Tomb Raider : Definitive Edition

28 janv. 2014
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4

Un vrai bon portage ?

Voilà un 4/4 généreux (à la vue du texte) mais justifié : le jeu d'origine ayant obtenu la note maximale, ce Tomb Raider : Definitive Edition ne peut qu'en faire de même. Ainsi, Lara n'a jamais été aussi belle. Et si quelques pisse-froid (aussi appelés vieux cons) évoqueront la mouture PC, les "consoleux" verront surtout en ce portage une version supérieure au titre sorti un an plus tôt. Si les nouveautés sont anecdotiques, Tomb Raider : Definitive Edition fait tout de même partie des jeux susceptibles de divertir les joueurs en manque de jeux next-gen. En attendant Titanfall.

Tomb Raider : Definitive Edition a essuyé de vives critiques lors de son annonce. Moins d'un an après la sortie du jeu initial, de nombreux joueur peinent à comprendre l'intérêt d'un tel portage. Pourtant, derrière sa promesse de 1080p et de détails à foison, cette ultime mouture pourrait en convaincre certains.

L'histoire

C'est lors d'une expédition que Lara Croft fait naufrage sur une île aux conditions climatiques capricieuses. Ainsi, à chaque fois que quelqu'un tente de partir, que ce soit par les airs ou la mer, la météo se charge de mettre fin à l'entreprise. Lara se retrouve donc bloquée sur cette île pour, disons le clairement, une aventure censée donner vie à l'héroïne la plus célèbre du jeu vidéo. Si le scénario est relativement efficace, dommage qu'il ne s'écarte jamais du simple divertissement. Alors que Square-Enix se vantait de redonner vie à l'égérie à travers un reboot, le manque d'audace se fait tout de même sentir. Dans Tomb Raider : Definitive Edition, Lara Croft n'est ni plus ni moins qu'un pendant féminin de l'increvable John MacLane. C'est dommage, car certaine scènes auraient pu être riches en symboles, comme lorsque Lara tombe dans une marre de sang, ou quand elle crie à une armée d'hommes son désir de vengeance. Malgré cela, difficile de voir en ces passages autre chose que du divertissement potache : quand l'écriture ne donne pas le symbolisme escompté, c'est la mise en scène qui s'en mêle. N'allez pas croire que l'histoire et la réalisation ne sont pas efficaces pour autant : le titre préfère simplement faire dans le tout-spectaculaire. Un parti pris qui a ses détracteurs, mais aussi ses adeptes.

Cette scène aurait pu être la plus belle de la série mais ce n'est pas le cas.

Le principe

Il en va de même pour le gameplay. Tomb Raider : Definitive Edition fait avant tout dans le blockbuster popcorn, avec plus ou moins de réussite. Couplé à la surenchère de péripéties et d'explosions, le manque de cohérence du game design laisse dubitatif. Le nombre d'ennemis, les situations ubuesques ou encore le fait que cette Lara Croft, promise innocente, sache de suite se servir d'un attirail à faire pâlir Nathan Drake... autant de détails qui mis bout à bout donnent au jeu un côté surréaliste. D'ailleurs, certains passages ne sont pas sans rappeler Uncharted, que ce soit pour le côté grand spectacle (bonjour les explosions) ou les fusillades interminables. A noter, toutefois, que le jeu a un avantage sur son rival : l'absence d'un système de couverture digne de ce nom. Si cela a ses inconvénients, cela permet aussi de ne pas passer l'intégralité du jeu à rester planter derrière des murs en tirant.

Heureusement que les phases d'exploration restent un plaisir, de vraies bouffées d'air frais.

Le multi

Tomb Raider : Definitive Edition dispose bel et bien d'un mode multi. Une drôle d'idée, loin de l'esprit d'aventure autrefois prôné par la série, et qui rappelle une fois de plus Uncharted. Évidemment, le jeu s'inspire des succès vieillissants de notre époque, à commencer par le saint Call of Duty. Une recette qui a fait ses preuves (modes de jeux variés, gains d'expérience, personnalisation des compétences et de l'équipement) mais qui semble toutefois s'essouffler avec le temps. Les adeptes des jeux précédemment cités devraient tout de même y trouver leur compte, du moins pour quelques sessions.

T'as de beaux ch'veux, tu sais ? Et pas que.

Pour qui ?

L'inquiétude suscitée par Tomb Raider : Definitive Edition résidait dans le fait que le jeu soit ici porté sur next-gen. Le portage vaut-il le coup ? A cette question, la réponse est sans détour : oui. Entre le 1080p et l'ajout de détails (grains de la peau, cheveux, saleté, environnements, gestion de la lumière, etc.), le titre de Square-Enix fait peau neuve, à tel point qu'il rivalise probablement avec les autres titres "cross-gen". Un constat auquel il convient d'apporter un bémol : la version Xbox One tourne à 30 fps/seconde tandis que son homologue PlayStation 4 bénéficierait du 60 fps. Pas de quoi en faire toute une histoire pour autant : s'agissant ici d'un jeu d'action (et non d'un jeu de course), la différence est anecdotique. En tout cas, le fait que le titre tienne si bien la comparaison tend à prouver que les jeux actuellement sortis sont loin de refléter les capacités des consoles. Pour le moment...

Vous pouvez parfois vous pencher pour observer la vue.

L'anecdote

Quoi de mieux, comme anecdote, que de parler des quelques rares nouveautés de ce Tomb Raider : Definitive Edition. Ainsi, en plus d'une refonte technique réussie, le jeu utilise le capteur Kinect à des fins anecdotiques. Dire le nom d'une arme pour s'équiper de celle-ci, pencher son buste pour admirer la vue en grimpant une paroi... Voilà ce qui constitue les deux maigres nouveautés de cette version. Évidemment, cette Definitive Edition contient également les DLC sortis sur 360 et PS3, à savoir des costumes et du contenu multijoueur.
Les Plus
  • Un portage réussi sur le plan technique
  • Un blockbuster qui a le sens du spectacle
  • Tout de même meilleur qu'Uncharted
  • L'exploration des tombeaux facultatifs
  • Un multi sympa (pour ceux qui aiment le "boom-boom")
  • Des musiques géniales
Les Moins
  • Le genre de jeu maladroit, qui donne surtout envie de faire du jeu vidéo
  • Écriture décevante
  • Une mise en scène peu audacieuse
  • Les QTE du n'importe quoi