Harry Potter et le Phénix dans le désordre

31 juil. 2007
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Harry Potter et l'Ordre du Phénix réussit le tour de force de reproduire l'école des sorciers dans un niveau de détail impressionnant. Rien que pour ça, les amoureux du sorcier binoclard se doivent de tenter l'expérience. Malheureusement, il n'y a pas grand chose d'intéressant à y faire. Au final, reste une envie : que les jeux de la licence Harry Potter s'affranchissent de la narration des livres et des films pour développer l'univers à leur façon, sans les contraintes d'une narration linéaire. L'Ordre du Phénix est un premier pas dans ce sens et non des moindres. Même si le jeu a ses limites, la démarche est à encourager et laisse envisager un avenir meilleur pour tous les sorciers ayant troqué leur baguette contre une manette.

Jusqu'où iriez-vous pour avoir la chance de visiter Poudlard, la fameuse école des sorciers ? Seriez-vous prêt à sacrifier votre scolarité contre un boulot de domestique ? Avec Harry Potter et l'Ordre du Phénix, vous avez l'opportunité de pratiquer la sorcellerie, certes. Principalement pour faire le ménage malheureusement. Suffit-il de pouvoir explorer le château de Poudlard pour revivre la magie du livre et du film ?

Vos sorts vous permettent d'intéragir avec le mobilier.

Une invitation à Poudlard

Il y a un point sur lequel l'Ordre du Phénix surpasse l'ouvrage et le film. Le livre fait vivre l'univers d'Harry Potter grâce à sa densité, aux détails que développe l'écriture. Le long-métrage multiplie les plans impressionnants et concrétise à l'écran le fruit de l'imagination de J.K. Rowling. Mais le jeu vidéo réalise le fantasme de tout amateur de sorcellerie : il vous ouvre les portes de Poudlard. Ce n'est pas rien. L'école a été entièrement modélisée, seules quelques parties vous ferment leurs portes. Mais la cohérence est bel et bien là. Les missions vous invitent à arpenter le bâtiment en long et en large. Les premiers instants sont un vrai plaisir. L'organisation des pièces et des couloirs les uns par rapport aux autres prennent sens. Vous appréhendez les proportions du château, le temps qu'il vous faut pour relier la cabane d'Hagrid à la Salle Commune, l'emplacement de la serre, la répartition des dortoirs entre les différents groupes. Le livre et le film ont bien sûr développé tout cela, mais la possibilité de déambuler comme bon vous semble dans tous les recoins du château change la donne. Aucun temps de chargement ne vient découper votre progression, toutes les pièces sont logiquement reliées les unes aux autres. Poudlard gagne en réalité, en consistance. C'est véritable plaisir que de voir le film par la suite, car vous situez immédiatement l'action. Les séquences ne ressemblent pas à une série de décors discontinus mais à des actions filmées véritablement sur place. Une expérience à vivre.

Allumer les torches vous permet de progresser en magie.

L'apprenti domestique

Malheureusement, la majesté de la bâtisse contraste fortement avec les activités qui y sont proposées. Aussi bien l'univers est formidablement retranscrit, aussi bien le souffle épique est totalement absent. La majorité du jeu se concentre sur la réunion des membres de l'Armée de Dumbledore pour contrecarrer le retour prochain de Seigneur Voldemort. Concrètement, vous arpentez Poudlard en tous sens pour rencontrer les élèves et accomplir telle ou telle tâche. L'Ordre du Phénix propose un principe original et sympathique : aucun game over, au pire vous recommencez immédiatement votre activité. C'est particulièrement bien pensé pour les plus jeunes et évite les pertes de temps pour les plus vieux. Mais du coup le challenge n'est pas au rendez-vous et les missions ressemblent plus à du travail qu'autre chose. Récupérer un objet haut placé, utiliser la magie pour des réparations, balayer le sol comme Mickey dans Fantasia, etc. Les quelques activités véritablement ludiques, les mini-jeux, sont les seuls où vous pouvez perdre. Ils paraissent comme tels, des petits jeux entre deux tâches rébarbatives. Se lancer dans l'Ordre du Phénix n'équivaut pas à intégrer l'école de Poudlard en tant qu'apprenti sorcier, mais bien plus en tant que domestique. Les courtes cinématiques et séquences scriptées censées diffuser les moments clés de l'aventure sont expédiés à la vitesse de l'éclair dans un montage confus. Même les combats, certains prétendument épiques, sont laborieux. Rien n'indique si vous avez l'avantage ou non et l'absence d'échec possible retire tout challenge.

Les passages secrets sont nombreux.

Un phénix peu flamboyant

Vous l'avez compris, ce n'est pas pour les activités que le Poudlard de l'Ordre du Phénix peut prétendre attirer ses recrues, mais plus pour le décor. Premier Potter sur Xbox 360, tout un chacun est en droit de s'attendre à un spectacle haut en couleurs. Le résultat est mitigé. Le bâtiment est réussi, encore heureux. Le mobilier de l'école est lui réduit à sa plus simple expression dans les couloirs et toutes les pièces n'ayant pas de référence directe dans le film. Malgré tout, l'ensemble reste crédible et le décor demeure le point fort du jeu. Les personnages sont décevants. Certes, chacun des protagonistes est clairement identifiable, mais les animations et la modélisation ne rendent pas hommage aux capacités des consoles de nouvelle génération. Leur comportement gêne même souvent : ils bloquent le passage et mettent du temps à se pousser, ou se prennent dans la tête sans voir venir les meubles que vous vous escrimez à remettre en place. Le doublage en français est assuré par les mêmes comédiens que ceux qui doublent les acteurs, ce qui contribue tout de même à la crédibilité de vos compagnons. Mais dans l'ensemble, c'est un Poudlard en demi-teinte qui vous est donné de visiter. Les personnages sont souvent aux mêmes endroits, ils ne semblent pas vivre leur quotidien. Face à un Bully où les journées s'enchaînent avec des élèves au comportement crédible, l'Ordre du Phénix donne l'impression de passer un jour sans fin figé dans le temps.
Les Plus
  • Tout Poudlard
  • L'univers, riche
Les Moins
  • Les tâches fastidieuses
  • La narration expédiée
  • Pas de vrai challenge
  • Des problèmes d'ergonomie