Colin Mcrae DIRT : salement bon

04 juil. 2007
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Comment ne pas tomber sous le charme de DIRT ? Puisque sans critique il n'est pas d'éloge flatteur, quelques bémols sont à recenser. Oui, ce Colin McRae est visuellement sublime, mais cela a un prix. L'image n'est pas toujours fluide et les choses s'aggravent lorsque vous affrontez des adversaires présents sur la même piste. De même, les spectateurs sur les bas-côtés sont modélisés très sommairement, ce qui est gênant lorsque les écrans d'introduction les montrent au premier plan. C'est dommage, car la comparaison avec Forza Motorsport 2 dont la sortie est quasiment simultanée se fait au détriment de Colin McRae : DIRT sur ces deux points. Ensuite le pilotage n'est pas au goût de tout le monde. Evidemment, qui dit rallye dit souvent aussi arcade et ce que gagne le jeu avec des contrôles très accessibles il le perd en crédibilité. Ces détails sont malgré tout anecdotiques comparés à l'ampleur de l'œuvre. Non seulement DIRT parvient à renouveler la série, mais il lui donne une nouvelle identité et pousse le niveau de direction artistique plus loin que les derniers Need for Speed. Les fans de la première heure risquent d'avoir une surprise en s'essayant à ce volet. La diversité des courses et l'orientation encore plus arcade témoigne d'un nouveau départ. L'un dans l'autre, la splendeur des décors et des véhicules et les sensations de conduite immédiates risquent de rallier le plus grand nombre à la bonne cause. Colin McRae : DIRT est un excellent jeu, beau, simple et addictif.

Les amateurs de jeu de course sur 360 ont de quoi être aux anges en ce moment. A peine remis d'un Forza Motorsport 2 qui repousse les limites de la simulation qu'ils voient débarquer Colin Mcrae dans un véhicule magnifiquement crotté. Dirt apporte son style plus "arcade" avec pour toile de fond des paysages somptueux. Vous n'avez jamais eu autant de plaisir à vous rouler dans la boue.

Six modes de caméra sont disponibles.

Le détail qui tue

Il est trop tard. Vos pneus dérapent sur le gravier, rien ne peut retenir l'inertie du bolide. Vous plongez dans le ravin. Avant d'appuyer sur pause et d'activer la relance du véhicule, vous analysez à toute vitesse la cause de l'accident. Bien sûr vous alliez vite, trop vite. Une pression de la gâchette gauche vous aurait permis de mieux négocier le tournant et d'éviter le sous-virage. Vous le saviez pourtant, mais vous ne l'avez pas fait. La cause pourrait être imputée à la crête qui a fait décoller votre engin, vous faisant perdre le contrôle l'espace d'une seconde. Non, votre copilote vous avait prévenu de son message "80 crête gauche 3" que vous avez appris à décrypter. Vous le saviez et pourtant vous n'avez pas freiné assez. Cela s'est peut-être joué à un niveau plus subtil, à l'irrégularité du terrain qui fait vibrer votre manette comme ce n'est pas permis, ce qui perturbe votre conduite. Au contraire, ce sont les vibrations qui assure la dimension tactile de votre rapport à la route, qui vous permettent de connaître la nature du chemin sans même avoir à regarder. Il y a bien l'usure de votre carrosserie et de vos suspensions qui vous jouent des tours, l'impact dans le panneau publicitaire de la première section ayant laissé des traces. Au fur et à mesure des virages pris au fil du rasoir, les frictions s'accumulent et modifient le comportement de la voiture. Mais ce n'est pas ça. Vous avez du mal à vous l'avouer, mais ce qui a détourné votre attention une fraction de seconde de trop, c'est le petit lac découvert au détour de la colline. Les reflets de la lumière sur les eaux paisibles ont ému votre sensibilité et vous ont fait passer en un instant de l'état d'acteur à celui de contemplateur.

La météo influe sur la tenue de route.

Ralentir pour profiter du paysage

Dans le ravin, vous hésitez à repartir. Non pas que la course soit inintéressante, loin s'en faut. Ce sont les paysages qui vous appellent à eux. Que ce soit en Angleterre, dans les plaines humides et jaunes bordées de bois ténébreux, en Italie sur une route ocre parsemée d'oliviers ou au Japon sur des chemins sinueux traversant des villages, il n'y a qu'une chose à dire : c'est magnifique. Les destinations sont variées, typées et toujours séduisantes. Vous avez envie de claquer la portière et d'explorer les environs en oubliant la course. Vous poser au bord de la mer, vous enfoncer dans les forêts de conifères, vous plonger dans cette ambiance poétique. C'est le tour de force de DIRT : une direction artistique forte qui ne sacrifie rien au photoréalisme. Les tracés des parcours sont crédibles, mêlant villages et campagne, bitume et gravier au sein d'une même course. Les monstres de métal qui engloutissent les kilomètres contrastent avec ces horizons si paisibles. Chacun donne sa force à l'autre. Comme si le conflit entre l'homme et la nature devait se résoudre sur la piste. Les constructions humaines volent en éclat en cas d'impact : panneaux, rambardes, pneus, le choc varie selon la résistance mais c'est la voiture qui est la plus forte. La flore elle joue de sacré tours à l'homme : quelques arbres ploient sous votre passage mais la rencontre peut être fatale et vous laisser sur la chaussée. De toutes façons, chaque course laisse des traces. Votre véhicule s'encrasse de plus en plus au fur et à mesure de votre progression, les éraflures s'accumulent. Colin McRae : DIRT porte bien son nom. Si les développeurs avaient pu, ils auraient empli de terre le boîter du DVD.

Après les courses contre la montre difficile de retrouver des concurrents sur la piste.

Le jeu tourne bien

Il ne faut pas que l'attrait de la carrosserie vous fasse oublier ce que Colin McRae : DIRT a sous le capot. En termes de jeu, c'est complet. Le mode carrière propose une progression où les épreuves vous mettront aux commandes d'une grande variété de véhicules, depuis les voiture de rallye jusqu'au camions, en passant par les buggys. Vous faites le tour du monde sur de nombreuses pistes en alternant courses contre la montre et affrontements "off-road". Cerise sur le gâteau, tous ces challenges sont présentés via un menu digne de la qualité graphique du reste du titre. L'interface mêlant 2D et 3D est exemple d'ergonomie et de design : la navigation est instinctive et donne envie d'y passer du temps. Evidemment, la personnalisation de vos véhicules est de la partie. Pas d'éléments supplémentaires à acheter, juste des réglages pour adapter votre engin à votre façon de conduire. Avant et après les courses, les temps de chargement sont employés à bon escient, votre carte d'identité de coureur automobile défile en recensant vos exploits et vos statistiques. Ajoutez à cela des Succès intéressants et accessibles sur le long terme, vous en prenez pour longtemps à partir du moment où vous enfournez la galette dans la 360. Malheureusement les plaisirs de la conduite ne sont pas vraiment à partager. Pas de mode sur écran coupé en deux pour jouer sur une même console et un mode en ligne décevant. L'annonce est pourtant alléchante : il est possible de jouer à 100 en même temps. C'est toutefois chacun de son côté que les joueurs concourent. Seuls des marqueurs indiquent l'emplacement des adversaires, pas d'autres véhicules à l'horizon. C'est dommage car les courses de buggys à huit concurrents du mode carrière auraient été mémorables en ligne.
Les Plus
  • Un jeu magnifique
  • Des menus magnifiques
  • Des épreuves variées
Les Moins
  • Pas toujours parfaitement fluide
  • Le jeu en ligne, décevant