Operation Abyss : New Tokyo Legacy

07 nov. 2015
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3

Ce Tokyo labyrinthique vous fera suer

C'est le paradoxe des jeux de niche : Operation Abyss : New Tokyo Legacy est un bon jeu, mais tellement brut qu'il ne plaira pas à tout le monde. Si les mécaniques de jeu sont complexes, le titre reste aussi un dungeon crawler, à savoir un jeu labyrinthique pour névrosés. Mais le genre à son public et, de ce fait, Operation Abyss : New Tokyo Legacy reste un titre terriblement austère mais tout-à-fait honnête. Il remerciera autant son gameplay que son univers atypique pour le genre. Reste à savoir si vous êtes l'un de ses adeptes.

NIS America n'en finit pas de nous livrer des jeux de niche japonais. Cette fois, c'est au tour d'Operation Abyss : New Tokyo Legacy de traverser nos frontières. Quel est donc le programme ? Des monstres, des donjons, des dialogues et de la sueur, beaucoup de sueur...

L'histoire

Operation Abyss vous place dans la peau d'un jeune garçon déboussolé, pour ne pas dire amnésique. Vous êtes debout et sentez quelque chose sur vos mains : du sang. Deux corps sont à terre. Soudain, un homme apparaît. Pas le temps de rêvasser, celui-ci vous indique que des monstres sont derrière vous. Alors que vous prenez la fuite, l'homme terrasse vos ennemis. Toutefois, une gigantesque bête apparaît sur votre chemin. Vous êtes alors sauvé par une jolie fille, avant que celle-ci vous emmène dans le QG d'une organisation étrange appelée Xth Squad. Le directeur vous apprend que vous faites désormais partie d'une organisation spéciale ayant pour but de plonger dans l'Abysse afin d'exterminer des Variants, des monstres semblables à ceux que vous venez de rencontrer. Operation Abyss dispose certes d'un contexte plutôt original, qui s'écarte des dungeon crawler habituels, mais pâtit de longueurs rendant l'histoire finalement pas très passionnante.

Dans la vraie vie, on n'est pas assez souvent sauvé par des jolies filles.

Le principe

Si le cadre d'Operation Abyss est plus original qu'à l'accoutumée, le jeu tombe vite dans une complexité un brin exagérée. Vous vous retrouvez avec les codes du genre, à savoir des labyrinthes à parcourir à l'aide d'une carte, et parsemés d'ennemis sur lesquels vous pouvez tomber. Là où ça se complique, c'est que le jeu intègre diverses joyeusetés telles que des portes cachées et des failles. Quand une porte est dans le coin - ce qu'une inscription à la bonté de vous indiquer - c'est à vous qu'il incombe de la trouver. Dès les premières missions, il n'est ainsi pas rare de vous perdre pendant de (trop) longues minutes, l'histoire ne progressant que sous certaines conditions (emplacement spécifique, objets à récupérer, etc.).

À côté de cela, autant vous dire que les combats seront de la gnognotte. Également en vue à la première personne, les affrontements vous laissent donc la possibilité (en fonction des personnages) d'attaquer, de défendre, de faire appel à de la magie ou encore de lorgner les items ou l'équipement à votre disposition. Rien de bien neuf, en dehors du fait qu'ils vous oblige à revenir au QG pour gagner vos niveaux, recharger vos compétences et, dans l'idéal, sauvegarder votre partie. Un peu fastidieux, surtout que l'interface manque quand même de clarté.

La confection de votre équipe et la gestion des classes est particulièrement importante.

Pour qui ?

Comme tout dungeon crawler qui se respecte, Operation Abyss en assommera plus d'un. En effet, le jeu est loin d'être accessible à tout le monde, ce en dépit d'un mode soi-disant destiné aux débutants et sélectionnable en début de partie. Cela n'empêchera pas les joueurs les moins courageux de vite baisser les bras devant l'afflux massifs d'informations à assimiler, en particulier durant les premières heures de jeu. De même, les environnements sont toujours aussi monotones (une coutume dans le genre) et l'abondance de dialogue - couplée à une complexité parfois inutile - fait d'Operation Abyss un jeu avant tout destiné aux fans du genre.

Je vous présente le cauchemar de beaucoup, et le plaisir de quelques masochistes.

L'anecdote

D'ailleurs, il m'est arrivé une drôle de mésaventure. En ayant passé un dialogue trop rapidement, je me suis retrouvé bloqué pendant plus d'une heure au début de l'aventure. L'occasion de rappeler qu'il vaut mieux être attentif par moment, et qu'une soluce sur internet n'est jamais de trop. Précisons aussi que le jeu n'est disponible qu'en anglais, et ceux qui ne parlent pas la langue de Shakespeare feraient mieux de se tourner vers un autre titre.
Les Plus
  • Des artworks comme souvent réussis (dans ce genre de jeux)
  • Du dungeon crawler pure souche pour les adeptes
  • Un univers atypique
Les Moins
  • Un gameplay complexe
  • À la fois dur, austère et usant...
  • Faussemennt complexe par moments
  • Un scénario pas fondamentalement original
  • En anglais uniquement