Faery : Legends of Avalon, de la féerie et c'est tout ?

04 déc. 2010
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Faery : Legends of Avalon est à peine sauvé par son univers original et son système de combat tout juste sympathique. En effet, le titre de Focus Home Interactive pâtit de lacunes difficilement pardonnables comme le progression incohérente (et donc frustrante) ou la gestion de la caméra tout bonnement honteuse. Si on ajoute à cela une technique plus que perfectible, il devient difficile de conseiller ce Faery : Legends of Avalon. Pourtant, les joueurs en manque d'originalité et de RPG pourront toujours tenter l'aventure, mais ces derniers savent désormais à quoi s'attendre.

Avec Faery : Legends of Avalon, Focus Home Interactive compte bien nous faire voyager dans un monde atypique fait de rêve et de magie. Mais voilà, nous savons tous que les bonnes intentions parfois ne suffisent pas, même au pays des fées et des gnomes. Alors, rêve féerique ou cauchemar ?

"Allons-y et que la bonne fortune guide nos pas sur le chemin de l'amitié."

Magic L'Assemblée au pays des fées

Faery : Legends of Avalon nous permet d'incarner un avatar (homme ou femme) créé par nos soins au début de l'aventure et qui, pour le bien de ce test, sera appelé Pépito dans les lignes qui suivent. Le monde de Faery est sur le déclin : la magie est comme absorbée et disparaît petit à petit. C'est ce moment que Pépito a choisi pour sortir de son état de stase, enfermé dans un cristal depuis un sacré bout de temps. A son réveil sur l'île d'Avalon, il rencontre Obéron, roi de ce royaume déchu, qui lui explique que le monde de Faery subit un triste sort. Pépito est alors mandaté pour former un groupe d'aventuriers et aller voir ce qui se trame dans les différents mondes de Faery afin de savoir si la féerie, délaissée par les humains, a toujours sa place sur ces terres. Si le scénario de Faery : Legends of Avalon se révèle plutôt classique, le design général se charge de donner au titre une touche d'originalité. Bien que l'univers soit féerique, le design inquiétant des personnages et les couleurs globalement ternes donne au jeu un peu de caractère et d'étrangeté. Des bizarreries, mais aussi de la diversité : fées, faunes, gnomes, trolls, dragons, sirènes, fantômes, djinns... le jeu sait varier les personnages, ainsi que les ambiances et paysages, allant de l'arbre féerique au milles et une nuits en passant, entre autre, par un navire fantôme. On déplore alors les carences techniques assez nombreuses, que ça soit concernant les textures, les différents bugs d'affichage et de collision ou le clipping calamiteux. Faery : Legends of Avalon aurait assurément gagné à voir son univers être mieux mis en valeur. Enfin bon, il n'y a pas non plus de quoi crier au scandale : nous sommes en face d'un jeu téléchargeable qui, vraisemblablement, n'a pas eu un budget faramineux.

Ce niveau, l'un des premier du jeu, résume bien les soucis de caméra.

Des lacunes loin d'êtres féeriques

Les problèmes techniques de Faery : Legends of Avalon sont accompagnés d'autres soucis, bien plus inquiétants et qui concernent le gameplay. Tout d'abord, comment ne pas pester devant cette caméra tout bonnement abominable ? En effet, les déplacements ne se font que dans les airs, ce qui, dans le cas présent, engendre bien des tracas. Lorsque vous avancez, la caméra est toujours placée dans la direction du personnage, vous empêchant de scruter l'environnement alentour. Un réel problème car les niveaux sont à la fois horizontaux et verticaux. Notez également l'impossibilité de "sprinter" en marche arrière, ce qui donne souvent l'impression d'avoir besoin de faire un créneau pour accéder à un lieu ou parler à un personnage. Cet aspect négatif est renforcé par l'incohérence de certaines quêtes, voire de la progression tout court. Il arrive qu'il faille discuter avec un personnage pour pouvoir en aborder un autre, alors que vous lui aviez déjà parlé auparavant. Un petit exemple. Au début de l'aventure, notre brave Pépito doit constituer son équipe. Si le premier protagoniste à recruter est évident, le second ne daignera s'entretenir avec vous que si vous parler préalablement avec un autre habitant. Sauf qu'il se peut que vous ayez déjà parlé à cet habitant, mais pas forcément au bon moment. Autrement dit, la progression vous donne parfois l'impression de se faire au petit bonheur la chance, un peu comme lorsque l'on doit aller chercher du poisson dans une grotte sans explication alors qu'un pêcheur (avec du poisson devant son habitation) est présent sur l'île. Dans le même genre, il vous arrivera de rugir devant le manque d'indications. Bien dès quêtes se résume à "faites ceci" ou "faites cela" sans vous donner d'informations précises sur ce que vous devez faire. Et n'espérez pas avoir des renseignements dans votre journal de quêtes, celui-ci se résume à des successions d'énoncés tenant en quelques mots. Vous vous retrouvez donc fréquemment à perdre du temps en cherchant tout et n'importe quoi. Ce manque de cohérence est particulièrement frustrant et, personnellement, j'avoue avoir eu envie de balancer ma console par la fenêtre plus d'une fois !

Bien que basiques, les combats se laissent jouer.

Quand combats classiques rime avec sympathiques

Concernant les systèmes de combat et d'expérience, Faery : Legends of Avalon fait dans le classique. Nous sommes en présence d'un tour par tour basique mais efficace, couplé à un système de points d'action. En cumulant les niveaux, vous gagnez des points d'action vous permettant d'enchaîner des attaques. Ainsi, lorsqu'un personnage joue, il peut par exemple utiliser une potion puis attaquer. Des magies à choisir en attribuant des points de compétence sont également de la partie. En fonction de leur puissance, ces dernières utilisent plus ou moins d'unités d'action. En sus de ce système, vous pouvez changer l'équipement de votre héros et lui choisir des "métamorphoses". Ce terme désigne des particularités physiques donnant à votre avatar de nouvelles attaques ou modifiant certaines de ses caractéristiques (puissance, endurance, etc.). A noter que ces métamorphoses, à l'instar de l'équipement, changent l'apparence de votre personnage. Votre équipe est constituée de trois protagonistes pouvant être remplacés à des endroits définis. Toutefois, seul Pépito est personnalisable, comprendre par là qu'on ne peut gérer l'expérience des autres membres. Même si ces éléments sont simples, voire simplistes pour certains, les combats restent l'un des aspects les plus réussis du jeu. Dommage néanmoins que le challenge soit quasiment absent, le côté stratégique se résumant généralement à savoir s'il nous faut utiliser des attaques normales ou de la magie. De ce fait, vous pourriez croire que le jeu est particulièrement court, mais il n'en ait rien. Comptez entre quinze et vingt heures pour finir l'aventure en prenant (ou perdant) votre temps. Pour un titre téléchargeable à 10 euros, avouons que cela reste tout à fait satisfaisant. Un dernier mot sur les musiques, vraiment sympathiques, ainsi que sur le système de dialogues, plus ou moins inspiré de Mass Effect et qui de par sa grande simplification n'atteint en rien la qualité de son modèle. La plupart du temps, vos choix ne vous donnent même pas l'impression d'être pris en compte. Dommage.
Les Plus
  • L'univers
  • Les combats assez sympas
  • La personnalisation, sympathique même si basique
  • Les musiques
  • Durée de vie raisonnable
Les Moins
  • Ce n'est pas très beau...
  • Des combats tout de même trop simplistes
  • La caméra, désastreuse
  • Une progression pas toujours cohérente
  • La liberté artificielle des dialogues
  • Pas de doublage