SimCity victime de la société

11 janv. 2008
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Sim City Sociétés fait tout simplement déshonneur à la série. En voulant s’ouvrir à un nouveau marché de joueur, EA a fait de cet épisode le plus mauvais de la série. Malgré un moteur graphique de qualité et un grand nombre de bâtiments, ce jeu ennuie vite et manque cruellement de difficulté. C’est simple, tous les éléments qui ont fait sa réputation ont été rayés de la liste. Oubliez donc les lignes électriques, les canalisations, les lignes de métro, etc. A présent, pour fonctionner, les édifices ont simplement besoin de valeurs sociales : la seule nouveauté de ce titre. Mais en plus d’être un mauvais Sim City Sociétés, ce jeu est un mauvais city-builder qui fait pâle figure face à la concurrence. En attendant un Sim City 5 digne de ce nom, la réinstallation du 4 s’impose.

Il y a des séries qui ont leur propre public et qui, au fil des épisodes, ne font que se mettre à jour sans prendre de risque pour ne pas décevoir les joueurs. Sim City en fait parti. Depuis sa première apparition, fin des années 80, le concept n’a jamais vraiment évolué mais restait toujours diablement efficace. Mais voilà, le créateur Will Wright et son studio Maxis sont trop occupés sur un nouveau simulateur de vie baptisée Spore. EA a alors préféré confier le développement de ce nouvel épisode à un autre studio, Tilted Mill Entertainment, spécialiste du city-builder. Un vent de fraîcheur sur la série ?

Le menu principal ne laisse pas présager de si mauvaises choses.

La mode n’est plus aux lignes...

Tout commence pourtant bien. Après une introduction montrant diverses cités sous différents angles plus beau les uns que les autres, Sim City Sociétés offre un menu principal volontairement dépouillé allant à l’essentiel. Comme il est de coutume sur la série, vos premières minutes se passent sur un une ville servant de didacticiel pour vous permettre de vous accommoder avec l’interface de jeu. Des astuces s’affichent pour faire patienter pendant le chargement de la carte et vous voilà dans votre première cité. Une courte introduction plus tard, des info-bulles vous guident à droite et à gauche. Elles vous incitent à réaliser différentes actions pour les premiers aménagements de votre future métropole. Votre première action consiste à créer un parc à éolienne afin d'apporter toute l’électricité nécessaire à vos habitants. Et là, c’est le drame ! Alors que n’importe qui ayant déjà joué à un Sim City s’attend à devoir placer des câbles électriques pour l’amener le courant jusqu’aux habitations, ici rien de tout cela : il suffit de construire un bâtiment produisant cette énergie pour y a voir accès. Il en est de même pour toutes les autres ressources. Oubliez donc vos canalisations et vos lignes de métro. A partir de là, vous comprenez que Sim City n’est plus...

Le moteur graphique permet quand même d'avoir un joli rendu.

Métro – boulot – Dodo

A l’accoutumé, l’épisode suivant d’une série gagne en contenu. Sim City Sociétés, lui, en perd. En voulant rendre son jeu plus accessible au grand public, comme beaucoup d’éditeurs actuels, Electronic Arts a amputé son jeu de beaucoup d’éléments qui faisaient justement la réputation de Sim City. Ce choix est très discutable puisque le jeu avait déjà son public et était sûr de ce vendre à des millions d’exemplaires. En outre, l’absence de ces fameuses lignes électriques, les délimitations de zones implantées depuis les premiers pas de ce titre ont également pris la fuite. Ne vous attendez donc pas à délimiter vos zones d’habitations, agricoles ou commerciales et ensuite voir vos habitants affluer pour construire leur maison ou commerce. Maintenant, vous placez les maisons une à une comme bon vous semble ainsi que tous les autres bâtiments. Et c’est tout ce que vous avez à faire ! En effet, Sim City Sociétés suit un rythme qui se répète à l’infini. Il consiste à construire des routes, placer des bâtiments et attendre les rentrées d’argent pour répéter ces deux actions. Heureusement que les différentes constructions sont nombreuses et variées. Par exemple, chaque type de maison possède trois modèles différents. De quoi réaliser de beaux quartiers surtout que le moteur graphique permet de zoomer de vraiment très près tout en restant vraiment joli. Mais, pour ce dernier point, une configuration solide est fortement recommandée.

Le tableau de récompenses est le seul "challenge" du jeu...

Soporifique

La seule nouveauté apportée par Sim City Sociétés est cette notion de valeurs sociales. En fait, chaque bâtiment produit ou consomme une ou plusieurs de ces valeurs. Elles sont réparties en six catégories : productivité, prospérité, créativité, spiritualité, autorité et savoir. Par exemple, une école produit dix unités de savoir et une clinique en consomme quatre. Suivant le nombre d’unités que vous avez d’une de ces valeurs, votre ville dégage une atmosphère particulière. Mais ne craignez rien, cette nouveauté ne rajoute aucune difficulté à ce titre qui en manque cruellement. En effet, il n’y a aucun objectif à remplir et l’ennui pointe rapidement le bout de son nez. Vous devez juste vous assurer que vos Sims sont heureux et pour cela il suffit de placer des sites (lieux publics) sur le chemin du travail. Un Sims qui visite un site est un Sims heureux et c’est la seule chose à laquelle vous devez veiller. Malgré l’effort fait par EA avec la sortie d'un patch qui rajoute des niveaux de difficultés ainsi qu’un coût d’entretien pour les bâtiments, Sim City Sociétés reste toujours autant soporifique et montre vite ses limites. Le seul challenge réside dans le tableau de récompenses qui vous sont offertes en remplissant quelques objectifs comme produire 200 unités de créativité, etc. Bien maigre.
Les Plus
  • Un grand nombre de bâtiments
  • Un moteur graphique très correct
Les Moins
  • Aucun challenge
  • Rapidement ennuyant
  • Ce n’est pas un Sim City
  • Amputé de nombreux éléments