époque ne voulaient plus des idées de leurs aînés et se créèrent un underground où la violence était le mode de vie. Ainsi, en bande, ils s'appropriaient des quartiers entiers et y faisaient règner leur loi. Rockstar relève le défi de nous faire revivre le quotidien de la bande de The Warriors, assurant à chacun que plus que la violence de l'oeuvre cinématographique, c'est l'intérêt vidéoludique qui motiva le choix de regarder en arrière, nous assurant justement un certain recul sur ce film classé X lors de sa sortie pour son caractère incitatif.

Des fois, courir est la seule bonne option

Sappé comme un gay à San-Francisco

Après une cinématique qui reflète totalement l'ambiance du film, aussi bien dans la restitution des lieux que la dégaine des acteurs, il faudra choisir entre le mode histoire et le mode baston. Le premier de ces modes permettra de revivre le quotidien des Warriors et ce 6 mois avant la date de la réunion des gangs, c'est-à-dire lorsque Rembrandt, taggeur pas forcément bastonneur, voulut entrer dans la bande. C'est sous ce prétexte que l'on subira un bref tutorial mais néanmoins complet qui en peu de temps laisse apercevoir toutes les possibilités de coups mises à notre disposition. Et il y a de quoi faire ! Droite, gauche, coup de genoux, tabassage en règle au sol, prises de force, sans compter le fait de pouvoir ramasser les briques et autres objets traînant au sol. N'oublions pas les projections qui permettent de fracasser violemment la tête des adversaires contre les vitrines, indispensable pour le bastonneur de rue moyen. Le système de combat facilite la mise en oeuvre de combos très efficaces, et quelle que soit votre position vous pourrez vous débattre et taper de tous les côtés. C'est à dire que même la tête bloquée vous pourrez donner un coup de pied à la (roulement de tambour) Traget Renegade, exactement le même coup, mais cette fois sans le couinement stridant qui sortait du haut parleur. Les possibilités déjà nombreuses en début de partie ne cessent de s'accroître, et mélangées aux innombrables situations, elles donnent cet intérêt supplémentaire qui fait que l'on accroche sur ce Double Dragon des temps modernes.

Un manque de discrétion conduit souvent à de longues discussions

Dur dur d'être membre de gang

C'est que ce n'est pas facile d'être un Warrior ! Il faut tout le temps défendre le territoire face aux autres gangs qui viennent mettre la zone chez vous, terroriser vos clochards, piller vos boutiques... Histoire de ne pas être trop ridicule, on pourra faire un peu de sport pour rendre plus efficaces et endurants les membres du groupe, avec au menu sac de frappe, abdos, fessiers et pompes. De nombreuses missions annexes sont disponibles en plus du fil conducteur de l'histoire principale, qui est au passage très fortement enrichie par rapport au film. Cela crée un tissu en parallèle qui non content d'en rajouter à la durée de vie donne une dimension aux personnages. Les objectifs variés – tagger les murs, observer, fuir la police, etc. - brisent la monotonie, relançant sans cesse l'intérêt de ce jeu aux mille facettes. L'argent étant nécessaire pour s'équiper ou s'acheter des remontants, on le dénichera partout où il se trouve : en volant les autoradios, en braquant les commerces de proximité ou tout simplement en dépouillant les passants. Le principe est simple mais pas de tout repos.

Une source de revenus comme une autre

Les Warriors à San Andreas

Bénéficiant d'un moteur de la trempe d'un GTA amélioré le jeu est visuellement très agréable. Les effets graphiques ne sont pas de mises mais l'ensemble est soutenu, ne laissant pas de vide dans le paysage. Les textures sont bien choisies et l'on reconnaîtra presque d'un coup d'oeil à qui appartient le territoire que l'on traverse. L'ambiance des ghetto seventies est bien rendue, les rues sont toujours en activité, les trottoirs sont agités et l'on ne croise pas souvent deux fois la même personne, ce qui montre un réel travail des scripts. Le contraire aurait été impardonnable étant donné l'expérience dont bénéficie Rockstar dans le domaine. Seule ombre au tableau : les personnages sont un peu grossiers et les jeux de caméras sont souvent douteux, ce qui énerve lorsque c'est la bagarre générale à l'écran et que l'on perd son chef. On est donc obligé de composer avec et replacer son personnage pour bénéficier d'une vue correcte. La bande son, subtil mélange de disco, hip hop naissant et variétés d'époque ajoute à l'immersion déjà féroce. Ajoutons à cela des doublages impeccables et des effets sonores de qualité.
Les Plus
  • Ambiance du film reconstituée, mais en mieux
  • Panoplie de coups complète
  • Double Dragon like
  • Nombreuses missions variées
Les Moins
  • On prend de la drogue pour aller mieux
  • Certaines missions s'enchainent assez mal, ce qui peut couper le rythme
  • Les personnages sont assez grossiers
  • L'intérêt faiblit une fois le jeu fini
  • La violence présente peut déranger