Ninja Gaiden 3, plus défoulant que jamais

03 avr. 2012
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Ninja Gaiden 3 marque un tournant dans la série. Plus accessible, le jeu de Tecmo est également bien plus bourrin et pragmatique. Un parti pris justifié par une héros au bout du rouleau, devant faire face à son passé, et qui se révèle payant en terme de cohérence narrative. Car si Ninja Gaiden 3 est plus bourrin, plus violent (malgré la disparition des démembrements), il assume de bout en bout son côté défouloir. Jouissif, le jeu profite d'un rythme effréné et d'une deuxième moitié franchement réussie. Les quelques modes bonus permettent pour leur part de prolonger l'aventure de façon quelque peu décomplexée. Un excellent jeu qui réussi sa semi-renaissance.

Pour les hardcore gamers, Ninja Gaiden fait partie des fleurons du beat'em all. En effet, très exigeante, la série de Tecmo a basé sa réputation sur un système de jeu complexe et une difficulté parfois insupportable. Avec Ninja Gaiden 3, l'éditeur japonais tente de changer l'orientation de la série. Et autant vous prévenir tout de suite : ça ne va pas plaire à tout le monde.

Maudit, Ryu Hayabusa va plus que jamais ressentir le fait d'être un "assassin".

La fureur de vivre

S'il y a bien une chose qui n'a pas changé dans Ninja Gaiden, c'est bien son scénario aussi insipide qu'abracadabrantesque. Inutile donc de s'attarder sur ce dernier et contentons-nous juste de dire que Tecmo a tenté de rendre son ninja un peu plus humain, lui faisant notamment ressentir le poids de ses victimes à l'aide d'une malédiction. Un choix qui aurait pu être encore plus intéressant si la qualité d'écriture et la mise en scène des cinématiques avaient été à la hauteur, ce qui n'est pas le cas. Mais trêve de plaisanterie, car nous savons tous qu'on ne joue pas à Ninja Gaiden pour son scénario. Ce qui est plus regrettable en revanche, c'est la technique devenue bien désuète en 2012. Entre les décors vides, les textures plus moches les unes que les autres et les explosions surannées, Ninja Gaiden 3 est bien loin des visuels que Tecmo nous a fourni pendant plusieurs mois. Heureusement que les animations de votre ninja, la mise en scène des affrontements et les habituelles effusions de sang sont là pour détourner votre attention, un peu à l'instar de la diversité des environnements. Enfin, notons que tous n'est pas noir au pays des ninjas. Ainsi, le design est plus réaliste qu'auparavant et les musiques sont un cran au dessus de celles des précédents volets (en particulier Ninja Gaiden 2), ce qui traduit sans doute une volonté de bien faire. Et c'était pas forcément gagné d'avance.

Mon ninja contre Rintintin : devinez qui gagne.

La fureur tout court

Si vous voulez trouver de la nouveauté dans Ninja Gaiden 3, c'est vers le gameplay qu'il faut vous tourner. Première chose qui saute aux yeux : la difficulté a été revue à la baisse, en particulier dans le niveau de difficulté Normal, ce qui rend le jeu accessible à un plus large public. Les puristes crieront au scandale mais ce choix est en adéquation avec l'évolution du marché (et il faut bien que la franchise se vende). Moins exigeant que par le passé, le système de jeu se concentre sur les esquives et la possibilité de faire des coups simples ou puissants, ces derniers étant parfaits pour venir à bout des boucliers ennemis. Exit également les différentes armes présentes dans Ninja Gaiden 2 ou encore la possibilité d'améliorer son équipement. Ainsi, Ryu conservera son katana du début à la fin, sans amélioration ni phases d'exploration (aucun objet n'est disposé dans les environnements). C'est dans cette structure rectiligne que ce troisième volet puise sa force, surtout qu'elle est en osmose avec le ressenti des combats. Mis en scène de façon jouissive, ces derniers laissent l'impression d'une fureur continue symbolisée par le bras de Ryu et le ninpô à votre disposition. Quand le bras de votre héros devient rouge, celui-ci libère sa fureur et enchaîne les meurtres furieux. Pour ce qui est du ninpô, il permet de se débarrasser des ennemis environnant et constitue par la même occasion votre unique façon de regagner de la vie durant les affrontements.

Les cinématiques interactives sont parfois intégrées aux combats.

Longue est la voie du ninja

Cette gestion des affrontements et la rage qui s'en dégage va de pair avec la thématique narrative. Et c'est bien cet ensemble qui fait le sel de Ninja Gaiden 3. Une impression accentuée par le rythme d'action soutenu ainsi que par la présence de cinématiques interactives plus judicieuses et cohérentes qu'elles paraissent de prime abord. Niveau durée de vie, Ninja Gaiden 3 s'en sort très bien. Durant huit bonnes heures, l'aventure est d'une longévité honorable. Un constat d'autant plus positif que le titre est plus simple que ses ancêtres et plus "direct". Ainsi, on aurait pu craindre d'avoir à faire face à une durée de vie effroyablement courte mais ce n'est pas le cas. En sus du mode histoire, le jeu inclus un mode "Contrées Ténébreuses" permettant de personnaliser un ninja et de s'adonner à quelques missions. Jouables en coopérations, celles-ci font office de bonus sympathique, tout comme la possibilité d'affronter jusqu'à huit autres joueurs dans un "combat de clans". Autant de petits plus qui rendent les à-côtés de ce Ninja Gaiden 3 assez sympathiques. Enfin, une compatibilité avec le PlayStation Move s'avère présente mais demeure anecdotique. Les fans diront "Ouf !".
Les Plus
  • Un scénario et des thématiques qui justifient l'orientation du titre...
  • Terriblement efficace
  • Des démembrements disparus mais paradoxalement plus furieux
  • Des cinématiques interactives judicieuses
  • La mise en scène in-game
  • Les musiques
  • Une durée de vie satisfaisante
  • Plus accessible (ce qui rend la caméra moins handicapante)
Les Moins
  • ...mais qui ne sont pas passionnants pour autant
  • La mise en scène des cinématique et plus généralement la (non-)qualité d'écriture
  • Ce n'est pas joli joli
  • Les plus conservateurs crieront au scandale