UEFA Champion's League 1999/2000

18 mai 2000
Testé par
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Malgré une licence prometteuse et prestigieuse, Eidos et Silicon Dreams n’ont malheureusement réalisé qu’un produit de qualité médiocre, émaillé de nombreux défauts et imperfections. Un moteur graphique trop lourd pour la majorité des configurations et donnant un résultat peu probant, une ergonomie de navigation à travers les menus inexistante ou encore – et surtout – l’absence de mode multijoueur qui va très certainement beaucoup nuire à la popularité du jeu, étant donné l’intérêt du développement croissant de jeux supportant les connexions réseau de tout type. On retrouve heureusement un mode de jeu assez original (les matchs historiques) ainsi qu'une bonne maîtrise de l’environnement de la Champions League, mais cela ne permettra sans doute pas à UEFA Champions League 1999/2000 de relever la tête et de pouvoir ébranler la suprématie de la série des FIFA d’EA Sports.

Après une année d’attente, Silicon Dreams revient avec la nouvelle mouture de son dernier jeu de football. Equipés de la licence officielle de l'UEFA, Eidos espère bien frapper fort afin d’attirer les fans en tout genre de ballons ronds. Le pari était surtout de proposer une alternative à l’indétrônable série des FIFA d’EA Sports mais, malgré un produit prometteur sur le papier, on se retrouve avec un jeu souffrant de nombreux défauts...

Vous devez certainement connaître la Champions League, compétition européenne la plus prestigieuse regroupant les plus grands clubs dans le seul but de gagner le trophée. Silicon Dreams nous offre ici l’intégrale des équipes ayant participé à cette compétition lors de la saison 1999-2000, en allant du SK Maribor au Real Madrid en passant par les Girondins de Bordeaux ou le Bayern de Munich. Le projet ressemble beaucoup à l’expérience d'Electronic Arts dans le domaine du football, qui avait mené à la sortie d'une mouture spéciale "Coupe du monde" de FIFA 98 il y a deux ans. Outre les équipes présentes cette année dans la ligue, de nombreuses autres sont disponibles pour votre plus grand plaisir parmi les anciens champions d’Europe ou finalistes de la compétition: on retrouve alors l’OM ainsi que le Milan AC - pour la mythique finale de 1993 qui consacra l'OM, mais aussi l’AS Saint-Étienne et son équipe de légende avec Jean-Mimi.
 

Tout à fait Thierry, tout à fait…

Le jeu vous propose évidemment plusieurs modes. Le premier, classique, consiste en un simple match amical entre deux des 120 équipes – avec les vrais joueurs -- que comporte le jeu au total. Le deuxième est tout simplement une participation à la compétition cuvée 2000 de la Champions League, en vous mettant aux commandes d’une ou de plusieurs équipes afin de la mener à la victoire. Un troisième mode vous permet de créer vous-même un championnat ou une coupe avec votre propre sélection. Dans le mode "entraînement", vous pourrez vous familiariser avec les contrôles et à tous les coups possibles et imaginables d’un footballeur, du retourné acrobatique à la roulette. Enfin, un dernier mode est disponible, vous proposant de jouer toutes les finales de la compétition depuis sa création en 1960 jusqu’à nos jours.
 

Le mode scénario.

L’originalité de ce mode consiste à ne pas simplement vous faire jouer les matchs mais des missions qui vous sont attribuées dans le but de remplir un scénario, présenté au début de chaque match et de difficulté variable, allant du simple «gagner une séance de tirs» au «marquer trois buts en deux minutes de temps», la difficulté étant notée par un nombre d’étoiles croissant. La première chose que l’on remarque, après avoir installé le logiciel avec une extrême simplicité, est le manque total de gestion du jeu à la souris. En effet, point de curseur ou de viseur, mais des icônes en bas de chaque menu jouant le rôle de mode d’emploi pour vous permettre de vous retrouver dans vos touches de clavier afin de naviguer dans les différents écrans. Plutôt déconcertant au début, on s’y habitue assez rapidement avec tout de même un regret amer et un regard noir envers les développeurs, dont le choix est plus que discutable.
 

Où qu’il est le mulot?

Le nombre d’options est assez modéré, mais vous pourrez changer la résolution ou encore les caméras utilisées au cours du jeu à volonté sans avoir à le relancer. Une compilation de vos statistiques de matchs est aussi à votre disposition, ce qui peut être intéressant dans le but de juger votre évolution et votre capacité à manier vos joueurs. Hormis les autres options habituelles de la foule d'autres jeux de ce type – niveau de l’arbitre, horaire des matches, conditions climatiques ou menu de gestion des équipes – on retrouve celle qui fait encore aujourd’hui défaut à FIFA et qui reste très rare: la customisation des boutons de jeu! En effet, il vous est possible dans UEFA Champions League de modifier l’affectation des touches afin de vous faciliter la vie sans avoir à trop vous remuer les méninges et à vous prendre la tête avec le bouton mal placé qui fausse tout et vous fait tirer à côté.
 

Les joueurs entrent sur le terrain.

Ca y est, c’est parti, les options réglées, vous vous lancez dans le grand bain, prêt à broyer de l’homme viril en short. Premier constat, ce n’est pas super beau, même en 32 bits avec tous les détails à fond: les personnages sont assez carrés – ou alors ils sont tous super baraqués – et surtout, ça rame beaucoup même en 640*480*32 bits sur un P2-400 avec TNT et 128 Mo de RAM. De plus le ballon paraît énorme comparé à la tête et aux pieds des joueurs, et on a parfois l’impression de jouer avec une baudruche. L’animation des personnages quant à elle est plutôt bien rendue et les mouvements sont plutôt variés, surtout concernant les scènes de liesse de votre équipe après avoir marqué un but, ou mieux: après avoir gagné le trophée, vous pourrez voir vos joueurs faire la chenille, sauter en cercle ou encore danser sur place. Vos matches peuvent se dérouler dans de nombreux stades européens, tous plus ou moins bien reproduits et rendus en fonction du niveau de détails choisi, mais sans pour autant atteindre un réalisme et une diversité flagrants, surtout concernant les spectateurs qui ne restent qu’une texture bitmap (mal) animée avec de temps à autre un flash d’appareil photo apparaissant brièvement dans le public lors de l’un de vos exploits.
 

Le son.

Côté ambiance sonore, nous retrouvons les commentaires habituels des jeux de foot, avec tout de même un espoir dans ce domaine puisqu’ils sont moins catastrophiques que ceux de nos amis David Ginola et Thierry Gilardi. Les phrases sont nombreuses et variées, et des analyses de match de Roger Zabel viennent compléter vos performances sans toutefois être transcendantes. Les effets sonores sont communs à tous les jeux de foot et on retrouve les habituels cris et chants de vos supporters les plus fidèles. Un point noir concernant la musique, qui vous donne plutôt envie de dormir que de jouer, surtout celle du menu qui est plutôt mauvaise et qui n’a vraiment rien à voir avec le thème musical de FIFA 99 qui est devenu presque culte.
 

Et c’est le but!

La prise en main des joueurs est aisée, surtout après avoir reconfiguré les touches, et ils répondent bien aux ordres donnés malgré parfois un léger retard dans l’action. Le nombre de mouvements complexes que vous pouvez réaliser est assez conséquent – environ une quinzaine – mais il vous faudra un certain entraînement avant de maîtriser les coups de pieds arrêtés, et les techniques de passes avancées afin de réaliser des combinaisons plus efficaces les unes que les autres dans le but de marquer. Malheureusement, on se rend bien vite compte que vos joueurs ont tout autant de plomb dans la tête que d’escalopes dans les chaussures, et il vous arrivera bien souvent de pester, non pas envers le gardien qui en plus d’être bon est contrôlable dans ses sorties, mais contre la défense qui doit certainement avoir des actions à la buvette pour y passer autant de temps pendant les matchs. En outre, les joueurs les plus proches du ballon ne sont pas forcément ceux qui sont sélectionnés, et il vous arrivera de faire courir un attaquant à l’autre bout du terrain plutôt que le libero de service.
 

Revoyons l’action au ralenti Jean-Michel.

Une des plus grandes réussites du jeu est sans conteste le mode de ralentis. En plus des positionnements habituels de la caméra – télévision, but adverse ou hélicoptère – Silicon Dreams a pensé à quelques options originales pour vous permettre de visionner vos chefs-d’œuvre sous le meilleur angle possible. Effectivement, une dizaine de placements fixes de la caméra sont possibles, avec leurs équivalents dans l’angle opposé mais il vous est surtout possible de placer une caméra dynamique sur le terrain et de la faire se déplacer en vol libre avec possibilité de zoomer à volonté. Vous pourrez ainsi suivre un joueur tout au long de l’action, et même vous placer en vue subjective de ce joueur ou de l’arbitre. Malheureusement – et en espérant que ceci sera réparé dans un futur patch – il est impossible de les sauvegarder et de les exporter pour les montrer à vos meilleurs amis et vous vanter du retourné acrobatique au milieu de terrain que vous veniez de faire, ce malgré l’existence d’un répertoire "Replays", alors qu’une telle option avait suscité un enthousiasme considérable dans la communauté des joueurs de la série des FIFA.
 

Multijoueur où es-tu?

Autant vous le dire tout de suite, il est quasi-inexistant et se trouve limité au jeu à plusieurs sur un seul ordinateur. Pas de jeu en réseau donc par quelque protocole que ce soit et à moins de ramener des amis chez vous – de 1 à 3 à la fois par match et par équipe – préparez-vous à passer vos soirées de jeu tout seul devant votre écran. En effet, la seule possibilité de jouer à plusieurs et de brancher des périphériques externes – Joystick/pad car un seul joueur peut utiliser le clavier à la fois – et de les configurer pour le jeu. Cette absence va certainement nuire à l’expansion du jeu à travers Internet; les communautés de joueurs vont alors être bien rares, alors que rien qu’avec le mode très limité du multijoueur à FIFA (puisqu’il ne comporte que IPX et connexion série), le jeu planétaire s’est vite développé.
Les Plus
  • Les ralentis
  • Le mode "historique"
  • Les mouvements réalistes
Les Moins
  • L’absence de multijoueur réel
  • La configuration requise
  • La musique