Uncharted : The Nathan Drake Collection

10 nov. 2015
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3

Toujours aussi costaud

Les années passent et, contrairement à nous, Nathan Drake ne prend pas une ride. Au contraire, avec cette trilogie liftée, il prouve qu'il peut traverser les époques tout en restant aussi fun à suivre, voire parfois même bluffant par ses moments de bravoures hollywoodiens. Avec Uncharted : The Nathan Drake Collection, les nouveaux venus comme les aficionados peuvent s'offrir des aventures toujours aussi efficaces, même si cette compilation aurait gagné à mieux bichonner les fans de la première heure en leur offrant quelques bonus tel qu'un making-of par exemple. En tous cas, elle trace une voie royale au quatrième - et dernier - épisode de la saga. Gageons que c'était d'ailleurs son objectif premier...

Les fans de la première heure, les nouveaux joueurs, ou même les pigeons, difficile de vraiment savoir à qui s'adressent les remastering, ces fameuses compilations de jeux à succès remis aux goûts graphiques du jour. Une fois n'est pas coutume, avec Uncharted : The Nathan Drake Collection, Sony met tout le monde d'accord : cette impeccable trilogie se destine à tous les joueurs. Sans exception aucune.

L'histoire

Comme son nom l'indique, Uncharted : The Nathan Drake Collection propose trois jeux sur une seule galette, soit trois aventures épiques autour du monde, dans des endroits forcément anciens, exotiques et dangereux. Parce que oui, si vous ne le savez pas encore, Nathan Drake, le héros de cette licence, est un aventurier, avec juste ce qu'il faut de badasserie pour faire passer Indiana Jones pour un dinosaure du jurassique.

Au menu, nous avons donc en guise d'entrée la sempiternelle quête de l'El Dorado avec Drake's Fortune - le premier volet -, en plat de résistance une aventure avec un grand M comme Marco Polo (et ses nombreux trésors) avec Uncharted 2. Et, pour le dessert, nous parlerons plutôt de désert puisque Uncharted 3 vous plongera dans une ambiance très Lawrence d'Arabie, à la recherche d'une cité perdue située au beau milieu de la péninsule arabe.

C'est beau, c'est épique, c'est magique parfois, tous les détails du scénario sont extrêmement travaillés. Et même si la licence avait déjà placé la barre très haute avec son premier volet, elle gagne en puissance narrative sur chacune de ses suites, aussi bien au niveau de l'histoire que des dialogues. Bref, régalez-vous !

Le lifting est surtout visible sur le premier épisode de la saga.

Le principe

Côté gameplay, le principe est identique à celui d'un jeu d'action-aventure à la troisième personne. Exploration, escalade, natation, énigmes, baston et gunfight, tout y est, qui plus est transcendé par une mise en scène hollywoodienne impeccable. En jouant aux trois épisodes à la suite, vous constaterez d'ailleurs une certaine évolution, avec notamment un poil plus d'infiltration par exemple. Sur le plan technique, le premier volet, même s'il bénéficie de graphismes améliorés, souffre d'animations un peu vieillottes, surtout comparée aux deux autres. Nathan glisse parfois sur le sol plus qu'il ne le foule. Cela dit, cette impression de flottement s'évapore après quelques minutes, l'aventure rondement menée prenant rapidement l'ascendant.

Car effectivement, la force de cette série réside dans son rythme. Vous n'avez pas le temps de vous ennuyer et, accessoirement, de vraiment vous soucier des quelques défauts qui apparaissent parfois. Ainsi, ne soyez pas trop regardant sur le dirigisme général de l'aventure. Pas le temps de flâner, l'exploration des environnements reste finalement assez limitée, le level design s'assurant avec malice de votre progression vers le point qui déclenchera la prochaine cinématique. Concernant le level design justement, notez qu'il a la fâcheuse tendance à vous gâcher la surprise d'un gunfight à venir. En effet, si vous parcourez d'abord un niveau en toute sécurité mais dans lequel le décor offre de nombreux emplacements pour se mettre à couvert, vous pouvez parier qu'à votre retour, vous aurez droit à une bonne séance d'échange de balles.

Des clins d’œil dans le jeu, alors pourquoi pas dans les bonus de cette compilation ?

Pour qui ?

Uncharted : The Nathan Drake Collection s'adresse d'abord aux joueurs qui ne connaissent pas la série. Le plaisir de la découverte, qui plus est dans des conditions techniques optimales, peut - et doit - attirer n'importe quel adepte des jeux d'aventure/action bien ficelés. Pour les fans de la première heure, cette collection a probablement moins d'intérêt, surtout qu'elle ne contient aucun bonus (un making-of, pour une série aussi hollywoodienne, aurait été le bienvenu par exemple). Elle se paye même le luxe de balayer le mode multijoueur présent depuis le deuxième épisode. De l'aveu de Naughty Dog, il s'agit de se concentrer sur le développement du prochain Uncharted 4...

Le manoir Croft en feu ? Non, mais ça aurait pu...

L'anecdote

Hasard du calendrier, ce test a été effectué en parallèle avec celui de Rise of the Tomb Raider. Les deux séries partagent beaucoup de points communs, l'une s'étant largement inspirée de l'autre à ses débuts, et vice versa aujourd'hui. C'est assez amusant de comparer ce qui les relie, et ce qui les éloigne. Ainsi, si Lara a beaucoup emprunté à la castagne de Nathan, ce-dernier en a profité pour lui pomper sa matière grise et ses nombreuses énigmes. Reste tout de même la grosse différence, différence qui tend à se confirmer dans le dernier épisode des aventures de Lara Croft : Uncharted est une série plus légère, qui ne se prend pas au sérieux et qui manie le second degré avec un certain brio. Alors que, côté Croft, l'ambiance est nettement plus sombre, voire mature. La place laissée à l'humour apparaît ainsi beaucoup plus limitée. Mais après tout, pourquoi choisir entre pop-corn sucré et salé alors que les deux sont succulents ?
Les Plus
  • Encore plus pimpant techniquement
  • Un gameplay unifié terriblement efficace
  • L'aventure avec un grand A comme "À Hollywood"
  • L'affaire de l'année : trois excellents titres pour le prix d'un seul
Les Moins
  • Aucun bonus pour les fans
  • L'absence du mode multijoueur