Megadrive Collection : 16 bits de bonheur

28 févr. 2007
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Dans l'ensemble, Megadrive Collection n'apporte aucun fond à une forme déjà médiocre. Tout d'abord, malgré sa variété, la liste des jeux choisis est loin d'être exhaustive. Où sont Streets of Rage et ToeJam & Earl ? Où est le reste de la série Shinobi ? Ces oublis pourraient être volontaires, l'éditeur souhaitant certainement préparer le volume 2. De même, tous les jeux sont en 50Hz et donc apparaissant moins fluide que les versions 60Hz originales. Mais bien plus qu'une question de choix, SEGA ne parvient pas à rendre un hommage total à la Megadrive. La compilation ne raconte aucune histoire. Certes, chaque jeu est accompagné d'une petite description, mais le tout reste du domaine de l'anecdotique. Il aurait fallu trouver un moyen plus convaincant de passionner le joueur occasionnel, de faire découvrir la machine aux plus jeunes et de remémorer de doux souvenirs aux fans. Au contraire, si les jeux sont excellents, SEGA ne s'est pas donné les moyens de les relier à un socle commun, à savoir leur appartenance à la même machine et donc à la même époque. Megadrive Collection est comme un beau livre, incroyablement bien écrit mais présenté comme un vulgaire roman de gare.




Beaucoup plus courante qu'une NeoGeo ou qu'une PC Engine, la Megadrive a pourtant gardé une place privilégiée dans le cœur des joueurs. SEGA l'a bien senti et n'hésite désormais plus à ressortir ses anciens hits dans des compilations plus ou moins complètes. Certains crient à l'arnaque, d'autres, moins nombreux, au génie. Pourtant, chacun s'accorde à dire qu'un peu de nostalgie ne fait jamais de mal, surtout les éditeurs soucieux de leurs comptes en banque. Et si le recyclage était l'avenir du jeu vidéo ?

Fort heureusement, Sonic ne monopolise pas la compilation.

[voix digitalisée]SEEEEGAAAA

Le retrogaming (et notamment sa récupération commerciale) n'est pas un phénomène nouveau. L'âge moyen des joueurs augmentant, l'apparition de compilation d'anciens jeux peut s'apparenter aux best of et autres greatest hits de l'industrie du disque. Toutefois, la demande dans le jeu vidéo est différente et a évolué : les compilations doivent raconter une histoire, c'est-à-dire perpétuer une certaine mémoire vidéoludique par l'intermédiaire de fiches descriptives et de documents divers. Premier constat, l'habillage de Megadrive Collection est horrible. Ceux qui espéraient un design oldies façon années 90 seront déçus. Deuxième constat, le jeu de SEGA semble très complet au premier abord. Une trentaine de titres sont disponibles, tout comme un musée à débloquer. Et si on commençait une partie ?

Le très difficile Altered Beast

Tri sélectif

Si l'habillage ne paye pas de mine, le contenu ludique laisse rêveur. Ainsi bien plus que la qualité, il est question ici du choix de jeux, consenti par l'éditeur. Comment SEGA est parvenu à sélectionner 27 jeux parmi la centaine disponible dans le catalogue de la machine ? Certaines concessions ont dû être faites afin de satisfaire un maximum de genres possibles tout en gardant une cohérence dans le choix. Par exemple, SEGA ne pouvait pas passer à côté d'une série comme Sonic. Toutefois, la présence du hérisson bleu est plutôt effacée, laissant la place à d'autres séries phares et des titres moins connus. Megadrive Collection flatte tout d'abord les amateurs de RPG à l'ancienne, avec Sword of Vermillon et les Phantasy Star. Rien que ces quatre jeux peuvent justifier l'achat de la compilation. Le beat'em all est également bien représenté avec les trois Golden Axe, Comix Zone, Altered Beast et Shinobi III. Megadrive Collection a su proposer à la fois des jeux de début de carrière (Alex Kidd, Bonanza Bros, Gain Ground, Thunder Blade) et des jeux de fin de carrière (Ristar, Vectorman, Ecco), permettant ainsi de voir le chemin parcouru par la 16 bits de SEGA dans la première moitié des années 90. A cela s'ajoute Kid Chameleon, Columns et l'excellent Decap Attack.

Crée à partir de modèles 3D, Vectorman est magnifique

Muséum d'Histoire virtuelle

Megadrive Collection est pourtant bien plus qu'une simple compilation de titres. En plus de soigner le côté ludique, SEGA semble avoir mis en avant un aspect plus didactique. Ainsi, au fur et à mesure des parties, vous débloquerez des bonus à retrouver dans le menu Musée. Outre des bandes annonces de jeux sortant prochainement (Virtua Fighter 5 pour ne citer que lui), le Sega-fan sera ravi par la présence d'interviews d'anciens et de nouveaux développeurs de la firme à l'hérisson bleu. Toutefois, ne vous réjouissez pas trop vite : ces entrevues sont loin d'être enrichissantes. Ni fond, ni analyse sur le succès de tel ou tel jeu ne sont apportés. Pire, certaines vidéos sont présentes uniquement dans un but promotionnel pour les jeux nouvelle génération de SEGA. Heureusement, il est également possible de débloquer des jeux arcade comme Zaxxon ou la version arcade d'Altered Beast. Mais, là encore, SEGA ne propose pas de contenu : l'éditeur offre des goodies dans une démarche commerciale beaucoup moins intéressante pour le joueur. Une question se pose donc : et si ce musée n'était qu'un piège marketing ?
Les Plus
  • Une grande variété de genre
  • Un gameplay bien adapté à la manette PS2
  • Les Phantasy Star et Sword of Vermillion
  • Petit prix, maxi plaisir
Les Moins
  • L'histoire de la Megadrive ne se résume pas à ses jeux
  • Les jeux en 50Hz
  • L'absence de quelques hits (OutRun, Street of Rage, Shadow Dancer)