Blood Stone 007 : jamais plus jamais ?

25 nov. 2010
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Fainéant, Blood Stone 007 l'est sûrement. Avec son gameplay balourd et un seul véritable ajout par rapport à Quantum of Solace, le titre de Bizarre Creations vous laisse sur votre faim. Faible graphiquement, le jeu bénéficie de courses poursuites peu intéressantes en soi même si elles lui confèrent un certain rythme. Avare sur les gadgets, cette aventure de l'espion britannique est donc un FPS honnête à prendre éventuellement en occasion mais peut difficilement prétendre à votre achat plein tarif.

Au rang des adaptations de films en jeux vidéo, l'espion britannique s'était propulsé au panthéon l'espace d'un temps avec GoldenEye 007. Mais l'ère de la Nintendo 64 est bien loin, et la plupart des jeux qui ont suivi n'ont pas su retrouver la saveur d'antan. Il y a deux ans, Treyarch accouchait d'un James Bond : Quantum of Solace relativement moyen. Il faut dire que le film éponyme dont il était en partie tiré n'était pas la meilleure source d'inspiration possible. Avec Blood Stone 007, Bizarre Creations invente de toute pièce une aventure en respectant le cahier des charges de la licence. Décidément, James Bond ne meurt jamais...

Des figures emblématiques de la saga sont présentes comme M.

Quand on M, on ne compte pas

Blood Stone 007 a beau être inédit du point de vue du scénario, tous les éléments ou presque chers à l'espion créé par Ian Fleming sont de la partie. Et ceci à commencer par les acteurs, Daniel Craig et Judith Olivia Dench (le personnage de M dans la série). Voyage aux quatre coins du globe (Athènes, Monaco, Bangkok, Istanbul, Sibérie, ex-URSS), séquences de fusillades et d'infiltrations, poursuites en voitures, le tout agrémenté de vodka-martini et d'une jolie fille : pas de doute, sur le papier, vous avez bien affaire à 007 qui, cette fois, devra régler une guerre bactériologique. Reste à voir ce que ça donne en pratique.

Vous avez meilleur temps d'attendre l'ennemi pour l'éliminer silencieusement au corps à corps.

Gameplay au service de Sa Majesté ?

Pour se débarrasser de ses ennemis, Bond peut bien entendu compter sur son silencieux Walther PPK. Au fil de l'aventure, il peut ramasser ce que ces derniers ont sur eux comme des fusils à pompe, à lunettes ou encore des mitraillettes. Bref, rien de foncièrement original. Des grenades auraient pu apporter un peu de variété à un gameplay mollasson mais il faudra faire sans. L'inertie du personnage demeure assez lente et la visée incroyablement assistée, même dans le mode de difficulté le plus élevé. L'orientation grand public du titre pourrait vite montrer ses limites. Heureusement, les développeurs, qui ont dû jouer à Splinter Cell Convinction entre temps, ont rajouté une possibilité de headshot automatique appelé "tir ajusté". Ainsi, à chaque fois que vous mettez hors d'état de nuire quelqu'un au corps à corps - en finesse ou non – vous gagnez ce tir magique. Vous pouvez en stocker jusqu'à trois, de quoi rythmer l'action comme il se doit lors des passages un peu tendus.

Malheureusement, cette particularité demeure l'unique apport de ce Blood Stone 007 en termes de gameplay. La plupart du temps, vous serez collé aux murs et jouerez à cache-cache avec vos assaillants. Le level design étant relativement répétitif, et ce en dépit de décors plutôt variés, les phases de jeu ont tendance à se ressembler. Certes, de temps à autre, Bond troque son PPK contre un bolide ou hors-bord. Avec Bizarre Creations aux commandes, il y avait de quoi être enthousiaste. Hélas, les créateurs de Project Gotham Racing 4 et Blur livre des poursuites sans véritable saveur. La conduite en elle-même n'a rien d'exceptionnelle et les tracés rien de fabuleux. Le côté ultra scripté des courses enlève peut-être le grain de folie de celles-ci.

La scène de poursuite en Sibérie est typique du "die & retry" si vous anticipez mal les virages.

Bons baisers de Multi

Progression en ligne droite, gameplay bien trop banal, Blood Stone 007 manque vraiment d'un petit plus qui lui permettrait de faire face à la concurrence. Les gadgets peut-être ? Eh bien non, à vrai dire. Si dans les romans et les films, l'agent secret n'hésite pas à se la jouer MacGyver, il laisse ici son côté Inspecteur Gadget au placard. En effet, seul son smart-phone lui permet de déceler des informations invisibles à l'œil nu. Un peu limite pour un espion censé bénéficier des dernières technologies de pointe. En parlant des choses qui fâchent, un mot sur le moteur graphique (textures sommaires, modélisations très moyennes), le doublage français horrible (tandis que la version originale reste appréciable) et la durée de vie solo sont limites aussi d'ailleurs. Comptez six heures en mode normal en solo. Reste le multi-joueurs, évidemment.

Praticable en LAN ou en ligne, le multi est à l'image du solo : classique. Ne prenant aucun risque, Bizarre Creations propose ainsi trois sous-modes vus et revus : Team Deathmatch (la première équipe à 50 morts ou ayant le plus de frags en 10 minutes remporte la manche), Last Man Standing (chacun pour soi, la survie avant tout) et le plus original Objectives (trois objectifs personnels vous sont attribués). Pas trop de lag à noter et des salons relativement remplis malgré la sortie récente du mastodonte Call Of Duty : Black Ops.
Les Plus
  • Les doublages anglais
  • L'ajout du "Tir Ajusté"
  • Les décors relativement variés
  • La mise en scène honorable
Les Moins
  • Le gameplay trop mou
  • Les phases de poursuites peu originales
  • La faible durée de vie en solo
  • Le manque cruel de gadgets
  • Le moteur graphique dépassé