NBA 2K16

26 oct. 2015
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4

Et si il révolutionnait le jeu de sport ?

Si NBA 2K16 est un épisode charnière, c'est surtout parce qu'il pose des bases importantes pour l'ensemble des jeux de sport. Qu'il s'agisse de son intelligence artificielle qui tente de s'adapter au joueur ou de son intention (hélas pas toujours concluante) de proposer un vrai mode scénarisé et mis en scène, le titre de Visual Concept n'ouvre pas simplement la voie aux jeux de basket, mais aussi à tout le genre sportif. C'est d'autant plus vrai que le jeu se place en "jeu de sport ultime", comme en témoigne la présence, une fois encore, des modes Mon Équipe et Mon MG, faisant respectivement penser à FIFA Ultimate Team et Football Manager (toutes proportions gardées). Un jeu qui ne manque pas d'ambition, et qui domine son secteur comme Michael Jordan dominait son sport en son temps. Tout est dit.

NBA 2K16 a été annoncé comme un épisode charnière pour la série de Visual Concept. Entre la participation du réalisateur Spike Lee et quelques belles promesses de gameplay, il y avait de quoi être enthousiaste. Verdict.

Ma Carrière

La communication entourant NBA 2K16 a été axée sur l'implication de Spike Lee dans le mode Ma Carrière. Celui-ci vous place toujours dans la peau d'un basketteur devant gravir les échelons. Si la collaboration avec le réalisateur américain était alléchante sur le papier, le résultat est un peu décevant, surtout au regard du manque d'ambition sur le plan graphique. En effet, vous vous rendrez vite compte que si la mise en scène est plus recherchée que d'ordinaire (les changements judicieux de valeurs de plan par exemple), la technique peine globalement à suivre. Comme toujours depuis l'arrivée de la série sur next-gen, les environnements du mode scénarisé sont peu détaillés et vides, surtout comparés aux stades magnifiquement modélisés. Chose bien plus problématique (mais du même acabit), le jeu pâtit d'un certain manque de jugeote. Alors que le scénario pose des symboles plutôt intéressants - le héros se surnomme Freq, prononcé "freak", à savoir "monstre" - certains détails ridicules viennent gâcher le semblant de travail d'écriture.

Par exemple, vous créez une fois de plus votre avatar, avec la possibilité de numériser votre visage. Si cela est en principe logique, un problème risible pointe vite le bout de son nez : pour peu que vous soyez blanc, arabe ou asiatique, vous vous rendrez rapidement compte que vous appartiendrez quoiqu'il arrive à une famille afro-américaine. Un point qui pourrait être crédible si une histoire d'adoption avait été de la partie (et encore... dans le ghetto de Harlem ?) mais il n'en est rien. Bien que cela ne soit pas fondamentalement gênant, cela nuit à l'immersion et à la crédibilité des scènes. Plus pragmatiquement, s'il est évident qu'il n'y a aucun caractère raciste là-dedans, cela témoigne avant tout d'une terrible maladresse : quelle polémique inutile aurait été soulevée si les rôles/couleurs avaient été inversés ?

Ce genre de détails est d'autant plus dommage que le reste du jeu brille toujours par son emballage. En plus de la modélisation exemplaire des terrains et des joueurs de la NBA, le titre propose une interface parfaitement optimisée, plus lisible que jamais, ainsi que des bonus de premier choix. Les différents making-of vous permettent par exemple d'observer le travail assez génial des acteurs (tous modélisés pour l'occasion) qui reste à coup sûr la très bonne surprise de cet épisode sur le plan narratif. Un mode Ma Carrière qui souffle donc le chaud et le froid, mais qui peine avant tout à se démarquer sensiblement de ses prédécesseurs. Étant donné le coût probable d'une collaboration avec un cinéaste de renom, difficile de ne pas penser que l'argent aurait gagné à être dépensé autre part, ou qu'un peu plus de moyens aurait pu sublimer des bases pourtant intéressantes.

Le scénario est centré sur la famille, l'amitié et le rêve américain. Les acteurs sont excellents.

Le principe

Passée cette déception liée à une promesse non-tenue - celle de réellement révolutionner le pan narratif du jeu - NBA 2K16 reste un épisode très convaincant dans le fond. Principale nouveauté de ce cru 2015 : la faculté de l'IA à s'adapter aux situations à mesure qu'un match avance. Contrairement aux autres jeux de sport, NBA 2K16 tente de révolutionner la dramaturgie du genre pour se rapprocher un peu plus de la réalité. Il n'est pas rare de voir une équipe adverse changer de style de jeu en plein match afin de contrecarrer votre progression parfaitement huilée. Le résultat est d'autant plus convaincant que la présence de temps-morts (jusqu'ici avant tout destinés au joueur et à son équipe) accentue le réalisme.

Tout cela participe évidemment à une dramaturgie des matchs exemplaires. NBA 2K16 reprend logiquement les bonnes idées de ses prédécesseurs, à commencer par l'implémentation du système d'influence sur le jeu de votre équipe. Le coach vous donne des instructions et le jeu vous fournit des détails concernant vos adversaires privilégiés. À la fin du match, vous êtes logiquement noté en fonction de vos performances sur le terrain. De ce fait, NBA 2K16 reste, cette année encore, le seul jeu de sport à fournir une expérience équivalente en fonction du poste joué, et c'est avec un plaisir non dissimulé que vous contrerez des ballons filant droits vers le panier.

Une fois de plus, le jeu prend en compte votre influence sur le terrain et vous note en fonction.

Le multi

Côté multijoueur, NBA 2K16 fait avant tout la part belle à la simplicité. Si le mode Mon Parc est toujours présent et vous laisse jouer avec des équipes réduites, en fonction du parc choisit et de son style de jeu, NBA 2K16 brille surtout par son interface qui donne accès à du multijoueur dans la plupart des modes de jeux. Par exemple, il est plus simple que jamais de faire une confrontation avec un autre joueur en 3 contre 3 dans le mode Mon Équipe, le jeu vous imposant alors de choisir une carte et vous assignant d'autres joueurs automatiquement. De même, des raccourcis sont une fois de plus présents dans les autres menus du jeu. Gros pan multijoueur de cet épisode, le mode PRO-AM 2K a pour inconvénient d'être assez instable au moment où nous écrivons ces lignes. Dommage car la promesse est plutôt belle : des matchs en 5 vs 5, avec la possibilité d'entièrement constituer une équipe (de son stade à son maillot). Reste à voir si les patchs à venir arrangeront la chose.

En plus des modes Mon Parc et Pro-AM, vous pouvez confronter les cartes de Mon Équipe en 3 vs 3.

Pour qui ?

Pour le coup, NBA 2K16 séduira autant les nouveaux venus que les fidèles de la série, qui auraient pu redouter un manque de nouveautés après deux épisodes Xbox One. En apportant des subtilités ou du contenu à chacun de ses modes de jeux, le titre est plutôt généreux. Évidemment, et comme c'est le cas depuis quelques années maintenant, NBA 2K16 reste également la référence en matière d'ambiance, loin devant les autres jeux de sports. De même, sa plastique resplendissante fait de lui un indispensable pour quiconque vient d'acheter une Xbox One ou une PlayStation 4, et désirerait voir ce que la console en question a dans le ventre.

Une jolie présentatrice anime une émission hebdomadaire vous dévoilant les coulisses du jeu.

L'anecdote

Comme précisé au début de ce test, le mode Ma Carrière vous permet de mener votre avatar vers les sommets de la NBA. Chose amusante : le personnage principal se surnomme Frequency, dont l'autre diminutif est Freq. En anglais, "freak" peut être assimilé à une "monstruosité". Il est amusant de voir que pour retranscrire mes kilos en trop sur le parquet, j'ai pris soin de faire de mon avatar un poids lourd démesurément grand. De plus, le bonhomme n'est pas spécialement beau, et l'acteur qui le joue lui donne un air un peu simplet grâce à un accent et des mimiques particuliers. Autrement dit, tous ces détails (parfois fortuits) apportent une certaine symbolique au nom du personnage, et cela renforce le fait qu'il semble être parti de rien pour vivre son rêve américain.
Les Plus
  • De vraies nouveautés et de vraies bases de travail
  • L'IA et sa faculté à s'adapter, une bonne idée qui risque de changer le paysage des jeux de sport
  • Des acteurs vraiment talentueux pour le mode Ma Carrière
  • De vraies intentions de mise en scène
  • Un contenu tout bonnement colossal
  • Le mode Mon Équipe, plus ludique que jamais
  • Un emballage façon MVP (graphismes et bande son)
  • Une ambiance encore plus incroyable que d'habitude
  • Le multi complet
  • La playlist, comme toujours
Les Moins
  • Une collaboration avec Spike Lee qui aurait mérité plus de moyens
  • Des maladresses dans le mode Ma Carrière
  • Des environnements et personnages secondaires toujours un cran en dessous graphiquement
  • Mode PRO-AM instable (un patch serait à venir)
  • Des temps de chargement un peu longuets