Dark Sector contaminé par ses inspirations

22 mai 2008
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3

Parce qu'il délaisse clairement l'originalité et reprend les meilleurs éléments des derniers titres du genre, Dark Sector est loin d'être un mauvais jeu. Surtout que l'apparition du glaive rend l'ensemble assez jouissif. Dommage que ce goût amer de déjà-vu ne s'estompe jamais. En cause, une IA trop perfectible et des phases beaucoup trop répétitives. Le scénario ne tient pas non plus en haleine et vous finissez par tuer un nombre incalculable d'ennemis sans réellement savoir pourquoi. Malgré tous ses défauts, Dark Sector reste un très bon jeu de tir à la troisième personne.

Parfois, il ne faut pas grand-chose pour qu'un jeu se démarque de la concurrence. Digital Extremes semble l'avoir compris. Nul besoin donc de se concentrer sur l'originalité des décors, ni sur un scénario tenant en haleine du début à la fin... Rien de tout ça. Dark Sector n'innove pas. Pire encore, il reprend sans complexe les éléments des blockbusters de ces dernières années. Alors que beaucoup d'autres éditeurs profitent de la mode actuel pour se remplir les poches, le jeu de D3 Publisher a au moins le mérite de proposer quelques choses de nouveau : une arme unique, sorte de boomerang à trois lames appelé Glaive. En orientant la jouabilité vers ce dernier, Dark Sector est prêt à trancher vif vos aprioris sur ce genre de titre.

L'environnement graphique reste très sombre.

Contaminé jusqu'au bout des ongles

Entrecoupé de cinématiques utilisant le moteur du jeu (et une synchronisation labiale désastreuse), le prologue vous plonge directement dans le bain, sans réellement savoir pourquoi vous êtes là. Après quelques minutes et quelques ennemis en combinaison de plongeurs abattus, le voile se lève enfin. Le très athlétique Hayden Tenno est envoyé dans cette ville perdue d'Europe de l'Est pour mettre fin aux agissements d'un ancien officier de l'armée russe. Cet homme a en sa possession un virus permettant de rendre les contaminés plus résistants. La population locale se décime petit à petit obligeant les survivants à porter des combinaisons pour ne pas rentrer en contact de la maladie. Ce prologue permet déjà de vous en mettre plein la vue : c'est beau et ça tire dans tous les coins. Vous avez même l'occasion de dégommer un hélicoptère au lance-roquettes dès le début de l'aventure. Quelques secondes plus tard, Hayden se retrouve face à un surhumain résistant aux tirs de balle l'obligeant à se jeter de la falaise. Il se retrouve ainsi pris au piège par celui qu'il était sensé éliminer. Mais au lieu de le tuer, l'ex-officier préfère lui injecter ce fameux virus directement dans le bras. Contaminé, Hayden décide tout de même de continuer la mission qu'il lui a été confiée, prêt à trancher le moindre obstacle à l'aide de son nouvel allié : le Glaive.

Voici une des nombreuses possibilités du glaive : enflammer ses ennemis.

L'arme au mille et une possibilités

En délaissant toute autre originalité, les développeurs ont eu la bonne idée d'orienter la jouabilité de Dark Sector sur ce fameux glaive qui possède plus d'une fonction. Ces dernières ne sont pas accessibles d'emblée mais se débloquent petit à petit. Chacune vous permet de résoudre certaines énigmes. Par exemple : en relâchant la touche au bon moment, votre glaive est projeté plus puissamment et permet d'exploser certaines barrières. Ou en appuyant une nouvelle fois sur la touche après l'avoir lancé, vous pouvez aussi contrôler sa trajectoire à l'aide du joystick droit. La vue se place alors juste derrière le glaive tout en ralentissant le jeu. Les décapitations prennent alors une toute autre dimension : plus impressionnantes et surtout plus gores. Dans certaines situations, les armes à feu sont indispensables. Contrairement aux autres jeux du genre, il est impossible de se servir des armes adverses à volonté. La faute à une sécurité anticontamination qui les rende inutilisables après trente secondes. Votre glaive peut aussi vous permettre de récupérer une arme à distance sur un ennemi mort. Il faut ensuite canarder pendant ce faible temps d'utilisation. Mais des marchés noirs situés dans les égouts vous fournissent un bon stock d'armes qui seront utilisables à volonté ainsi que diverses améliorations telles que des balles plus perforantes, un temps de recharge moins long, etc. Mais la plupart du temps, le glaive est à privilégier tant il est jouissif. Pour le rendre plus performant, il est même possible de le combiner avec divers éléments. Enflammer ou électrocuter vos ennemis deviendra rapidement un de vos passe-temps favoris.

Les quelques boss qui parsément les chapitres ne sont pas très coriaces.

La BA ou la bêtise artificielle

Les habitués de Gears of War trouveront rapidement leurs marques. Dark Sector s'en inspire clairement et reprend beaucoup d'éléments de la jouabilité. Vous couvrir derrière les murs, la caméra dynamique lorsque Hayden cours, un inventaire de quatre armes, les check-points, le système d'énergie, etc. Et la liste est encore longue. Cette jouabilité est donc plutôt bonne malgré le manque d'originalité et les déplacements du personnage légèrement imprécis. Dommage qu'une intelligence artificielle catastrophique viennent assombrir le tableau. Les ennemis ont souvent tendance à entreprendre des actions insensées voir suicidaires. Pas la peine de s'étonner si votre cible court dans votre direction sans aucune couverture. Ce manque d'intelligence rend le jeu rapidement répétitif. Les décors n'arrangent rien, ils sont souvent sombres et parsemés de divers obstacles et finissent tous par se ressembler malgré deux phases bien distinctes. Une alternance d'ennemi est présente. Si vous venez rapidement à bout des humains non contaminés, ceux contaminés par le virus sont beaucoup plus résistants et beaucoup plus sauvages. Ils font très clairement penser aux morts vivants d'un certain Uncharted. N'hésitant pas à se jeter sur vous, une cinématique interactive permettra de vous en défaire. Un temps de réaction trop long et c'est la mort assurée.
Les Plus
  • La prise en main facile
  • Graphiquement très correct
  • Les petites énigmes
  • Le glaive et ses améliorations
  • Son côté jouissif et gore
Les Moins
  • Un scénario digne des plus grandes séries Z
  • Une synchronisation labiale catastrophique
  • Vite répétitif
  • Un cruel manque d'originalité
  • Une IA qui laisse à désirer