Gran Turismo 5... ans de retard ?

08 déc. 2010
Testé par sur
3

Initialement prévu pour la fin 2007, il aura finalement fallu attendre ce mois de novembre 2010 pour voir arriver Gran Turismo 5. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il s'est fait attendre, le bougre, et que bon nombre d'images et vidéos nous ont fait saliver depuis son annonce. Néanmoins, on ne sait que trop bien qu'arlésiennes et jeux vidéo font rarement bon ménage, et Gran Turismo PSP est d'ailleurs là pour nous le rappeler. Ainsi, peut-être aurions-nous dû calmer nos ardeurs et ne pas nous exciter trop rapidement. Explications.

Avec le mode GT, les aficionados de la franchise retrouveront les bases de l'habituel mode carrière.

On prend les mêmes et on recommence

Avant de parler des entrailles de Gran Turismo 5, abordons son mode carrière intitulé GT et ressemblant comme deux gouttes d'essence à ceux des précédents volets. A travers sa section A-spec, le jeu vous permet toujours d'enchaîner des courses aux conditions d'entrée variées : nationalité des véhicules, année de fabrication, poids, type de pneus, etc. Pour sûr, les habitués de la série ne seront pas dépaysés. vous retrouvez aussi le mode B-spec apparu dans Gran Turismo 4 et qui vous met dans la peau d'un chef d'écurie. Que dire si ce n'est que celui-ci se révèle encore moins passionnant qu'auparavant, le jeu vous empêchant d'utiliser l'IA dans la partie A-spec, ce qui aurait pourtant permis, à l'instar d'un Forza Motorsport 3, de ne pas avoir l'impression de perdre notre temps sur certaines courses courues d'avance. Ces deux modes sont basés sur des systèmes d'expérience indépendants et assez communs : en remportant des courses vous gagnez des points qui au fil des niveaux débloquent de nouvelles épreuves et de nouveaux bolides. Pour parvenir à vos fins, vous devez faire les choix appropriés dans votre garage, mais surtout dans le magasin de préparation et chez les concessionnaires et autres vendeurs d'occasion. Si cela reste quasiment identique au schéma passé, les achats d'occasion se résument désormais à une courte liste s'allongeant au fil de nos exploits. Fini le temps de la GTO Twinturbo de 1995 en début de partie. C'est d'autant plus regrettable que la progression est vite redondante et plutôt bancale. Les niveaux et conditions d'entrée nécessaires font que vous passez le plus clair de votre temps à chercher quoi faire. Ainsi, nous n'avons que très rarement le choix de participer à telle ou telle course, les décisions s'imposant souvent d'elles-mêmes.

Le kart fait partie des bonnes surprises de ce cinquième volet.

De la variété bienvenue

Si vous veniez à ne plus trouver de courses dans les modes A-spec et B-spec, vous pourrez toujours vous atteler à passer les habituels permis (devenus facultatifs), mais aussi à participer aux événements spéciaux. Ces derniers regroupent plusieurs épreuves comprenant principalement des courses de karts, de Nascar et de rallye, les autres challenges faisant plus office de remplissage qu'autre chose. Mais pour ce qui est des karts et épreuves de Nascar, l'effort fourni est une agréable surpise. Bien que les courses de karts restent plutôt basiques, elles diffèrent assez des courses de grand tourisme pour vous divertir. Pour ce qui est de la Nascar, le jeu vous place sous l'aile de Jeff Gordon, pilote de l'écurie Hendrick Motorsport dans laquelle vous devez effectuer diverses séries de défis. L'épreuve de rallye reprend plus ou moins la même structure, en vous proposant des courses mais aussi des épreuves au côté de notre Sébastien Loeb national. Soulignons néanmoins que le rallye fait toujours office de maillon faible. Un constat dû à un manque de sensations de vitesse assez flagrant ainsi qu'à une technique bien plus perfectible que sur route (textures du sol, projection de graviers, murs invisibles, etc.). L'expérience solo peut évidemment être prolongée dans le multijoueur. C'est d'ailleurs dans cette section que ces épreuves prennent toute leur ampleur, surtout que leur consistance s'avère limitée dans le mode GT.

Malgré l'aliasing des ombres sur le tableau de bord, cette vue reste l'un des atouts de cet opus. Dommage qu'elle soit résevée aux voitures premium.

The Real Driving Simulator

Les sensations de conduite, voilà un point sur lequel Gran Turismo a visiblement conservé son prestige d'antan. Le jeu garde ainsi la recette des précédent épisodes, à savoir un compromis entre arcade et simulation, tournant naturellement vers ce dernier aspect lorsque vous enlevez les aides mises à votre disposition. La physique des véhicules est souvent irréprochable et c'est avec plaisir que l'on s'essaye à tout type de bolides histoire de varier les sensations. Et ce n'est pas ce qui manque, le jeu comptant pas moins d'un millier de voitures. Un chiffre qui reste à relativiser, les véhicules étant divisés en deux catégories : premium et standard. Les voitures appartenant à la première sont disponibles en neuf chez les concessionnaires tandis que celles de la seconde sont glanées en remportant des courses ou en les achetant d'occasion dans le menu dédié. Seulement voilà, ces véhicules standards (représentant 80% des bolides) sont presque tous issus de Gran Turismo 4 et leur modélisation a bénéficié de bien moins de soin que leur homologues premiums. Probablement un relent du feu Gran Turismo HD, prévu il fut un temps et qui devait être une sorte de mise à jour HD de la licence. Dommage, même si cela n'influe en rien sur le plaisir de conduite manette en main. Ce qui est plus énervant, c'est le fait que ces véhicules premiums soient les seuls à bénéficier de la vue cockpit. Si cette dernière avait été anecdotique ça n'aurait pas été un souci, mais le travail effectué et l'immersion insufflée sont tels que l'absence de cette option pour la grande majorité des véhicules est vraiment regrettable. Un réalisme qui ne s'arrête pas à cette immersion visuel et s'étend aux conditions de courses. Ainsi, même si ce n'est valable que pour quelques pistes, le jeu gère désormais les cycles jour/nuit et les conditions météorologiques (pluie et neige). Un plus indéniable par rapport à la concurrence, surtout quand on ajoute à cela le réalisme des tracés et leurs reliefs, absolument dingues. Vous avez souvent l'impression d'être sur une route et non dans un jeu vidéo. De ce point de vue, Gran Turismo reste la référence. C'est également le cas au niveau du son, ou du moins du vrombissement des moteurs, les musiques étant assez communes et peu marquantes dans l'ensemble. Qu'à cela ne tienne, le titre de Polyphony Digitale vous permet d'importer les vôtres. Merci.

L'IA se contente trop souvent de suivre sa trajectoire. Attention à ne pas la toucher, sous peine d'avoir à faire à son absurdité.

Un Emballage qui manque cruellement de réalisme

Alors que les sensations de conduite restent excellentes, à l'image d'une citadine dans une course de grosse cylindrées, Gran Turismo 5 est parfois complètement à la traîne, notamment en ce qui concerne les à-côtés. En effet, le jeu est déservi par un "emballage" véritablement archaïque. Tout commence par l'intelligence artificielle absolument affolante de médiocrité et faisant office de poison pour l'intégralité du mode GT. En plus de se contenter de suivre bêtement ses trajectoires, celle-ci parait souvent incapable de vous dépasser proprement. Mais le pire, la chose véritablement rageante et qui parviendrait à rendre fou Doko dans Les Chevaliers du Zodiac, c'est sa tendance à freiner lorsque vous touchez l'arrière de sa carrosserie. Ainsi, à la moindre petite touchette, la voiture qui vous précède aura tendance à vous bloquer de la façon la plus débile qui soit, et ce même si ça lui fait perdre du temps. Un sentiment que vous retrouvez lorsque vous touchez un véhicule sur les côtés et que celui-ci s'obstine à forcer le passage, probablement car vous vous trouvez sur la trajectoire idéale. Dans le même genre, la quasi-absence de pénalités dans le mode solo est à déplorer. A part dans diverses épreuves comme le rallye, le jeu ne vous pénalise jamais lorsque vous coupez la pistes ou vous appuyez comme une brute contre vos concurrents. A coup sûr, les bourrins retrouveront rapidement leurs marques. Sans faire d'effort, il reconnaîtront alors le bruit sourd des collisions, bruit qui semble être le même depuis plus d'une décennie. Ah ! les collisions, l'occasion de parler d'un autre gros souci de Gran Turismo 5 : leur gestion ainsi que celle des dégâts, les deux semblant aller de paire. En effet, le fait de toujours pouvoir foncer dans les virages pour vous appuyer sur vos concurrents est gênant en soi mais devient problématique lorsque l'on sait qu'aucun dégât ou presque n'est pris en compte. Autrement dit, vous n'avez que très peu de chance d'y perdre en faisant de telles manoeuvres contre l'ordinateur : pas de pénalité, des chocs mesurés et pas de dégâts sur votre véhicule. Certaines voitures ont parfois le droit à de légères détériorations, certes, mais n'espérez pas les voir en jouant naturellement. A noter, pour en finir avec ça, que les dégâts se débloquent au fil des niveaux. Vraiment bizarre. Tous ces détails nous rappellent qu'en solo Gran Turismo 5 n'est vraiment qu'un bête jeu de Time Attack : l'IA fait sa course et vous la votre, chacun de son côté. Point. Avouons qu'après plus de cinq années de développement, il y a de quoi être sceptique.

Bien que Gran Turismo 5 soit parfois bluffant, nous sommes loin de la perfection graphique tant attendu.

La Désillusion technique

Sur le plan technique, Gran Turismo 5 laisse aussi une impression quelque peu mitigée. D'un côté, le jeu reste très beau, voire bluffant lorsqu'il s'agit de certains environnements ou de la modélisation des voitures premiums et de leurs intérieurs ; mais de l'autre il pâtit de tares parfois grossières et, surtout, impardonnables pour une série qui a toujours fait office de vitrine pour les machines de Sony. Ainsi, comment ne pas être déçu par l'aliasing présent à l'écran, particulièrement sur les ombres véritablement moches ? Ou par le tearing affligeant dans certains virages ? Ou par la modélisation décevante de certains modèles standards laissant entrevoir des textures approximatives, des pièces un peu trop anguleuses et des reflets bien moins travaillés que sur les voitures premiums ? Ou par la modélisation et l'animation des spectateurs ? Ou encore par les chutes de framerate dans certaines courses "spécifiques" (comme celles de nuit) ? Vous comprendrez donc que même s'il reste beau, Gran Turismo 5 est loin d'être le mastodonte visuel que Sony nous a fait miroiter pendant de (trop) longues années. Les chanceux possédant un téléviseur adéquat peuvent tout de même se consoler en activant l'option 3D relief. Si cette dernière finit de rendre l'aliasing insupportable, elle a le mérite d'ajouter de la profondeur, en particulier lorsque vous jouez avec la vue cockpit qui multiplie les plans. Le jeu n'étant pas parfait techniquement, il n'appartient qu'à vous de préférer cette option qui sera à coup sûr agréable aux yeux de certains. Un bonus peut-être, certes, mais un bonus vraiment sympathique.

Au niveau de l'interface, Gran Turismo frise la catastrophe.

Malgré ce constat graphique somme tout assez positif en dépit de quelques soucis, nous nous retrouvons aussi avec des points beaucoup plus agaçants. Tout d'abord, il y a les installations absolument énormes. A ce sujet, deux choix sont possibles : soit vous décidez d'installer les 8 GB d'un coup d'un seul, soit vous laissez le jeu procéder à des installations partielles avant chaque course. Quoiqu'il en soit, sachez que si vous décidez de passer outre l'installation, les temps de chargement peuvent dépasser la minutes. Autant vous dire que bien que ces derniers restent affreusement longs une fois le jeu installé, il est vivement conseiller d'exécuter la tâche sans rechigner. Quitte à avoir des temps de chargement aussi long, on aurait apprécié être confronté à autre chose que des écrans noirs. Ainsi, il est dommage que les développeurs n'aient pas eu l'idée d'inclure des informations encyclopédiques/historiques lors des temps de chargement, un peu à la manière de Forza Motorsport 3, ce qui nous aurait au moins permis de nous coucher moins bête le soir. En plus des temps de chargement, il y a aussi cette interface, manquant de lisibilité et globalement aussi lourde que La Boule dans Fort Boyard. Il vous arrivera ainsi de pester contre certains détails comme le fait de ne pouvoir acheter directement les voitures pour pouvoir participer à une compétition, le jeu vous obligeant constamment à revenir en arrière pour faire un tour chez les concessionnaires. Pareillement, il est impossible d'accéder au mode A-spec si on utilise le kart, ne serait-ce que pour voir votre progression et voir si des courses sont accessibles ; et la récupération des nouveaux véhicules via le menu est également synonyme de grosse perte de temps. Les soucis d'interface se retrouvent au sein des courses avec, par exemple, l'impossibilité d'accéder aux réglages du véhicules sans passer par le menu principal. Question lisibilité, il aurait été sympa de pouvoir désactiver le HUD lors des épreuves, l'écran paraissant beaucoup trop surchargé.

L'éditeur de circuits porte bien mal son nom...

La Communauté de l'anneau

Gran Turismo 5 était aussi attendu sur l'aspect communautaire. Tout d'abord, il était censé être le premier "vrai" épisode à proposer un mode de jeu en ligne en sus du deux joueurs en écran splitté. Sur ce point, pas de surprises : le titre se contente de fournir des courses en ligne entièrement paramétrables (nombre de tours, de concurrents, météo, voitures, etc.). A noter que les parties sont plutôt stables, ce qui ne semblait pas gagné d'avance compte tenu des carences techniques du jeu. En revanche, l'interface fait encore une fois bordélique, rien d'étonnant étant donné le constat fait dans les lignes précédentes. Mais l'aspect communautaire ne se résume pas à la seule présence d'un mode en ligne et s'étend à la notion de partage. Sur ce terrain, Forza Motorsport 3 reste la référence absolue, et ce n'est pas Gran Turismo 5 qui va venir lui faire de l'ombre. Certes, un éditeur de circuit est présent, mais gros problème : celui-ci porte mal son nom puisqu'il consiste plus à créer des circuits aléatoirement en sélectionnant quelques critères qu'à vous laisser éditer vos propres pistes. On est très loin des éditeurs de circuits réputés. En plus de ça, le jeu permet aussi de partager vos véhicule en les envoyant à vos amis. Allez savoir pourquoi, mais Polyphony Digitale a mis en place un étrange système de peinture. Lorsque vous remportez un véhicule, vous remportez sa couleur, vous permettant ainsi de l'utiliser une fois sur un de vos autres véhicules. De ce fait, lorsque vous échangez votre véhicule, vous donnez également sa couleur à la personne qui la reçoit. Je vous laisse deviner les limites de personnalisation dû à ce système, surtout qu'il est impossible de vous adonner aux joies de la décalcomanie.

Le rendu de certaine photos est pourtant bluffant, parfois.

Un mode photo est néanmoins présent, mais bien que celui-ci souffre également d'énormes lacunes. Pour prendre vos photos, deux solutions s'offrent à vous : faire des "photos de voyages" ou prendre vos clichés lors des courses. Le premier choix consiste à placer son véhicule dans un décors plus ou moins touristique et a la mérite de fournir un rendu final parfois bluffant. Car à l'image de celui de son concurrent principal et malgré les pseudo-réglages possibles, le mode photo de Gran Turismo 5 repose surtout sur un système de retouche automatique, de quoi vous donnez l'impression d'être le Robert Doisneau de l'automobile. Une autre possibilité consiste à prendre votre photo en plein feu de l'action, pendant les courses. Enfin pas tout à fait : allez savoir pourquoi, il se trouve que vous ne pouvez prendre les clichés qu'une fois les courses terminées, lors de ralentis vous empêchant de faire des retours en arrière et avances rapides. Un "détails" incroyable lorsque l'on sait que le jeu de Microsoft permet d'accéder au mode photo à tout moment. De plus, le rendu des photos lors des courses s'avère bien en deça de celui des décors touristiques. Décidément, rien à faire, Gran Turismo 5 a également un tour de retard sur le plan communautaire, et ce n'est pas le fait de pouvoir exporter ses photos ou la présence d'un musée assez anecdotique qui y changent quelque chose...
Les Plus
  • Très beau...
  • La 3D sympathique
  • Certains événements spéciaux comme les courses de karts et de la Nascar
  • Un compromis entre arcade et simulation destinés à tous
  • Le physique des véhicules
  • Un nombre de voitures tout de même impressionnant
  • La vue interne, vraiment excellente
  • Le relief des circuit, incroyable
  • La gestion des cycles jour/nuit et de la météo
  • Le bruit des moteurs
  • La possibilité d'importer nos propres musiques
  • Un mode en ligne qui se contente du minimum mais qui a le mérite d'être là
  • Le système de partage, assez sympathique
  • Une durée de vie conséquente
  • Gran Turismo 5 est sorti
Les Moins
  • ...même si décevant (aliasing, clipping, tearing, ombres, etc.)
  • La modélisation des voitures standards
  • Le système d'installation et les temps de chargements
  • L'interface
  • Le surplus d'information à l'écran
  • Le mode GT, sans aucune surprise
  • La section B-spec qui a la palme de l'inutilité
  • Le système de voitures d'occasion
  • L'idée de mettre des voitures premiums et standards
  • La progression archaïque et redondante
  • Les courses de rallye, toujours ratées
  • Le fait que la vue interne soit uniquement présente sur les modèles premiums
  • Certains bruitages (chocs) ratés ainsi que des musiques quelconques
  • L'intelligence artificielle, absolument honteuse
  • L'absence de pénalités
  • La gestion des chocs et des dégâts
  • Mode photo très décevant
  • La personnalisation de la carrosserie très limitée
  • L'éditeur de circuit, une grosse blague
  • L'impression d'être devant une simple refonte HD d'un épisode PlayStation 2
Résultat

Aimer Gran Turismo 5, c'est un peu comme aimer Pro Evolution Soccer en 2010 : c'est possible mais c'est plus une question de feeling qu'autre chose. Et surtout pas une évidence. Le jeu souffre d'un manque flagrant de finition, et ce aussi bien en ce qui concerne la forme que le fond. Globalement, on a surtout l'impression de jouer à un Gran Turismo 4 HD, le jeu conservant un grand nombre de défauts paraissant désormais inhérents à la franchise. Ainsi, on déplore le côté répétitif de la progression, une technique tout de même perfectible, l'interface ultra lourdingue, la gestion des dégâts, l'absence de pénalités dans le mode solo, un aspect communautaire décevant et, surtout, une IA indigne d'un jeu de courses automobiles. Et quand le jeu intègre de nouvelles idées, il peine à convaincre. On pense notamment au système de voitures premiums et standards, au mode en ligne en demi-teinte et aux courses spéciales qui s'apparentent souvent à du remplissage plus qu'autre chose. Consolons-nous alors avec l'arrivée des cycles jour/nuit et de la météo, avec les épreuves de karts et de Nascar, avec le nombre de voitures tout de même ahurissant, avec un côté encyclopédique bienvenu, avec la vue intérieure présente pour les modèles premiums et, encore heureux, avec la physique exemplaire des véhicules et le relief des circuits, tout simplement bluffant. Au final, c'est à la fois beaucoup et peu, surtout quand on sait que le jeu est en développement depuis moult années ; et après un épisode PSP très décevant, la franchise Gran Turismo 4 vacille plus que jamais sur son trône qu'on lui pensait pourtant définitivement acquis. Le titre de Polyphony Digitale reste malgré tout un des meilleurs jeux de courses de cette année 2010 grâce à une concurrence discrète. Comme quoi le retard peut avoir du bon... Pas sûr que Gran Turismo 5 aurait gagné à être comparé à ses rivaux, aussi bien passés (Forza Motorsport 3) que futurs (Shift 2).