Act of Aggression

23 sept. 2015
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Le digne descendant de Command & Conquer

La promesse est donc tenue : Act of Aggression renoue bien avec l’âge d’or des jeux de stratégie en temps réel sans pour autant tomber dans la facilité. Les améliorations apportées, comme la capture de points stratégiques, offrent un rythme de jeu aussi différent qu’agréable. De plus, avec leurs spécificités, les trois factions, parfaitement équilibrées, vous permettent des approches très libres et des styles de jeu très différents. Si l’absence d’un réel tutorial et la campagne en demi-teinte peuvent cependant en rebuter certains, c’est bien en escarmouche que se montre tout le potentiel d’un STR. Et de ce côté, Act of Aggression est proche de la perfection.

Les développeurs français d’Eugen Systems ne sont pas des inconnus dans le milieu du STR. Après quelques jeux très réussis comme les séries Wargame ou Act of War, les voici de retour avec Act of Aggression. L'ambition est énorme : revenir aux sources, à l’âge d’or des jeux de stratégie en temps réel. Promesse tenue ?

L'histoire

Propulsé en 2025 au beau milieu d’une nouvelle guerre mondiale à la suite d'une crise économique sans précédent, vous voici aux commandes de la Chimère, une faction créée par l’ONU. À travers la première campagne disponible mise en scène à coups de reportages télévisés, vous allez parcourir le monde afin de réaliser une quinzaine de missions permettant, avant tout, de découvrir les différentes unités offertes par cette faction. Malgré la variété des objectifs proposés, Act of Aggression n’arrive jamais à totalement vous impliquer dans son histoire. La faute à un jeu d’acteurs peu convaincant et à des missions, finalement, plutôt classiques. La seconde campagne permet, elle, de redécouvrir ces mêmes missions sous un angle différent en contrôlant, cette fois, une autre faction du jeu : le Cartel. La troisième et dernière faction, l’US Army, ne possède pas sa propre campagne et est uniquement jouable en mode escarmouche qui reste, finalement, le cœur d’un vrai jeu de stratégie en temps réel.

La construction de votre base est cœur de votre stratégie.

Le principe

Comme tout STR qui se respecte, c’est en mode escarmouche que l’on voit ce Act of Aggression a dans le ventre. Chaque partie commence de la même manière, vous ne possédez qu’un véhicule de reconnaissance et un quartier général. Au programme : construction de votre base, amélioration et collecte de ressources. Un retour quinze ans en arrière qui fait du bien. Mais contrairement aux jeux de l’époque, où chacun construisait sa base dans son coin avant d’aller taper sur la base adverse après avoir construit une énorme armée, Eugen Systems a eu l’excellente idée de placer des points stratégiques sur la carte : les banques. En plaçant vos unités à l’intérieur de ces banques, vous gagnez automatiquement du pétrole (une des quatre ressources du jeu). Cela permet donc d’avoir des débuts de parties très intéressants et stratégiques.

Les trois factions disponibles se jouent toutes différemment. Chacune possède ses propres unités et compétences et demande quelques parties afin de l’apprivoiser. De plus, les différentes unités (soldats, véhicules terrestres et aériens) possèdent également leurs propres forces et faiblesses proches d’un simpliste "pierre-feuille-ciseau" sans pour autant manquer de profondeur. Heureusement, les différents niveaux de difficulté offerts par Act of Aggression permettent un démarrage en douceur tout en offrant un véritable challenge. Même dans les niveaux de difficulté les plus faciles, l’intelligence artificielle n’hésite pas à exploiter vos points faibles. En fin de partie, les "super-armes" font également leur apparition et peuvent être très dévastatrices si vous n’avez pas pris le temps d’assurer vos arrières. Sans réel temps mort, le rythme de jeu est assez inhabituel mais se révèle très agréable. Seule ombre au tableau : l’interface, bien qu’efficace, est souvent surchargée d’informations.

Les banques, véritables points stratégiques, obligent les affrontements en début de partie.

Le multi

Vous l’aurez compris, Act of Aggression est avant tout orienté vers le multijoueur. Un simple coup d’œil à la fenêtre de discussion instantanée présente sur l’écran d’accueil suffit à s’en rendre compte. Après avoir fait vos preuves contre l’IA et appréhendé les spécificités de votre faction préférée, il est maintenant temps de vous attaquer aux joueurs du monde entier pour votre plus grand bonheur. Les cartes proposées (20 à la sortie du jeu) ne sont pas trop grandes et permettent des affrontements assez rapides. Les spécificités de chaque faction sont bien équilibrées et vous offrent une énorme liberté dans votre approche. Et le fait que les ressources disponibles sur la carte ne soient pas illimitées vous oblige sans cesse à prendre des risques et de ne pas rester cloîtré dans votre base en attendant votre adversaire. L’odeur de sueur en moins, vous retrouvez presque les joies des parties en réseau local des années 90.

Sans une bonne défense contre les armes nucléaires, les super-armes sont dévastatrices.

Pour qui ?

Nul doute que les nostalgiques de la série Command & Conquer avant le rachat par Electronic Arts seront aux anges en posant les mains sur Act of Aggression. Tous les ingrédients d’un bon STR des années 90 sont là. Les nouveaux joueurs seront certainement déconcertés de ne pas trouver de réel tutorial les obligeant à faire des essais, d’apprendre par eux-mêmes et de se prendre quelques roustes en mode escarmouche.

La campagne est narrée via des reportages télévisés.

L'anecdote

Bien qu’inconnu du grand public, le studio parisien Eugen Systems fondé en 2000 par les frères Le Dressay possède aujourd’hui plus de 50 employés. La particularité de ce studio est qu’il ne propose que des jeux de stratégie en temps réel et sa réputation dans le milieu n’est plus à faire tant ses productions ont toujours été de qualité. Deux futurs STR sont déjà en préparation. On a hâte !
Les Plus
  • Trois factions très différentes
  • Les points stratégiques
  • Les ressources non illimitées
  • Le rythme sans temps mort
  • Les super-armes
  • L’emballage général
Les Moins
  • La campagne
  • L’absence de tutorial
  • L’interface parfois brouillonne