B-17 Fortress in the Sky : débarquement raté

28 févr. 2008
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B-17 Fortress in the Sky ressemble à un brouillon de jeu : aucune évolution de la jouabilité de l'écran-titre au générique de fin, un écran tactile inexploité, une localisation partielle et une réalisation inintéressante. Dans le genre de la simulation aérienne sur console portable, Atari avait fait nettement mieux il y a 17 ans avec Warbirds sur Lynx. Pour les plus motivés, le jeu se termine en une petite après-midi sans trop forcer, ce qui fait évidemment chère la plaisanterie. A noter malgré tout la bonne tenue de la traduction française (pour ce qui a été traduit), inversement proportionnelle à la qualité du jeu.

Sorti depuis plus de six mois aux Etats-Unis, B-17 Fortress in the Sky finit par arriver de nulle part en France pour le jour de la Saint-Valentin. Malgré la date ironique pour une simulation de guerre, l'apparition de B-17 dans la langue de Marion Cotillard n'a rien d'illogique pour un jeu dont l'action se déroule principalement en France, lors de la Seconde Guerre mondiale. Vous comprendrez toutefois, après quelques minutes de jeu, pourquoi les titres de Destination Software sont si peu nombreux à débarquer chez nous.

Votre feuille de route.

Forteresse clouée au sol

B-17 Fortress in the Sky vous propose de vivre 25 missions menées par la "forteresse volante", le Boeing B-17, durant la guerre entre les forces Alliées et l'Axe du mal formé par les nazis. Invariablement, il s'agit d'aller bombarder une ou plusieurs cibles ennemies (dépôt ferroviaire, bassin de sous-marins, installations militaires, etc.) présentées par votre supérieur lors d'un briefing. Chaque mission suit le même schéma : décollage (automatique), séquence de tir en plein ciel contre des avions ennemis, passage au-dessus d'une zone où votre engin est pris pour cible par les canons au sol, re-séquence de tir, largage de bombes, re-re-séquence de tir et atterrissage (toujours automatique).

Dans les années 40 de B-17, toutes les villes se ressemblent.

Les voyages déforment la DS

Les missions vous emmènent vers différentes villes, voire différents pays (France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne) mais pourtant, la géographie et les décors au sol sont toujours les mêmes. Plus exactement, seuls trois ou quatre décors (en fonction des cibles) sont utilisés sur les 25 missions. Le jeu souffre là d'un manque de moyens évident, son réalisme en prend en coup et ne vous aide pas beaucoup à y croire. L'excuse d'un support plus modeste qu'une console de salon haute-définition n'y change rien : la DS est censée avoir une Nintendo 64 sous le capot, et la comparaison avec un titre comme PilotWings 64 est accablante pour B-17.

Tirer sur les ennemis est presque plus dangereux pour vous que pour eux.

La guerre, un éternel recommencement

Passée la déception technique, la jouabilité ne fait pas illusion très longtemps non plus. Lors des séquences de tir, la menace la plus dangereuse réside dans les ennemis qui peuvent s'écraser dans votre avion s'ils perdent le contrôle trop près de vous, provoquant l'explosion immédiate. A tel point qu'il est très souvent préférable de ne pas tirer afin de ne pas risquer cet incident, les tirs adverses étant généralement insuffisants à vider votre barre d'énergie. Au cours des passages au-dessus des zones sensibles, le jeu se résume à aller de droite à gauche pour éviter quelques tirs. Enfin, le largage de bombes consiste à appuyer sur un bouton quand le B-17 passe au-dessus de la cible. Et le tout se répète sur 25 niveaux identiques, sans variation ni augmentation de la difficulté (globalement inexistante).
Les Plus
  • La traduction française, correcte
Les Moins
  • La réalisation bien faible
  • La jouabilité bien pauvre
  • La durée de vie bien réduite (mais déjà trop longue pour le contenu)