Batman : Arkham Knight

01 juil. 2015
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4

L'esprit de Gotham, l'apogée d'Arkham

Attention, grand jeu ! Batman : Arkham Knight est à la fois l'apothéose d'une série ayant marqué son temps (bien que parfois surévaluée) et une définition plutôt belle du jeu vidéo. Ici, le maître-mot est "immersion" et il semble évident, au regard de ce volet, que Arkham Asylum et Arkham City s'apparentaient parfois à des brouillons avant tout basés sur une recette trop bien huilée. Entre le soin apporté à la narration, la générosité globale du jeu et l'apport de la Batmobile, Batman : Arkham Knight remet les pendules à l'heure. Un jeu qui vous permet - pour la première fois, osons le dire - de vraiment vous prendre pour l'homme chauve-souris. Un résultat rendu possible par le rapport au temps si caractéristique de cet épisode, cette impression que l'aventure est authentique, réaliste et jamais rognée. Une nuit en enfer, un jeu au firmament.

À la fois apogée d'une recette vieille de six ans et premier volet à voir le jour sur Xbox One et PlayStation 4, Batman : Arkham Knight se devait de convaincre. Et le jeu de Warner prouve surtout une chose : il vaut mieux, parfois, laisser aux développeurs le temps de peaufiner leur bébé. Ainsi, Arkham Knight confirme que les précédents épisodes n'étaient rien de plus que des brouillons (très) perfectibles.

L'histoire

Comme souvent, tout commence par l'histoire. Et c'est sûrement dans sa structure narrative que Batman : Arkham Knight surprend le plus. Alors que l'Epouvantail menace de gazer Gotham, la ville voit ses six millions d'habitants se faire évacuer. Les super-vilains trouvent évidemment dans ce vent de panique l'occasion rêvée de mener à bien leurs trafiques. Mais d'autres soucis préoccupent Batman : le chevalier d'Arkham, le mystérieux bras droit de l'Epouvantail, semble avoir une sacrée dent contre la chauve-souris qu'il parait connaître. De plus, Bruce a des hallucinations et voit sans cesse le Joker apparaître à ses côtés (ce qui donne d'ailleurs naissance à un vrai exercice de mise en scène).

Si Batman : Arkham Knight impressionne, c'est parce que Rocksteady a enfin apporté du liant à sa narration. Ici, tout s'enchaîne avec une fluidité déconcertante. La nouvelle génération de consoles renforce cette impression puisque l'absence de temps de chargement entre les différentes zones (villes, bâtisses, immeubles) ajoute de l'immersion. De même, a contrario d'Arkham City, les différentes quêtes annexes - qui incluent notamment des affrontements avec Double-Face, le Pinguin ou encore Man-Bat - sont parfaitement développées et intégrées au rythme de l'aventure. Le fait de pouvoir entrer et sortir des bâtiments pour réaliser les objectifs secondaires, sans chargement, donne un réalisme certain à la progression et rend Gotham plus vivante que jamais. À coup sûr, le temps de développement du jeu, plus prononcé qu'à l'accoutumé puisqu'Origins (un spin-off) avait été confié à un autre studio, a eu un effet bénéfique.

Le joker hante Batman est apparaît n'importe où, donnant naissance à une mise en scène géniale.

Les nouveautés

Mais ce n'est pas tout. Car toujours dans sa quête d'identification (en ce sens, il se place comme une belle définition du jeu vidéo et n'a pas grand chose à envier à Bioshock Infinite), Batman : Arkham Knight intègre désormais la Batmobile. Et tout l'intérêt de cette dernière réside dans le fait qu'elle soit justement omniprésente. C'est votre bolide qui vous permet de vous mouvoir rapidement au sol ou d'affronter les tanks du chevalier d'Arkham. Il n'y a donc rien d'étonnant au fait de pouvoir l'améliorer au fil de l'aventure.

Évidemment, il vous est toujours possible de vous déplacer dans les airs si vous le souhaitez, et la présence du bolide et des missions qui y sont liées (poursuites, affrontements contres des tanks, résolutions d'énigmes, etc.) ne vous empêchera pas d'avoir affaire aux missions habituelles de la série. Là encore, Batman : Arkham Knight propose une belle nouveauté : l'intégration de personnages secondaires venant épauler Batman, et dont vous pouvez prendre le contrôle au sein d'affrontement spécifiques.

Si cela est intéressant, c'est parce que la thématique du jeu (évidemment liée à la notion de justicier) rappelle inévitablement les comics américains ou les films de Christopher Nolan. Il est d'ailleurs amusant de voir que les derniers volets des deux trilogies consistent en deux traitements d'un même sujet (la définition du héros et sa succession). Là encore, la réponse apportée par Arkham Knight est avant tout symbolique : c'est à la fin de la trilogie que Batman pense à sa relève... et que le joueur peut à son tour la tester.

La Batmobile est assurément la plus grosse nouveauté de ce volet. Une vraie réussite.

Le principe

En dehors de cela, vous retrouvez les bases de la série poussées à leur paroxysme. En matière de dynamisme et de baston, le jeu semble avoir atteint l'apogée de la recette popularisée par ses prédécesseurs : du spam de touches mâtiné de contres divers et variés. Là encore, la présence d'exécutions multiples apporte un spectacle indéniable. Pour leur part, les plus prudents (vicieux ?) préféreront la méthode subtile, en privilégiant les éliminations silencieuses et l'utilisation de gadgets en tous genres. À ce titre, les brouilleurs et autre outils permettant de pirater des tourelles ou des drones vous seront d'une importance capitale si vous aimez les défis relevés.

Vous pouvez parfois prendre le contrôle de persos annexes. Des éliminations en duo sont possibles.

Pour qui ?

C'est la réussite de Batman : Arkham Knight, faire entrer la saga dans une autre dimension. Si les nouveautés semblent de prime abord anecdotiques, vous vous rendez vite compte que c'est l'abondance de petits ajouts qui change la donne. De la Batmobile à la narration, le jeu séduira sans mal les afficionados de la série. De plus, sachez que vous pouvez jouer à Arkham Knight sans avoir fait les précédents épisodes. Bien sûr, les nouveaux venus passeront à côté de la montée en puissance de la trilogie, mais l'histoire reste tout à fait compréhensible pour les non-initiés.

L'abondance de quêtes secondaires et de contenu contribue à donner du liant à la trame.

L'anecdote

À peine sorti que Batman : Arkham Knight suscitait la polémique au regard de sa mouture PC visiblement injouable. Si des rédacteurs de Gamatomic ont pesté contre cette dernière, la version Xbox One est pour sa part exempte de soucis techniques. Notons tout de même une énorme frayeur : alors que j'avais plusieurs dizaines d'heures de jeu à mon actif et que je dû subir une défaite, le chargement de ma partie impliqua la chute de Batman dans le vide infini. Tandis que je m'apprêtais à pleurer toutes les larmes de mon corps suite à une dizaine d'essais sans succès, le jeu a finalement réussi à prendre une sauvegarde antérieure (qui était sûrement présente en cache ou je ne sais). Pour le coup, merci Warner et Rocksteady !
Les Plus
  • Plutôt joli
  • La narration
  • Une générosité qui renforce l'immersion et développe naturellement le background
  • La batmobile
  • Une recette globalement sublimée
  • La mise en scène
  • Un vrai final et une aventure allant crescendo
  • L'apport de la One/PS4, avec l'absence de temps de chargement
  • Plusieurs dizaines d'heures de jeu
  • Les personnages secondaires jouables
Les Moins
  • On cherche...