From Dust transforme la poussière en or

27 juil. 2011
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Ubisoft
  • Développeur Ubisoft
  • Sortie initiale 27 juillet 2011
  • Genre Gestion

Sur From Dust, la maîtrise est évidente. Maîtrise de la forme d'abord avec un univers envoûtant, aussi bien visuellement que techniquement. Maîtrise du sujet ensuite avec un gameplay épuré mais astucieux et très accrocheur. Une fois embarqué dans l'aventure, vous aurez du mal à vous en extraire tant la destiné de ce peuple à la recherche de ses origines vous intriguera. L'aspect "bac à sable" du jeu ne manquera pas aussi de vous inciter à revenir sur des niveaux déjà complétés, pour continuer à façonner l'environnement ou tout simplement pour l'observer évoluer et vous émerveiller devant les forces de la nature. Après plus de dix ans d'absence, Éric Chahi revient - très bien entouré - avec un jeu d'exception qui est, en plus, proposé à un prix modique. N'attendez plus : foncez !

La toute-puissance de la nature, voilà un thème rarement abordé dans le jeu vidéo. Alors, lorsque le sujet est traité par Éric Chahi, un auteur discret qui a pourtant marqué toute une génération avec des titres tels que Another World et Heart of Darkness, l'intérêt est grand. Si observer la Terre en mouvement fait réfléchir à la place de l'Homme dans la nature, jouer quelques minutes à From Dust ne laisse aucun doute sur la place du joueur dans cet univers d'exception.

Façonnez l'environnement pour le rendre plus hospitalier, au moins pour un temps...

Dieu est un autre

Dans le monde de From Dust, il n'y a rien. Ou presque. Juste une poignée d'indigènes qui tentent de retrouver leurs origines. Heureusement, vous êtes là. Vous êtes le Souffle, une entité divine capable de déplacer la terre, l'eau et la lave. Grâce à ce pouvoir, vous allez guider cette tribu, lui permettre d'établir des villages et surtout d'échapper aux éléments : tsunamis, éruptions volcaniques, inondations, feux de forêt, glissements de terrain... Décidément, la vie tribale est loin d'être de tout repos. A première vue, From Dust est donc un god-game où, en tant que Dieu-joueur, vous allez pouvoir tout contrôler. Il n'en est rien. Ici, vous n'êtes pas tout-puissant, vos interactions sont limitées et vous devez constamment composer avec les caprices de la nature pour mener votre tribu à bon port. Et c'est là tout l'intérêt du jeu. Les éléments font la loi, comme un rappel que nous ne sommes pas grand chose face à ces forces qui nous dépassent. La lave en est le parfait exemple. Elle vit sa vie ! Vous aurez beau tenter de dévier son chemin, elle reprendra toujours le dessus et resurgira plus loin. Éric Chahi a beaucoup observé les volcans ces dernières années et l'influence de cette expérience sur From Dust est évidente.

Le village est protégé de la lave grâce à la musique.

Le Souffle coupé

Le mode Histoire de From Dust est découpé en 13 niveaux. Vous démarrez chaque niveau avec une tribu qui ira automatiquement construire un village autour du totem que vous lui aurez indiqué. Chaque totem récupéré libère un de vos pouvoirs. Bien entendu, les totems suivants ne sont pas toujours accessibles. A vous de dégager et surtout sécuriser le terrain jusqu'au prochain. Mais l'environnement évolue sans cesse (éruptions, tremblements de terre, déluges, etc.) rendant vos villages vulnérables. Entre les indigènes grillés par une coulée de lave en tentant de récupérer le prochain totem et votre premier village submergé par un tsunami, vous aurez beaucoup à faire pour protéger tout ce petit monde. Heureusement, le monde de From Dust est un peu magique. Des pierres de chants sont disséminées sur chaque carte. En envoyant un chamane les déchiffrer, vous pourrez protéger vos villages des assauts de l'eau et de la lave. Encore faut il qu'il ait ramené ces précieuses informations avant la prochaine catastrophe naturelle... Le mode Défi du jeu, décliné en 30 niveaux, est d'ailleurs un bon moyen de s'entrainer à la mise en place d'un timing serré.

Ce masque en nacre leur donne un air enfantin et provoque l'empathie.

From dust to heaven

Mais tout ça ne tiendrait pas la route si From Dust n'était pas avant tout un jeu envoûtant. Techniquement d'abord avec un gameplay d'une simplicité très étudiée et un moteur physique impressionnant. Artistiquement ensuite avec une vraie direction, une vision très "roots", très tribale d'un univers joliment maitrisé. Pour son premier projet en tant que Art Director, le talentueux Bunro Gentile (3D Artist et Concept Artist sur la série Prince of Persia) fait des merveilles. Tout en proposant un emballage visuel accrocheur et immédiatement identifiable, From Dust va a l'essentiel. A l'heure du tape à l’œil et de l'opulence, cette subtilité générale force le respect. Cette subtilité, on la doit bien sûr à Éric Chahi, un auteur qui n'hésite pas à prendre son temps pour laisser mûrir une idée. Dans une récente interview, il déclarait : "La beauté et la puissance de la vraie vie sont bien plus fortes que la plupart des visions artistiques représentées dans les films et les jeux." Prenez le temps d'utiliser la caméra rapprochée pour suivre l'un des indigènes, observez les environs, la puissance des éléments, ou même simplement le grand masque en nacre porté par les membres de la tribu et vous verrez que From Dust pourrait bien être l'exception qui confirme la règle.
Les Plus
  • Le principe, tout bête
  • Le moteur physique impressionnant
  • Une direction artistique impeccable
  • Une rejouablité évidente
  • Une ambiance sonore très subtile
  • Un mode Défi conséquent avec des challenges variés
  • La vue rapprochée près des indigènes
  • La mémoire tribale disponible dans les menus qui mériterait un ouvrage entier
  • Jouer avec la lave !
Les Moins
  • Pourquoi ça s'arrête ?