Enfin du neuf avec Supreme Commander

02 mars 2007
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur THQ
  • Développeur Gas Powered Games
  • Sortie initiale 23 février 2007
  • Genre Stratégie temps-réel

Un mode dual-screen est présent. Il permet de garder une vue d'ensemble tout en suivant de près l'action. Ceux qui ne possèdent qu'un moniteur pourront partager ce dernier en deux parties. Cependant, sachez que le jeu sera deux fois plus gourmand. Et c'est peu dire car seule la vue d'action met à genoux les dernières configurations. En contrepartie, vous avez à l'écran des graphismes chatoyants, détaillés et non avares d'effets magnifiques. Avant que leur nombre ne fasse saccader les plus gros processeurs, les unités bougent de manière fluide et les voir se positionner est un régal. Le zoom très impressionnant, qui présente une vue "de l'espace", est constamment mis à contribution. De là, vos combattants ne sont plus que de simples icônes. Cependant, il est très aisé de les reconnaitre et de les déplacer en masse par types : avions, bateaux, etc. Point noir technique à noter : des retours sur Windows sont à déplorer sur beaucoup de configurations (un patch, massacrant au passage les campagnes solos, n'a pas résolu le problème). En attendant, craquez pour Supreme Commander si vous recherchez du multi stratégique endiablé. Si par contre vous préférez du RTS facile d'accès offrant des parties de courtes durées, voire même si vous ne cherchez que du solo, mieux vaut attendre Command & Conquer 3. Mais dans tous les cas, essayez au moins la démo. Ce n'est pas dit que les indécis résisteront longtemps.

Nul amateur de jeux de stratégie, notamment fan du grandiose Total Annihilation, ne peut passer à côté de Supreme Commander. En plus de redorer le blason du genre, il apporte une nouvelle dimension en vous permettant des affrontements d'une totale démesure. Les cartes sont gigantesques et la quantité d'unités gérables risque de donner des cheveux blancs à ses concurrents. Si vous vous sentez prêt(e), continuez, mais attendez-vous à un choc.

Le tutorial se présente sous la forme de vidéos explicatives.

Trois races pour les gouverner tous

Avant d'entrer dans le vif du sujet, posons les bases du scénario. Dans un futur pas si lointain, les scientifiques mettent au point un système de tunnels permettant d'atteindre en un temps record les confins de la galaxie. De ce moyen de transport découlent plusieurs colonies. Dans l'une d'elles, un professeur permet même de booster les cerveaux humains en y implantant une puce. Les Symbionts sont ainsi nés. Considérés comme une sous-race par la Fédération Terrienne Unie, ils se révoltent et s'enfuient à la recherche d'une terre promise. Ainsi naît la nation Cybranne. La FTU continue néanmoins sa colonisation et rencontre une race pacifique d'Aliens. Ces derniers firent parmi les humains de nombreux adeptes de leur philosophie. Mais la FTU éradiqua purement et simplement les Aliens, créant par la même le peuple des Aeons. Ce sont les disciples humains qui leur rendent hommage en voulant imposer à l'univers leur façon de penser. Ces trois races permettent de suivre chacune une aventure en solo et d'utiliser leurs unités respectives. Et trois campagnes, c'est déjà un bon point.

Les missions solo sont découpées en une succession d'objectifs à atteindre.

Comme un manque de rythme

Ces campagnes présentent par contre toutes le même défaut. Après un départ sur les chapeaux de roue, et une cinématique d'introduction des plus immersives, l'histoire s'essouffle peu à peu. Heureusement, en tant que connaisseur, vous savez que cette partie du titre est à la limite de l'optionnel. Elle est néanmoins de longueur conséquente et permet d'appréhender chacune des factions en douceur. Les cinématiques sont remplacées par de courts et sobres briefings. Mais, encore une fois, l'amateur averti que vous êtes sait reconnaitre les subtilités d'une aventure in-game. En effet, pousser un peu plus les relations entre les races aurait été de bon aloi. Mais il est préférable d'avoir une succession de missions palpitantes, non ? Et dans ce cas, l'architecture des missions vous tient un bon moment en haleine. Voyez par exemple : vous commencez par établir votre base sur une petite portion de carte. Puis, celle-ci s'agrandit au fil des objectifs. Et les ennemis apparaissent, contre-attaquent, vous surprennent. Vous allez de surprise en surprise. Toutes les unités terrestres que vous avez pris soin de construire ne valent plus un clou lorsque la carte laisse apparaitre un bras d'eau. Il faut le traverser avec des transports aériens précédés de bombardiers. Il faudra aussi prévoir des unités navales pour nettoyer les batteries anti-aériennes. Hélas, la longueur des missions - jusqu'à plusieurs heures pour certaines - pousse à la récurrence. Dommage de ne pas pouvoir conserver un minimum de bâtiments et d'unités au long de l'histoire.

Les unités peuvent effectuer une multitude d'actions ou de déplacements prévus à l'avance.

Economiquement viable

Mais l'essence même de Supreme Commander, c'est bien entendu le multijoueur. Ceux qui désirent affronter leurs pairs sur internet commenceront naturellement par essayer le mode escarmouche. Quatre types de parties sont disponibles, avec chacune sa condition de victoire. Détruisez le commander ennemi ou toutes ses unités. Mais pour gagner, vous pouvez également détruire les structures et ingénieurs du camps adverse. Notez aussi la présence de parties sans fins. En quoi le commander est il justement si important ? Il est en fait l'arme à la mode de ces temps de guerre futuriste. Représenté sous la forme d'un robot comme vous en avez vu dans chaque épisode des Powers Rangers (ne niez pas), il est la base de votre arbre des bâtiments. Certes, les ingénieurs peuvent le suppléer - ils sont d'ailleurs utiles pour capturer les bâtiments -, ou encore réparer vos unités. Ils sont surtout nécessaires pour l'évolution de votre partie. En plus d'être totalement améliorable pour le combat, notre commander suprême construit aussi à tour de bras. Tourelles de défenses, générateurs d'énergie et usines d'armement, il sait tout faire. Alors, soignez-le ! Pour voir le jour, vos unités - que vous comptez jusqu'au nombre impressionnant de 1000 - ont besoin de masse et d'énergie. C'est encore votre commander qui va se charger de construire les moyens permettant de s'en approvisionner. Mais en prenant garde...

Des unités légères s'écraseraient face à ces tourelles.

Trouver la bonne combinaison, là est le défi

Un bref récapitulatif économique est inclus dans le HUD : d'un coup d'oeil, vous connaissez vos manques et y palliez. En plus de ces besoins ponctuels pour former votre armée, vous avez besoin en permanence de ressources pour assurer le fonctionnement de vos structures. Sans quoi elles ralentissent ou cessent leur activité. Bien sûr, il y des manières de coupler certaines infrastructures afin de réduire les coûts. A vous de les trouver mais gardez en tête de ne pas être dans le négatif. Cet aspect du jeu, sans être prédominant, en ajoute encore à la stratégie. Le pathfinding quant à lui est moyennement réussi. Les unités ne se bloquent tout de même pas souvent. Elles réagissent à vos ordres instantanément, du moins à chacune son rythme. Les gros problèmes d'IA rencontrées dans la démo ont pour la plupart été corrigés. Ainsi, le commander ennemi ne vient plus prendre de douche sous vos tourelles. Mais les parties d'escarmouche ne sont pas tout à fait exemptes de ces défauts. Prenez-le avec philosophie et apprenez la complémentarité de vos unités. Car c'est bien le point fort de Supreme Commander. Ici, il vaut mieux une poignée d'unités adaptées que des centaines de véhicules qui disparaitront en cendres en quelques secondes, faute de répondre aux critères dont vous avez besoin. Il est heureusement possible d'accélérer le jeu jusqu'à 10 fois sa vitesse pour vous recréer un cheptel digne de ce nom rapidement.

Grâce à ce transport, déposez vos camarades dans le dos de votre adversaire.

Apothéose

Revenons sur le mode multijoueur, le vrai, celui pour les hommes qui ne craignent pas les lances-missiles et les armes nucléaires. Vous en prenez plein la tête à tous les instants. Vous utilisez avec complaisance les possibilités de cheminement complexes offertes par le jeu. Laissez la touche "shift" enfoncée et indiquez à votre premier groupe d'assaut comment contourner les ennemis en plusieurs points. Sélectionnez le deuxième groupe et ordonnez lui de les prendre à revers. Préparer vos bombardiers et vos chasseurs pour attaquer droit devant. Si l'ennemi n'est pas trop loin des côtes, envoyez tous les vaisseaux qui pourront détruire ses défenses anti-aériennes. Vous pouvez lancer la construction de centaines d'unités qui attendront votre retour victorieux ou défendront la base dans le cas contraire. En tous les cas, il faut du monde car ça va saigner, fumer et exploser de toutes parts ! Les armes longues portées de l'adversaire vous poussent à vous équiper dans une certaine gamme - coûteuse - de matériel. C'est un grand moment vidéoludique car l'immensité des cartes couplée aux possibilités tactiques donnent le frisson. Ainsi, vous ne voyez pas les chars lourds ennemis s'accumuler près de votre base. Il ne verra pas le pont aérien emmenant à ses portes votre armée. Alors, comment garder un oeil sur l'ensemble du théâtre des opérations ?
Les Plus
  • Une stratégie au point, dotée d'un équilibrage sans grandes failles
  • Un titre de toute beauté avec une multitudes d'unités à l'écran
  • Un multijoueur qui prend aux tripes
  • Une durée de vie très honorable
  • Le combat fait rage
Les Moins
  • Une IA perfectible
  • Nécessite une machine de guerre
  • Des campagnes solo un peu plates