Une journée en enfer avec Shadows of the Damned

02 août 2011
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Shadows of the Damned est en fin de compte une bonne surprise. Third Person Shooter décomplexé, il assure le spectacle grâce à un univers barré, une bonne ambiance sonore et un gameplay classique mais efficace. Si les joueurs étaient effectivement en droit d'attendre plus du duo Mikami / Suda51, le résultat demeure appréciable et le prochain titre de Goichi, Lollipop Chainsaw, se fait déjà attendre. Rendez-vous donc en 2012 pour suivre les aventures de Juliet Sterling, la cheerleader chasseuse de zombies.

Quand le producteur/directeur d'une des plus grosses licences horrifiques rencontre à nouveau le génial créateur de Killer 7 et No More Heroes, cela donne un joli melting pot d'influences aussi bien cinématographiques que vidéo-ludiques. Sur le papier, Shadows of the Damned promet beaucoup tant les hommes qui chapeautent le projet ont accouché de bijoux pixelisés ces dernières années. De quoi passer une bonne nuit en enfer ?

Il faudra parfois éviter votre dulcinée possédée qui tente de vous donner un baiser mortel.

Tout pour "Hell"

Tel un célèbre plombier bedonnant devant secourir une princesse kidnappée par un dinosaure, Garcia Hotspur, jeune tatoué chasseur de démon de son état, est amené à faire une virée en Enfer pour récupérer Paula, sa promise enlevée par Fleming, le maître des lieux. Épaulé pour l'occasion par Johnson, un démon affranchi prenant notamment la forme d'un crâne, notre tueur qui ne manque pas de cojones s'en va défier les armées démoniaques de ce pas. La trame scénaristique, sans être exceptionnelle, plante très vite le décor. Le background, d'ailleurs, joue pour beaucoup dans l'attrait porté envers le dernier bébé de Suda51. Architecture aux relents gothiques relativement classe, bestiaire détaillé vraiment inspiré : Shadows of the Damned fait partie de ces jeux ayant une véritable identité graphique. Le moteur Unreal Engine prouve d'ailleurs qu'il peut accoucher de rendus chatoyants contrairement à ce que le premier Gears of War pouvait laisser croire. Rajoutez à cela une excellente bande son aux sonorités hispaniques signée par monsieur Silent Hill, Akira Yamaoka, et vous obtenez un titre à la direction artistique de qualité.

Le Hot Boner permet de cibler un ennemi. Un autre tir sur ce lock provoque une explosion : jouissif!

L'Enfer, c'est les autres

En terme de gameplay, le titre est un Third Person Shooter relativement classique. Les amoureux du chef d'œuvre de Shinji Mikami seront en terrain conquis. En effet, les similitudes avec Resident Evil 4 sont multiples. Garcia est un peu le Léon de 2011 au niveau des déplacements, à ceci près qu'il demeure un petit peu plus mobile du fait d'une esquive roulée/sautée à 360 degrés possible et même indispensable face à certains gros ennemis. Pour en découdre, votre latino possède trois types de flingues. Chaque calibre (pistolet, shotgun et fusil-mitrailleur) s'améliore au fil de l'aventure via un menu d'upgrades vous laissant libre d'augmenter la capacité d'une arme, sa puissance ou son temps de recharge. De surcroît, et c'est là le véritable ajout original du gameplay, vous disposez d'une torche servant face à l'obscurité des enfers. Portant atteinte à votre barre de vie si vous êtes exposés trop longtemps, la noirceur des lieux est toutefois un passage obligatoire pour mener à bien une petite énigme (activer trois interrupteurs dans des cabanes) ou récupérer des objets essentiels à la progression. Ces derniers sont souvent loufoques au possible et dénicher une fraise géante pour satisfaire une porte avec une bouille de gamin glouton dessus fera partie de votre quotidien.

Reprenant les mécaniques de gameplay du jeu, les chapitres de shoot en 2D sont agréables.

« Il te course dans les couloiiiiirs »

Chose assez rare dans les jeux vidéo actuels, mais peu surprenant pour du Suda51, Shadows of the Damned fait dans l'humour décalé pour adulte. Une imagerie sexuelle anime l'histoire et fait partie intégrante du gameplay puisqu'une arme s'appelle carrément le Big Boner (la "grosse trique" si une traduction est nécessaire). Mais au-delà des allusions phalliques décalées, le titre bénéficie tout simplement de bons dialogues et d'un doublage anglophone inspiré. Dommage que la synchronisation labiale ne suive pas en revanche. Au rayon des regrets, mentionnons le level design rébarbatif. Nettoyer une zone de ses ennemis, jouer avec l'obscurité, résoudre une mini énigme : le titre a vite tendance a suivre une schéma identique et ce malgré la présence de quelques boss gigantesques et de séquences de shoot them up en 2D à l'ancienne. Le jeu aurait sûrement gagné en variété à proposer davantage d'environnements extérieurs histoire d'aérer la narration et d'éviter le syndrome level design de couloirs comme c'est trop souvent le cas dans les productions actuelles. Mais malgré tout ces détails cités avant et la présence de bugs d'affichage et de collision par moment, le plaisir est là pendant environ huit heures en mode normal.
Les Plus
  • Le gameplay efficace
  • L'ambiance déjantée et l'humour adulte
  • La bande son de qualité signée Akira Yamaoka
  • L'Unreal Engine bien exploité
  • La difficulté plutôt bien dosée
  • Une durée de vie honnête
Les Moins
  • Le scénario pour le moins confus
  • Le level design répétitif et peu aéré
  • Des bugs de collision et d'affichage
  • La synchronisation labiale pas au top