Nikopol, tout en finesse

29 oct. 2008
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Nikopol est un très bon jeu d'aventure doté d'un univers très particulier ainsi que d'un scénario qui tient la route. Bénéficiant de l'univers de la BD, l'équipe de développement - française pour la plus grande partie d'entre eux - vous gâte. L'ambiance sonore est, pour le genre, fournie. Les décors sont d'une finesse totale mais plus encore la palette de couleur rend parfaitement. En bref, laissez vous tenter, tout en gardant à l'esprit que la durée de vie est courte. Vous serez certainement subjugués.

Nikopol vous propose un voyage dans un Paris bien sombre, tout droit sorti de la Bande Dessinée d'Enki Bilal : "La Foire aux Immortels". Autant le dire d'emblée : Nikopol n'est pas une bête adaptation de l'œuvre papier sur votre écran. Ce jeu vous emmène habilement au cœur d'une ambiance bien particulière. Pour ne rien gâcher il n'a pas à rougir devant les autres jeux d'aventures. Vous pensez que tout est dit ? Détrompez-vous car le meilleur reste à venir.

L'univers de Nikopol est peuplé d'êtres étranges.

Vous n'êtes pas le bienvenu

Alcide, c'est vous. Fils de Nikopol, envoyé cryogénisé dans l'espace pour une durée indéterminée pour avoir contesté la dictature en place. Choublanc, un despote religieux, a la main mise sur le peuple. Les choublanquistes, ses adeptes, n'aiment pas les penseurs dans le genre de votre père et tous ceux de cette trempe sont irrémédiablement écartés. Les temps sont plus troubles que jamais car depuis quelques jours maintenant une pyramide flotte au dessus du Palais de l'Élysée. Seulement, vous avez hérité de gènes révolutionnaires et avez adhéré à un groupe religieux de résistance. Vous ne savez pas si tout cela est il lié mais un chien mutant de la pire espèce vient frapper à la porte de votre appartement délabré. C'est sûr : il ne vient pas vous vendre quoi que ce soit. Vous sentez aussitôt le piège et décidez de ne pas vous laisser faire. L'aventure commence alors.

Les cinématiques sont dotées d'un effet "BD" des plus réussis.

Un univers bien transposé

Les premiers instants de jeu donnent immédiatement le ton : quelle œuvre ! Vous sentez toute la minutie et le soin apportés dans la réalisation des décors. A force d'effets sonores, tels que des propagandes choublanquistes ou de simples bruits de rue, vous ne pouvez que vous immerger dans l'histoire qui se présente. La prise en main vous permet de vous familiariser avec le fait que les indices et objets ne vous tombent pas tout cuit dans la poche. Il vous faut fouiller, mais plus encore raisonner afin de vous sortir des situations les plus courantes, et à plus forte raison des corsées. Si vous maîtrisez un tantinet le genre, vous savez qu'une finesse de décor conséquente permet de mieux fondre ce que vous cherchez. Seulement, gardez en tête que Nikopol ne se plie pas aux règles établies par les ténors du genre. Vous pouvez par exemple mourir dans des séquences dynamisées d'enchaînement d'actions. S'il vous manque un objet pour vous sortir d'un mauvais pas le stress ne peut que monter. Cette innovation démarque le titre mais les énigmes sont plus importantes encore.

Placer ces éléments dans le bon ordre vous demande beaucoup de réflexion.

Toujours réfléchir avant de... réfléchir

Notez que durant les séquences d'action, vous ne pouvez sauvegarder sous peine de bloquer l'aventure. Rassurez-vous : à chaque mort de votre personnage, vous êtes replacé correctement dans la chronologie de l'étape, encore un bon point donc. Les énigmes que vous avez à résoudre, sans être de la plus grande originalité, collent parfaitement avec l'histoire. Seule l'irrégularité de leur difficulté prête à confusion. En effet, une de celle-ci est bien mal placée. Le temps que vous mettez à la résoudre casse tout net le scénario que vous suiviez jusque là agréablement. Quoiqu'il en soit, une fois ce point passé, vous reprenez les rennes et vous laissez porter jusqu'à la fin. Au menu, vous sont servis des puzzles, des collectes d'objets qu'il faut ensuite placer selon un ordre à déduire ou combiner. Certaines d'entre elles font penser au vieux Eleven Hours (la suite de The 7th guest), pas moins que ça ! De plus, vous devez composer avec le décor qui fourmille de mini-énigmes, déclenchant alors certaines possibilités d'action une fois résolues. Au final, la réflexion quasi permanente est le véritable moteur du scénario, qui se trouve être fameux.

Mais que font ils ici ?

Vous en reprendrez bien un peu ?

Vous traversez les lieux de l'œuvre originelle tout en poursuivant une histoire originale. Mais d'un autre point de vue car Nikopol vous place au milieu des décors en vous laissant la possibilité de pivoter à 360° tout en scrutant les lieux du sol au plafond. Les fans des aventures de Nikopol se délectent alors en jouant à un jeu d'aventure à part entière. Les joueurs quant à eux découvrent un univers des plus intéressants doté d'une bonne partie d'irréel mêlé à une atmosphère tellement réaliste qu'elle en est palpable. Le gros point noir du jeu est sa courte durée de vie : comptez cinq heures pour parcourir les cinq chapitres. Beaucoup moins de temps vous est nécessaire la seconde fois. Il y a de fortes chances pour que vous vous laissiez tenter pour un retour dans l'univers de Nikopol, et ce même la primeur des énigmes passée.
Les Plus
  • Des décors magnifiques
  • Une parfaite intégration des indices
  • Des énigmes retorses
  • Un bon scénario
Les Moins
  • Une courte durée de vie
  • Une énigme mal placée casse le charme de l'aventure