I Am Alive

13 mars 2012
Testé par sur
Disponible sur
4

Un grand jeu bien vivant

Avec I Am Alive, l'équipe d'Ubisoft Shangaï ne se contente pas d'exploiter les ficelles du survival. Elle les redéfinie voire même les réinvente. Exit les dangers surnaturels, les situations improbables et les ennemis qui affluent sans cesse. Vous êtes un survivant presque comme les autres qui doit faire des choix pour aider - ou pas - son prochain, neutraliser ses adversaires avec intelligence et garder espoir alors que tout autour semble perdu. Bénéficiant d'un emballage et d'une ambiance uniques, I Am Alive vous plonge dans une aventure d'exception que vous n'oublierez pas d'aussi tôt.

Un développement à rallonge, un changement de studio, un format qu'il a fallu repensé et retravaillé, une sortie régulièrement repoussée depuis mars 2009, le mystérieux I Am Alive aura connu un cheminement presque aussi chaotique que l'histoire qu'il décrit. Son arrivée sur le Xbox Live Arcade - et prochainement sur le PlayStation Network - était donc attendue avec une certaine appréhension. Il suffit pourtant d'une poignée de minutes pour écarter les doutes : oui, nous sommes bien en présence d'un jeu unique.

Le Choc

Plus rien n'est sur ses rails depuis le Choc.
Des routes défoncées, un bitume lézardé par des crevasses profondes, des véhicules renversés ou en flammes, des arbres dénudés, mais surtout un ciel grisâtre et un air vicié, l'ambiance post-apocalyptique d'I Am Alive est posée dès votre arrivée. Vous êtes Adam, l'un des rares survivants du Choc, une catastrophe à l'échelle mondiale dont on ne sait pas grand chose. Peu importe, vous n'avez qu'une idée en tête : retourner chez vous dans l'espoir de retrouver saines et sauves votre femme et votre petite fille. Voila presque un an que le Choc a eu lieu. C'est le temps qu'il vous a fallu pour rejoindre Haventon, votre ville de résidence. Julie et Mary sont peut-être encore là, dans votre appartement du 27 Arbor Street, juste en face du parc... Mais avant d'arriver jusque là, il va falloir traverser la ville, ou plutôt ce qu'il en reste. Pas facile de progresser dans cet environnement hostile quand on n'est pas un héros surarmé comme tant d'autres, et que nos capacités se résument à celles de Monsieur tout le monde ou presque.

I am not a legend

Chaque personnage rencontré vous en apprendra un peu plus sur le Choc.
Dans I Am Alive, vous n'êtes pas un surhomme. Et ça, vous allez vous en rendre compte dès le début, lorsqu'il va s'agir d'escalader les montants du pont qui vous sépare encore de la ville. Ici, pas question de rester suspendu des heures comme un paresseux. Vous disposez en effet d'une jauge d'endurance qui diminue progressivement dès lors que vous faîtes un effort important. L'escalade en fait bien sûr partie. Cette jauge se recharge automatiquement une fois que vous avez terminé votre ascension. Vous devez donc anticiper chaque escalade et prévoir des points de récupération pour restaurer votre endurance. Sinon, c'est le décrochage et la mort assurée, même s'il vous reste quelques secondes pour puiser dans vos dernières ressources et fournir un ultime effort qui vous permettra peut-être d'atteindre une endroit sécurisé. I Am Alive exploite à fond - et avec brio - ce gameplay basé sur la survie. Le principe s'applique aussi à votre équipement, restreint à son strict minimum. Quant à vos armes, vous allez très vite mesurer la valeur de chaque balle.

Vous n'êtes pas seul

Intimider vos ennemis pourra vous sortir de situations périlleuses.
Si elle est semée d'embûches de terrain, votre progression est aussi parsemée de rencontres. Comme vous, d'autres ont survécu et tentent de subvenir à leurs besoins comme ils peuvent. Les plus faibles vous demanderont de l'aide (quêtes d'objets par exemple) tandis que les mieux armés n'hésiteront pas à faire parler leurs bas instincts pour récupérer votre équipement. Pour vous défendre, vous disposez au départ d'une arme blanche - utile pour surprendre l'ennemi - et d'un pistolet la plupart du temps vide... En effet, dans I Am Alive les munitions sont très rares. Voila qui donne un vrai relief aux rencontres inhospitalières. Face à un groupe d'ennemis, vous devez donc mesurer la dangerosité de chacun d'eux et réserver vos balles aux individus disposant d'une arme à feu. Ils sont plus téméraires que leurs compagnons armés d'une simple machette. Ainsi, repérer le chef d'un groupe et l'éliminer aura un effet dissuasif sur les autres. En vous débrouillant bien, vous pouvez même intimider et neutraliser vos ennemis en les mettant simplement en joue même si votre chargeur est à sec.

De la poussière nait...

L'identité visuelle est accentuée par les jeux de lumières.
Au delà de ce gameplay étudié qui privilégie la subtilité à la profusion, I Am Alive est avant tout un magnifique jeu d'ambiance. Si le scénario est intéressant et offre des situations variées sans tomber dans le travers du blockbuster souhaitant en mettre plein la vue à chaque coin de rue, c'est surtout la narration choisie qui fait mouche. Elle vous accroche au destin d'Adam même si vous sentez inconsciemment qu'il semble scellé... Magnifique idée également de rendre le sol irrespirable, vous forçant à grimper pour sortir de la poussière et suivre des chemins inédits. Cette lumière justement, changeante, comme un espoir qui ressurgi quand vous ne savez plus où aller, participe à votre implication. Graphiquement, le jeu s'en sort d'ailleurs astucieusement avec des sources lumineuses parfaitement maitrisées et une palette de couleurs réduite lui offrant une identité visuelle très marquée. Le level design n'est pas en reste avec un environnement original, relativement vaste, permissif et changeant. Mention spéciale au niveau où vous devez progresser dans un immeuble dangereusement penché.
Les Plus
  • L'ambiance post-apocalyptique
  • Une patte graphique et lumineuse
  • La progression intelligente
  • L'aspect survie poussé à son paroxysme avec le système d'endurance
  • Une narration de choix
  • Une fin astucieuse
  • Une belle ambiance sonore qui s'adapte parfaitement aux situations
  • Une bonne durée de vie pour du dématérialisé (environ huit heures en mode normal)
Les Moins
  • Pas de doublage en français
  • L'intimidation des ennemis aurait pu être plus poussée