FEAR Perseus Mandate un peu

18 janv. 2008
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Bien que Perseus Mandate accuse le poids du temps et fait preuve d’un gameplay un poil désuet, il n’en demeure pas moins en partie intéressant. Il est regrettable de ne pas avoir plus de nouveautés à se mettre sous la gâchette. Cela en aurait presque fait oublier la linéarité des niveaux. C'est dur de se remettre dans ce contexte, surtout après un si bon BioShock. Ces niveaux sont au passage immenses mais ne vous font pas totaliser beaucoup d'heures de jeu. Au final, cette deuxième extension de F.E.A.R. peut s’adresser aux fans totaux qui veulent absolument terminer leur mission. Ceux qui par contre veulent découvrir la série en commençant par la fin devrait se raviser et commencer par l’original, développant plus le côté angoissant de l’aventure.

F.E.A.R., vous connaissez ? Ce FPS mythique qui utilise les règles de base des films d'angoisse tels que Shining ou plus récemment 1408. Ça ne vous dit toujours rien ? Cherchez un peu. Mais si vous connaissez et aimez le style, voici de quoi vous combler momentanément : Perseus Mandate, sa deuxième extension est dans les bacs. De plus, c'est un stand alone. Vous n'avez donc plus d'excuse pour ne pas vous faire peur.

Vous trouvez de jolis effets, y compris dans les lunettes.

Course vers les profondeurs

Perseus Mandate est dans la continuité du scénario de la première extension : Extraction Point. Ceci apporte un suivi non négligeable en proposant aux joueurs de la première heure de continuer l'aventure. Alors vous voila, l'arme au poing, pris entre deux feux adverses, tentant le tout pour le tout pour encore une fois sauver le monde. Cela se traduit par une fuite en avant qui semble sans fin. Seules les poches de résistance entravent votre route, mais aussi de nombreux phénomènes paranormaux. Pour y survivre, votre arsenal se dote de nouveaux éléments, un fusil lançant des décharges électriques notamment. Une mitraillette dotée de visée infrarouge fait son apparition ainsi qu'un lance-grenade. De ces trois armes ne retenez vraiment que la deuxième utilisable en permanence. Evidemment, pour calmer le "nouveau" bestiaire, il vous faut être polyvalent et utiliser toutes les ressources laissées au sol par vos ennemis. Notez que mis à part un changement de look des Troopers de base seuls les Nightcrawlers font leur apparition. Ils sont rapides, résistants et surtout énervants. Coincez-les, et vite. Les publicités in-game pour de grandes marques de PC font aussi baisser d'un ton l'engouement pour le jeu.

La publicité in-game est sur certains niveau très pesante.

Rien de neuf ?

Alors, si vous pensez que trop peu de nouveautés semblent augurer une suite sans grande consistance, ce n'est pas tout à fait le cas. Seulement, le gameplay tourne beaucoup autour de la visite de couloirs organisée. De ce fait, vous suivez l’aventure presque sans réfléchir. Il faut bien admettre aussi que le l’action est bien indiquée et dispense de faire appel à votre cerveau. Trainées de sang, lumières et bruitages vous indiquent de manières plus ou moins subtiles où continuer. A ce système s’opposent avantages et inconvénients. Vous n’avez pas l’impression de faire de choix dans votre progression. C’est dommage mais le scénario ne vous laisse pas penser le contraire. Cependant, les concepteurs savent casser le rythme. Ainsi, après d’intenses minutes de combats tout en explosions, en particules et en slow-motion, vous traversez de grandes salles vides, vous attendant à vous faire agresser à tout moment alors que souvent, rien ne vient. Il est difficile tout de même de ne pas être pris dans le stress qui s’installe. Les décors, parfaitement glauques, vous installent tout net dans une atmosphère oppressante. Alors, le pari est il gagné ? Pas tout à fait. Le moteur, toujours le même, remplit son office pour toutes ces scènes intérieures. Mais la modélisation des véhicules, inutilisables, laisse entrevoir l’époque à laquelle est sortie le volet originel. Cela vous remet tout droit les pieds sur Terre.

Les flash et visions d'horreur sont toujours au programme.

Quand l'élève ne rattrape pas le maître

Très peu de choix s’offrent à vous dans la progression. Les quelques portes secondaires qui croisent votre route donnent accès à de petites salles remplies de munitions, lorsqu’elles ne sont pas bloquées. Bien que les niveaux soient très soignées, ici, pas de level-design : vous suivez le guide pour 6 à 8 heures de balade. Perseus Mandate ne réussit pas totalement à vous transporter dans le monde d’angoisse de ses deux prédécesseurs. Ceci est certainement dû au fait que cet épisode joue à outrance la carte des combats et un peu moins celle du survival-horror. Ce serait tout de même dommage de ne pas en profiter car l’IA est toujours au meilleur niveau. Les ennemis donnent encore du fil à retordre en vous contournant et en proposant des réactions qui parfois sont inattendues. D’une manière générale, la fluidité de déplacement de vos adversaires vous laisse pantois d’admiration. Parfois même d’énervement lorsque vous videz des chargeurs dans les murs. Rencontrer plusieurs NightCrawler dans une même pièce est synonyme de caisses de santé utilisées. Le mode multi-joueur non plus ne transcende pas, ce qui à l'époque avait été une surprise malgré les bonnes idées dont fait preuve ce dernier. Le titre sauvegarde automatiquement à quasiment chaque changement de pièce. Cela devient appréciable lorsque le niveau devient délicat. La difficulté est d’ailleurs ce qui sauve cette extension, le dernier F.E.A.R. que Monolith aura développé. En bref, le niveau général du jeu est bon, mais ne vous attendez pas à retrouver le tourbillon dans lequel F.E.A.R. l’original vous a emmené.
Les Plus
  • Des combats toujours aussi intenses
  • Une IA adaptée
  • Une utilisation des armes qui peut parfois donner des moments cocasses
  • Le moteur qui commence à dater
Les Moins
  • Une trop grande linéarité dans les niveaux
  • Pas assez de nouveautés