Trials and Tribulations, Saison 3 pour l'as du barreau

13 déc. 2008
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur Capcom
  • Développeur Capcom
  • Sortie initiale 3 octobre 2008
  • Genre Aventure

Série au style unique, Phoenix Wright trouve avec Trials and Tribulations une conclusion à la hauteur de ses ambitions narratives. Bien écrit, ce troisième volet profite habilement des personnages développés auparavant et les nouveaux comptent parmi les meilleurs de la série. Les amateurs de livres interactifs dont vous êtes le héros prendront plaisir à suivre ces nouvelles affaires riches en rebondissements malgré quelques lieux communs prévisibles car déjà usés dans différents romans policiers. Mais mieux vaut être averti : pour proposer une intrigue solide, Capcom a dû se résoudre à concevoir un jeu sans réelle interactivité, totalement dépendant d'un script figé qui ne laisse que peu droit à l'erreur. Soit le dilemme récurrent des jeux vidéo narratifs.

Dernière conversion de la Game Boy Advance à la Nintendo DS pour la série Ace Attorney, Trials and Tribulations clôt la trilogie judiciaire mettant en scène l'avocat de la défense Phoenix Wright avant de laisser la place à Apollo Justice ou au procureur Benjamin Hunter dans des épisodes spécialement conçus pour la portable au double écran. Le principe du jeu ne change pas mais l'intérêt se situe dans l'intrigue et les personnages.

Phoenix Wright ne payait pas de mine avant de devenir avocat.

Origines d'une vocation

Jeune avocate inexpérimentée, Mia Fey doit assurer la défense de Phoenix Wright, étudiant accusé du meurtre d'un camarade d'université. A l'instar de Phoenix Wright Ace Attorney et Justice For All, la première affaire à laquelle vous êtes confronté fait office de didacticiel. Une sorte d'obligation pour Capcom qui ne souhaite pas prendre le risque de décourager les éventuels nouveaux venus mais avec une intrigue qui s'appuie énormément sur les évènements des épisodes précédents, peu probable que les joueurs s'attaquant à ces cinq nouvelles affaires ne soient pas déjà rompus au principe du "UN INSTANT !" (pour contre-interroger l'affirmation d'un témoin), "OBJECTION !" (pour présenter une pièce à conviction révélant une contradiction) et "PRENDS ÇA !" (pour enfoncer le clou avec une preuve décisive). Mais toute simple que soit la première affaire, celle-ci vous permet d'incarner la mentor de Phoenix Wright au moment de leur rencontre, avant qu'elle ne soit assassinée dans la saison 1. D'un point de vue scénaristique, c'est aussi l'occasion d'amorcer l'intrigue générale de ce troisième volet avec un personnage qui va relier les différentes affaires, tandis que Phoenix se retrouve confronté à un mystérieux procureur caféinomane et masqué.

La médium Maya Fey ne prend pas toujours sa fonction très au sérieux.

La série fantastico-judiciaire dont vous êtes le héros

Décors fixes, animations réduites et récurrentes pour des personnages sortis d'un manga et textes à foison. La série Ace Attorney lancée par Capcom sur Game Boy Advance donne dans une vision typiquement japonaise du jeu d'aventure pointer/cliquer, avec néanmoins ce qu'il faut d'originalité pour gagner l'occident sur un support tout trouvé (à part In the 1st Degree sur PC, les jeux vous permettant d'incarner un avocat ne courent pas les rues). Profitant de l'immense popularité en Europe de séries TV comme Ally McBeal (pour l'humour farfelu en milieu judiciaire) ou Médium (Phoenix étant accompagné d'une parapsychologue pour l'aider dans ses enquêtes), Capcom a vendu son concept sur le modèle des "saisons" avec personnages vedettes, invités et flashbacks rappelant tel ou tel évènement. Après un premier volet installant univers et protagonistes, la série prend son envol avec un Justice for All à la qualité d'écriture remarquable qui va même jusqu'à poser de véritables questions morales au joueur. Se reposant moins sur les interventions surnaturelles providentielles et affinant sa progression avec le système de Verrous-Psyché, Justice for All semblait introduire idéalement le troisième acte de la carrière de Phoenix Wright.

Vous en apprendrez beaucoup sur Mia Fey, mentor de Phoenix Wright.

Fin avant nouveau départ

En terme de jouabilité, Trials and Tribulations n'apporte strictement rien de nouveau. Vous alternez entre phases d'enquête avec recherche d'indices ou d'informations et phases de procès avec témoignages, contre-interrogatoires et présentations de preuves. Vous retrouvez donc la sensation de jouer autant sinon plus dans votre tête que sur l'écran pour résoudre les énigmes et reconstituer le puzzle. Cela étant, le jeu n'échappe malheureusement pas aux défauts de ses prédécesseurs, à savoir une rigidité parfois frustrante qui vous pénalise pour une preuve présentée une phrase trop tôt ou trop tard alors que vous aviez eu la bonne intuition. De la même façon, les textes bien que fondamentaux dans un jeu de ce style peuvent paraître longs voire interminables, avec quelques passages qui, dans un autre genre, n'ont rien à envier aux bavardages d'un Metal Gear Solid. Heureusement, la version française de ce troisième volet est bien supérieure à celles des précédents, malgré quelques fautes qui traînent encore. Les fans de la série trouveront donc leur bonheur avec ces nouvelles aventures, même si une certaine lassitude se fait sentir. La série est allée au bout de son concept et Capcom en était vraisemblablement conscient en changeant héros et jouabilité avec Apollo Justice sur DS.
Les Plus
  • Les différentes intrigues de la série brillamment conclues
  • Une version française enfin à la hauteur
Les Moins
  • Le système de jeu rigide et parfois injuste
  • Plus de la moitié du jeu consiste à lire des textes