Sin and Punishment, successeur du meilleur

30 juil. 2010
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur Nintendo
  • Développeur Treasure
  • Sortie initiale 7 mai 2010
  • Genre Action

Ce jeu autrefois réservé à une certaine élite s'offre au (grand) public de la Wii. La formule n'a pratiquement pas évolué et la complexité sans concession de l'univers présenté par l'original laisse place à une histoire naïve sans intérêt. Les puristes regretteront peut-être ces choix mais devraient se laisser charmer par une jouabilité impeccable et des graphismes enfin à la hauteur du concept. Moins nerveuse, cette suite compense par sa générosité et propose un véritable déluge, visuel et sonore. L'ajout de classements en ligne achèvera de convaincre les joueurs sensibles à la philosophie du studio, tout en multiplicateurs de points et en one-credit.

Jamais sorti du Japon, Sin and Punishment a pourtant fait date dans l'histoire du jeu de tir et de sa console d'accueil, la Nintendo64. Désormais accessible à tous sur la console virtuelle de la Wii, le jeu souffre néanmoins de son obsolescence technique et de l'absence de sa manette d'origine. Heureusement, le studio Treasure nous offre une suite aux goûts du jour.

Le niveau aquatique est sublime mais guère reposant.

Destructrice poursuite

Dans le futur. La Terre n'est plus qu'un immense champ de ruines, dévastée par des conflits que nous devinons apocalyptiques. De rares survivants subsistent au milieu des machines et des créatures extravagantes qui servent de gardiens à la planète. Un jeune humain appelé Isa se trouve en orbite de son astre natal en compagnie de la toute aussi jeune mais un peu moins humaine Kachi, lorsque leur vaisseau est attaqué par des forces armées belliqueuses. C'est le début d'une folle et destructrice course-poursuite contre des forces qui les dépassent. Officiellement, Successor of the Skies est la suite du Sin and Punishment sorti en l'an 2000 sur Nintendo64. Inutile toutefois d'avoir joué à ce dernier pour apprécier sa suite. Au contraire même, puisque celle-ci reprend les thèmes et de nombreuses idées de son prédécesseur, au point de paraître sans grande surprise en comparaison.

Certains affrontement ressemblent à un jeu de baston.

On prend les mêmes

Les possibilités de contrôles sont ainsi rigoureusement identiques. Il s'agit toujours d'un jeu de tir sur rails dans lequel le personnage est vu de dos et peut être déplacé de gauche à droite et dans les airs grâce au stick directionnel du Nunchuk. D'une pression sur le bouton C, il saute. Le bouton Z, pour sa part, devient rapidement un précieux allié puisqu'il permet d'effectuer une roulade/esquive qui vous rend invulnérable un court instant. Vital dans de nombreuses situations mais également risqué lorsque mal utilisé. Niveau offensif, vous tirez via le bouton B en pointant l'écran avec la télécommande. Il est possible de verrouiller une cible avec le bouton A ; tous vos coups portent mais sont en contrepartie moins puissants. Enfin, les ennemis ou projectiles trop collants goûteront à votre épée, qui peut même les renvoyer sur d'autres cibles. La seule fantaisie se situe dans le choix du personnage. Isa peut charger son tir pour lancer une attaque dévastatrice, très utile contre certains boss. Tandis que Kachi utilise un verrouillage multiple à la façon de Rez ou Panzer Dragoon.

La direction artistique, souvent brillante dans les jeux Treasure, déçoit ici.

Du rétro avec les moyens modernes

Les commandes sont donc vite assimilées et le principe est simple. Mais tout l'art du studio Treasure se mesure dans la déclinaison et l'optimisation constante de sa formule. La perspective change au gré des niveaux et des situations pour transformer le rail shooter en un plus classique shoot'em up à scrolling, voire un jeu de plates-formes / action. Un retour aux fondamentaux de l'époque 16 bits mais avec les moyens d'aujourd'hui. A ce sujet, la réalisation technique est de qualité avec des dizaines (centaines ?) d'éléments animés à l'écran sans que la console ne faiblisse. Malheureusement, cette propreté gagnée par rapport aux bouillies de pixels de la Nintendo64 masque péniblement une direction artistique des plus conventionnelles. Les cinématiques donnent notamment l'impression d'être devant un jeu de rôle japonais aux personnages clichés et aux dialogues ridicules, loin de la mélancolie de l'épisode original. Reste l'action, nerf de la guerre du genre, dont la richesse et la frénésie promettent de longues heures de scoring aux amateurs.
Les Plus
  • La visée au pointeur est un régal.
  • Variété de situations et intensité : le jeu de tir à son meilleur.
Les Moins
  • Les joueurs du précédent risquent de ne pas être étonnés.
  • Scénario et personnages ratés.