Driv3r : le coup de la panne ?

09 juin 2005
Testé par sur
Disponible sur
  • Éditeur Atari
  • Développeur Reflections
  • Sortie initiale 1 juin 2004
  • Genre Action

S'il est indéniable qu'à sa sortie en 1999 la série des Driver pouvait se targuer d'avoir créé à elle seule un genre totalement nouveau; aujourd'hui le moins que l'on puisse dire c'est que la concurrence se fait dure tant le filon a été exploité. The Getaway, True Crime, Grand Theft Auto, tous dégagent certes une ambiance et une atmosphère qui leurs sont propres mais sont néanmoins basés sur le même principe.

Peut-être resté trop ancré sur ses acquis, Driv3r, n'a pas bénéficié des efforts suffisants à le positionner au niveau de la concurrence et cela se ressent. Handicapé par une réalisation minable et une maniabilité inadaptée; pourtant avec son univers si particulier auquel est associé une bande-son du tonnerre (Mickey Rourke, Michelle Rodriguez, Iggy Pop, Hope of the State), le titre aurait pourtant pu nous emmener très loin. Le mode conduite libre ne mérite quant à lui même pas que l'on s'y attarde, car là où la série de Rockstar Games nous invite à un tas de divertissements annexes entre les missions, le titre de Reflections lui, ne propose quasiment rien. On se contente de tourner en rond, on s'ennuie et ce ne sont pas les quelques missions de pilotage disponibles qui vont venir changer la donne. Bref, avec la sortie imminente de Grand Theft Auto : San Andreas sur PC, le choix est vite fait.

Près de neuf mois après une première apparition sur consoles, Tanner, le flic le plus numériquement infiltré de la planète, se décide enfin à ramener sa fraise dans sa version PC. De Miami à Istanbul, en passant par Nice, "the driver", comme il se fait si sobrement appeler, reprend du service et va devoir infiltrer et démanteler un réseau de trafiquants de voitures volées, rien que ça ! Hé ben dis donc, y'a du boulot ! Allez, pas de temps à perdre, en voiture Simone ! Euh, Tanner pardon...

Tanner aime les gros calibres...

Héritage du passé

Haaa, Driver, que de souvenirs mémorables! A sa sortie en 1999 ce jeu avait fait l'office d'une véritable petite bombe à retardement. Dans la peau de Tanner, flic infiltré dans la mafia, le soft de Reflections, qui baignait dans une atmosphère sixties du meilleur effet, invitait le joueur à prendre part à des courses poursuites endiablées sous le soleil de Miami au volant des monstres mécaniques locaux. Instigateur d'un genre nouveau, ni plus ni moins, Driver avait su créer la surprise grâce au fun procuré par le pilotage de ses véhicules, s'apparentant plus à du domptage de savonnettes sur roues, mais aussi par les montées d'adrénalines éprouvées à slalomer entre les voitures afin de semer ses poursuivants, le tout rappelant quelques uns des meilleurs moments de Starsky et Hutch.

Quelques années plus tard, au moment de l'annonce du développement du troisième volet sur la toute nouvelle PS2 on était donc bien évidemment surexcités à l'idée de vivre les nouvelles aventures de Tanner à la sauce Next-Gen ! Au final, après avoir été repoussé à maintes reprises, Driver troisième du nom est arrivé chez nous l'été dernier dans sa mouture console, l'enthousiasme du départ ayant dés lors laissé sa place à un dépit des plus total. Graphismes tout juste moyens, jouabilité bancale, bugs innombrables, le moins que l'on puisse dire c'est que la licence avait perdu de sa superbe, Reflections en venant à se casser les dents sur un segment qu'elle avait elle même créé, aujourd'hui dominé par Rockstar Games et la série des Grand Theft Auto. D'une certaine manière, le moins que l'on puisse dire c'est que l'on espérait de ce Driv3r PC qu'il vienne quelque peu relever le niveau...

Istanbul en Turquie, l'un des trois environnements à visiter.

Une entrée en matière plutôt prometteuse

Pourtant, il faut dire que le jeu démarre assez fort. La cinématique d'ouverture, magnifiquement réalisée, nous lâche au beau milieu d'une fusillade dans les rues d'Istanbul opposant les flics à une bande d'individus que l'on devine sans trop de difficulté assez peu amicaux. Ca mitraille dans tous les sens, le tout est appuyé par une ambiance sonore efficace et on reste béat devant la qualité de l'intro qui dénote totalement de ce à quoi nous avaient habitué les précédents Driver. Dans le feu de l'action Tanner est blessé par balle ; le tout se clôt alors que l'on apperçoit le héros allongé sur un brancard, laissé pour mort.

Tanner donne l'impression d'avoir un balai profondément ancré dans le fondement

J'ai mal aux yeux

Encore tout retourné par l'intro et son petit air "made in Hollywood", c'est donc plein d'entrain que l'on décide de se jeter dans l'aventure à proprement parlé. Et c'est malheureusement à ce moment précis que les choses se gâtent. Les premiers instants dans la peau de Tanner sont réellements éprouvants : c'est terne, vide, l'aliasing brûle les yeux et on a très vite le sentiment de se ballader à lego land tant le level-design est cubique. D'ailleurs avec sa rigidité intrinsèque Tanner lui même semble tout droit issu de lego land. L'animation laisse vraiment à désirer, le perso est lourd et il suffit de le voir courir, sauter ou rouler pour s'en rendre compte.

A ce titre, la maniabilité lors des phases de jeu à pied est un véritable calvaire. Ca respire le portage bête et méchant et le tout est très laborieux. Ainsi la souris, beaucoup trop sensible, se devra d'être déplacée avec la plus grande dexterité sous peine de voir la caméra se retrouver dans la direction totalement opposée à celle souhaitée ; situation désagréable lors des phases de gunfights. Par ailleurs cela pose même problème pour exécuter des actions basiques comme passer une porte ou encore gravir des escaliers un peu étroits. On bute contre les parois et on s'y reprend à plusieurs fois : insupportable.

Un petit tour chez le garagiste le plus proche s'impose.

T'as ruiné la caisse mec!

Heureusement l'ami Tanner est bien plus doué avec un volant entre les cyber-paluches qu'à pied. Et là je dis ouf parce que l'essence même d'un Driver c'est quand même la conduite pure, vous en conviendrez.
Le panel de véhicules à votre disposition dans Driv3r est relativement divers, allant du petit coupé sportif au camion en passant par la classique berline familiale, il varie en fonction de la zone du globe visitée. Dés lors, si à Miami les grosses américaines genre Mustang ou Corvette seront légion, à Nice en revanche vous aurez la joie de vous adonner à la conduite en R5 et autres CX. La modélisation est correcte et bien que le jeu ne possède aucune licence constructeur officielle, les plus perspicaces d'entre vous n'auront aucun mal à reconnaître les quelques célèbres modèles dont il s'inspire.

Le comportement des caisses quant à lui, s'il a le mérite d'être original, est aussi très particulier et ne devrait pas plaire à tout le monde. Quelque soit l'engin le sur-virage est très prononcé et la moindre courbe prise avec un peu trop d'assurance supposera un contre braquage virulent afin d'éviter de finir sa course dans le prochain pylône. Pour ma part je trouve tout cela sincèrement jouissif, Reflections étant étant parvenu à conserver cette particularité qui faisait l'originalité des épisodes précédents.

La gestion des dégâts est elle aussi assez convaincante. Le moindre choc ayant des répercussions sur l'état général de la voiture, si vous vous la jouez un peu trop "fou du volant", celle-ci passera rapidement du statut de belle mécaniue à celui de vulgaire tas de ferraille. Tout est destructible ou presque : les pneus éclatent, le capot s'envole, les vitres explosent et au bout d'un moment le comportement routier peut lui aussi s'altérer. A noter qu'à l'image du héros chaque véhicule possède une barre de vie qui une fois remplie entraînera l'arrêt pur et simple de ce dernier. Libre à vous d'en "réquisitionner" un nouveau par la suite.

Ces gardes doivent être aveugles...

Undercover

Attrait principal du titre, le mode scénario de Driv3r est divisé en 26 missions, (dont une supplémentaire pour cette version PC), lesquelles se déroulent les six mois précédents la fusillade d'Istanbul. A pied, en voiture, en bateau ou à moto, comme dit plus haut Tanner va devoir faire preuve de ses talents de pilote afin de gagner le respect et la confiance des acteurs d'un réseau de voitures volées pour ensuite mieux le démanteler.

La difficulté est exagérément élevée et le jeu ne vous laissant quasiment aucune marge d'erreur, il vous faudra souvent recommencer une mission plusieurs fois avant de pouvoir la mener à bien. Le défaut majeur étant la maniabilité, on perd un temps fou à tenter d'ajuster les ennemis pendant que l'on se fait cribler de balles et au final la sentance tombe : c'est le game over. On profite donc de l'IA au ras des pâquerettes et on refait la mission jusqu'à connaître l'emplacement exact de chaque fauteur de troubles afin d'avancer tout en perdant le moins de vie possible: agaçant et surtout très ennuyeux.

Le constat est le même lors des phases de poursuite ; le jeu ne laisse pas droit à l'erreur et le moindre petit accrochage en cours de route se soldera la plupart du temps par l'echec de la mission. A vous donc, une fois de plus de mémoriser le ou les différents parcours à suivre afin de vous laisser distancer le moins possible par votre cible.
Les Plus
  • La bande son
  • Les cinématiques
  • La gestion des dégâts
Les Moins
  • La difficulté
  • L'intelligence artificielle
  • Les graphismes