Yakuza 2 continue sur sa lancée

10 oct. 2008
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3
  • Éditeur SEGA
  • Développeur SEGA
  • Sortie initiale 19 septembre 2008
  • Genres Action, Aventure

Yakuza 2 - ou Ryû Ga Gotoku 2 au Pays du Soleil Levant - est définitivement une des dernières sorties qui méritent votre attention sur la machine. S'adressant avant tout aux joueurs ayant appréciés le premier volet, il peut également séduire les amateurs d'action/aventure n'ayant plus rien à se mettre sous la dent sur PS2. Vendu à petit prix, le jeu demeure très correct dans son ensemble, que ce soit au niveau de l'ambiance ou de la narration. Vous lui pardonnerez facilement son manque de contenu exclusif par rapport au premier épisode tant le jeu demeure efficace et stylé. En espérant que Yakuza 3 et les décors rêveurs d'Okinawa apportent cette fois une bonne dose de nouveautés à la série pour lui donner le statut qu'elle mérite...

Presque deux ans après sa sortie japonaise, Yakuza 2 arrive enfin sur le Vieux Continent. Une arrivée tardive mais néanmoins bienvenue, car elle constitue quelque part un des derniers fers de lance de la PS2. Après le spin-off Yakuza Kenzan réservé aux amateurs d'import sur PS3, et tandis que Yakuza 3 est d'ores et déjà annoncé pour 2009 sur le même support, ce deuxième volet du beat them all de Sega peut-il trouver son public en Europe ?

La modélisation des visages demeure très correcte pour de la PS2.

Une histoire prenante

A l'image d'un Metal Gear Solid, Yakuza fait partie de ces séries pour lesquelles il est dur de prendre le train en route scénaristiquement parlant. Si vous n'avez pas joué au premier épisode, il est donc hasardeux de se lancer dans cette suite à l'histoire assez touffue. Mais si cela s'avère toutefois être votre cas, vous pourrez compter sur un flash-back bien fourni pour vous mettre dans le bain. Quoi qu'il en soit, Yakuza 2 reprend là où le premier volet vous avait laissé. Kazuma Kiryû, le gangster au grand cœur que vous incarnez, compte bien se retirer du milieu tout en veillant sur la petite Haruka, la fille d'un de ses meilleurs amis décédé précédemment. Notre héros se rend finalement à Osaka afin d'empêcher une guerre de gangs impliquant la redoutable mafia coréenne. La construction narrative du jeu, très cinématographique dans l'âme, ne devrait pas laisser indifférents les amateurs des bobines de certains Miike ou Fukasaku. De nombreuses cinématiques sont présentes afin de vous immerger comme il se doit dans l'univers, le plus souvent en début et fin de chapitre. Il est d'ailleurs très appréciable d'avoir enfin les doublages japonais originaux, le précédent épisode ayant eu droit à des voix anglaises relativement caricaturales. Le bémol linguistique de Yakuza 2 vient ici de la traduction proposée. Les textes et menus sont uniquement proposés dans la langue de Shakespeare, ce qui peut vous poser quelques problèmes si vous êtes non anglophones.

Les combats sont toujours aussi nerveux et jouissifs.

Un Yakuza 1.5 sur la forme

Si le fond s'avère alléchant, difficile d'être aussi élogieux sur la forme. Tout d'abord, l'aspect graphique n'a pas bougé d'un iota depuis Yakuza premier du nom. Certes, vous avez l'opportunité de visiter de nouveaux endroits, mais l'ajout d'Osaka par exemple n'est pas folichon tant la carte se traverse en un clin d'œil. De plus, Kazuma est vite amené à retourner sur la capitale nipponne, et donc vous revoilà parcourant les mêmes rues que dans Yakuza. Quelques quartiers comme "Le Purgatoire" connaissent du changement, mais globalement ça reste identique. Ensuite, la maniabilité souffre elle aussi d'un manque de valeur ajoutée par rapport au premier volet. L'expérience gagnée au fil des combats vous permet de débloquer des coups et combos supplémentaires. Malheureusement, il s'agit de caractéristiques similaires à Yakuza. Pour trouver un brin de fraîcheur à ce niveau, il faut en fait se tourner vers les gros affrontements qui jouissent de cinématiques interactives très agréables à exécuter. Sans être autant au cœur du gameplay comme dans les Shenmue, ces séquences parviennent à dynamiser non seulement certains combats mais également plusieurs cinématiques bourrées d'action. Quant aux combats standards, ils demeurent efficaces sans être incroyables, la faute à un réel manque de précision des coups. Comme il n'y a toujours pas de système de lock digne de ce nom, vous devez souvent réaliser des enchaînements dans le vide. Des imprécisions qui heureusement ne vous gênent pas plus que ça, l'intelligence artificielle étant moins intelligente qu'artificielle...

Comme dans le premier Yakuza, votre héros peut vaquer à de nombreuses occupations.

Une (fausse) liberté d’action

Comme Yakuza, cette suite est plutôt contradictoire en terme de liberté. D'un côté vous avez pas mal de divertissements possibles pour dévier de l'histoire principale : golf, bowling, jeux de hasard, jeux vidéo (rien d'exceptionnel cependant sur ce plan, surtout lorsque vous avez scotché l'œuvre de Yu Suzuki), bars à hôtesse... De plus, la reconstitution réaliste des quartiers (celui de Namba à Osaka par exemple) vous invite vraiment à flâner dans ce Japon contemporain. Mais d'un autre côté, vous êtes sans cesse obligés d'aller du A au B pour avancer. Cette progression scriptée à outrance est parfois maladroite, notamment sur la fin. Du coup, vous avez forcément l'impression d'être pris par la main en permanence, ce qui est un peu gênant quand on vous met à disposition un environnement ouvert attrayant. Yakuza 2 offre en fin de compte beaucoup moins de liberté qu'un Shenmue ou un Grand Theft Auto : San Andreas (il reste plus axé beat them all que ces deux productions il faut bien le reconnaître), ce qui, à défaut d'en faire un mauvais jeu, amoindri son intérêt général. Un petit mot enfin sur la durée de vie qui reste dans la moyenne du genre puisqu'il vous faudra une quinzaine d'heures environ pour boucler l'histoire sans compter les quêtes annexes. Multipliez le tout par deux si vous souhaitez tout fouiller dans les moindres recoins.
Les Plus
  • Un scénario bien pensé
  • Des doublages originaux de qualité
  • Des combats énergiques & QTE toujours aussi dynamiques
  • Une ambiance réussie
  • Un prix honnête (30 euros)
Les Moins
  • Des chargements trop fréquents
  • Peu de nouveautés
  • Une caméra toujours perfectible