Cycling Manager

26 juil. 2001
Testé par Netsabes sur
Disponible sur
2

Cycling Manager est sorti juste avant le début du Tour de France, ce qui a d’ailleurs assuré son succès commercial. Est-il pour autant un jeu fini ? certainement pas (il fait d’ailleurs un peu "jeu fini à la main" avec son absence de launcher sur le cd). Quelques mois de développement en plus auraient pu (notez le très indispensable conditionnel, vu la qualité actuelle du jeu) en faire une bonne simulation et un bon jeu de gestion, à l’image des jeux de gestion de Football. Pour l’instant, Cycling Manager reste un mauvais jeu de gestion, une mauvaise simulation, et, plus simplement, tout bêtement, un mauvais jeu. Reste que si vous l’avez acheté, si vous voulez jouer dans des conditions optimales, il vous reste à acheter l’accessoire idéal à ce jeu (non non, pas question ici de parler de vélos sur port USB) : le destructeur de cd (pas cher, 1500 dollars US).

Auréolé du titre de premier jeu de vélo sur PC, sponsorisé par Laurent Jalabert himself, sorti pile quelques jours avant le départ du Tour de France 2001, Cycling Manager aurait pu être une excellente simulation et un très bon jeu de gestion pour les amateurs du deux-roues sans moteur. Il aurait pu. Mais il n'est pas. Le pourquoi du comment, c'est dans le test.

Le départ ...

Cycling Manager est, à n'en pas douter, un jeu original: il vous place dans la position (totalement passionnante) du directeur de course d'une équipe de vélo professionnel (pour vous situer un peu, à la télé, durant la retransmission du Tour de France, c'est celui qui est dans sa voiture derrière les coureurs et qui leur beugle dessus au mégaphone). Le jeu est proche dans son concept de titres comme L'Entraineur xx/yy (remplacez xx et yy par les années de votre choix), c'est à dire que vous choisissez vos <s>poulains</s> coureurs et que vous les faites participer aux différentes courses qui se trouvent sur votre calendrier. Après ça, vous les coacher avant et pendant les courses, vous élaborez des tactiques, faites des transferts, etc. Ca c'est ce qui était prévu. Au final, ça y est, mais mazette, il n'y a pas que ça, hélas.

L'écran du manager

Pour débuter, vous devez choisir quelle équipe vous allez coacher. Pas de miracle, plus vous choisissez une équipe mauvaise (big mat auber 93 ou ag2r, par exemple), plus le jeu sera dur. A l'inverse, choisir l'équipe Deutsche Telekom ou l'équipe D.E.U.C.E. (nom inspiré de l'équipe espagnole O.N.C.E., dont ils n'ont pas le droit de reproduire le nom) rendra le jeu beaucoup, mais alors vraiment beaucoup, plus facile. Une fois l'équipe choisie, vous allez devoir faire participer ladite équipe à toutes les courses de la saison (quoiqu'il soit possible, et qu'il est parfois très recommandé, d'en sauter quelques unes pour offrir un peu de repos à vos coureurs). Pour chaque course, vous pouvez paramétrer un joli nombre de choses pour chaque coureur: ses points d'attaques, les coureurs qu'il doit pister, sa place dans l'équipe, ses objectifs dans la course, voire dans le tour (si c'est un tour).

L'élaboration des tactiques

Comme il s'agît du point le plus réussi du jeu (pour ne pas dire le seul, hélas), approfondissons un peu: il est possible de décider de l'attitude de chaque coureur séparément, les coureurs étant listés l'un en dessous de l'autre dans un tableau (ordre qu'il est impossible de changer sans retourner sur l'interface de sélection des joueurs, déselectionner tous les joueurs, et les reselectionner dans la bon ordre. Oui, c'est lourd). Vous pouvez décider de leurs attaques, de leur comportement (chercher à prendre la tête au général, au championnat du monde, ou encore montrer le sponsor, ce qui est hélas bien inutile, les aspects financiers n'étant pas gérés dans Cycling Manager) et de leur position (leader, équipier "rouleur" ou franc-tireur). Cela vous permettra ensuite de regarder la course presque sans avoir besoin d'intervenir.

Le calendrier, assez pratique

Dans les autres menus disponibles avant (ou pendant, mais c'est vraiment pas pratique du tout) la course, on trouvera également un très inutile menu de transfert. Inutile (et drôle, même, au second degré), parce que l'argent n'est pas géré dans le jeu (à aucun niveau, ce qui enlève une sacrée touche de réalisme à la "simulation"), et surtout parce que les transferts se font sur la valeur de vos coureurs, et qu'aucune négociation n'est possible (ce qui fait que l'on tombera la quasi-totalité du temps sur des refus non expliqués pour les transferts). On trouve aussi un calendrier, assez réussi et pratique, mais dont les couleurs gênent un peu la lisibilité (et puis, les textes clignotants en blanc sur du jaune clair, c'est un peu chiant à lire, quand même) ou encore une page montrant votre niveau en tant que manager.

Si si, c’est bien un podium

Autre chose, et c'est déjà un plus gros morceau, on trouve aussi une énorme rubrique de classements (horriblement lente à charger sur un Athlon Thunderbird 750 Mhz avec 512 Mo de ram, alors que la config recommandée est un P2 233 Mhz avec 32 Mo de ram, un comble), qui récapitule les positions de tous les joueurs (les votres, mais aussi les coureurs concurrents, enfin, ceux de vos confrères) au championnat du monde et dans la course (et l'étape le cas échéant) qui vient de se dérouler. Pas forcément utile si vous avez une mauvaise équipe, mais dès que l'équipe est un tant soit peu correcte, cela peut vous permettre de savoir qui il faut mettre en avant pour approcher du podium (et / ou du titre de champion du monde).

Big Red Racig en médaillon, presque aussi laid que Cycling Manager

Passons maintenant à ce qui tache et qui fache. La course en elle-même est une abomination, autant graphique que d'un point de vue simulation. Niveau graphismes, c'est bien simple, on a l'impression d'un retour en 1996, avec Big Red Racing par exemple(non pas que Big Red Racing soit un mauvais jeu, au contraire, mais les graphismes sont pratiquement du même niveau, avec quelques textures en plus). Quelque soit votre carte graphique, n'espérez rien d'autre que le dénuement graphique le plus total: textures floues et réutilisées partout (tous les cyclistes ont la même face, par exemple), très peu de polygones à l'écran, et la plupart des models 3d sont réutilisés indéfiniment (vous verrez passer quelques milliers de fois le même petit village mal modelisé, durant vos parties). Evidemment, la qualité graphique n'est pas forcément ce que l'on attend en premier dans un jeu de gestion et de simulation de cyclisme, mais cela n'excuse pas une telle pauvreté de l'affichage, d'autant que la course étant un moment très important (vous devez gérer tout ce qui s'y passe très rapidement dans un faux temps réel, la course de 7h ne durant que 20 minutes maximum) qu'il vous faut absolument regarder.

19% et toutes leurs dents

Là où le côté réaliste du jeu commence à être sérieusement rouillé, c'est quand on s'aperçoit (généralement au moment où vous voyez grimper des coureurs sur une côte à 19% en ligne droite) que le jeu ne contient aucun virage et n'est qu'une longue ligne droite (et vraiment droite, la notion de virages, même sur un tout petit angle, ne semble pas exister chez Cyanide) du départ à l'arrivée d'une course. Argh. Pire (quoique...), le jeu ne gère pas non plus la météo: vous grimperez donc vos montagnes -- en ligne droite évidemment -- toujours par beau temps, et sans que les textures au sol ne changent. On verra donc de la belle herbe verte au sommet de tous les cols, sommet en forme de belle colline du Jura, par ailleurs. Autre point gênant, le jeu ne gère pas vraiment les blessures ou l'état de santé durant la course: on ne verra donc pas d'abandon en cours de route pour raison de santé, sauf juste après une chute, alors que le joueur est encore affalé par terre.

Oh qu’elle est belle la voiture

La course en elle-même est moins ratée qu'on aurait pu s'y attendre: elle est assez rythmée (sprints, echappées, chutes – sans raisons d’ailleurs --, etc) et oblige à surveiller ses coureurs, malgré les instructions tactiques qu'on a donné à l'IA dans les menus d'avant-course. Le temps de réaction par rapport aux actions effectuées dans l'interface étant assez lent (compter 1 bonne seconde), il faut faire perpétuellement attention à l'approche des sprints intermédiaires ou de l'arrivée. A ce niveau-là, et comme pour le menu des tactiques, le jeu est intéressant durant ... quelques heures, après quoi on se lasse très vite de devoir toujours supporter les mêmes horribles graphismes, les mêmes problèmes ou oublis gênants, les mêmes monstruosités (aaah, voir un coureur grimper une côte à 19%, c'est pas tous les jours qu'on a la possibilité de voir ça, quand même).

Un petit village ... qu’on verra des milliers de fois

De plus, même si les courses en elles-mêmes sont relativement rapides (20 minutes au lieu de 7h, avec la possibilité d'accélérer encore beaucoup plus), elles mettent après du temps à se terminer: interminables (et multiples, dans les courses à étapes) écrans de podiums (que l'on peut zapper, bien heureusement), immonde temps de chargement (on n'avait pas vu ça depuis SiN) pour l'affichage des classements (excusés, d'après le manuel, par le calcul du classement. Serait-ce à dire qu'il n'est pas calculé durant la course ?), après quoi il faut revenir aux différents menus de management et de tactique. En tout cas, et c’en est presque étonnant, on peut s’amuser pendant la course (du moins, durant les premières heures de jeu), d’autant que l’interface durant la course est assez bien faite.

Un coureur réel, c’est bien rare

Autre aberration d'un point de vue réalisme (au moins aussi gênante que l'absence d'argent): l'absence de sessions d'entraînement pour les coureurs. Vos coureurs partent donc à vide, sans le moindre exercice physique. Malin, ça. Et quand un coureur est fatigué, il suffit de ne pas le laisser courir pendant quelques courses pour qu'il se rétablisse pleinement. A ce sujet, on notera que si vous choisissez de sauter une course, elle n'aura tout simplement pas lieu (aucun changements dans les classements des managers ou des coureurs). Un peu gênant, quand même, puisque ça vous permet de rétablir complètement vos coureurs pour les "gros" rendez-vous. On notera également l'absence du vrai nom de beaucoup d'équipes et de joueurs (noms généralement modifiés dans le jeu sur une ou deux lettres, la photo du coureur étant remplacé par un très laid gribouillis censé représenter ledit cycliste). Ce n'est pas fondamental, surtout que d'après Cyanide ce problème devrait être réglé dans des patchs à venir, mais ça fait un peu trop amateur pour un jeu de cyclisme professionnel.

En ordre 10 par 10, les enfants

Dernier gros point qui fait mal, le mode multijoueurs. Il s’agît tout simplement du mode solo (avec tous les inconvénients que cela comporte), avec l’ajout d’une dimension surréaliste : grâce à un netcode que l’on qualifiera très diplomatiquement de "particulièrement spécial", les arrivées sur votre PC ne sont pas celles calculées au final. En gros, si vous avez gagné, vous avez probablement perdu, et celui qui était 20 places derrière a de fortes chances d’être sur la plus haute marche du podium. Par contre, Cycling Manager est supporté par Gamespy Arcade, ce qui permet de trouver à peu près en permanence des joueurs (mais il faut vraiment, mais alors vraiment, le vouloir pour jouer online).

Un truc pratique: les évènements

Avant de s’approcher à grands pas d’un verdict pas forcément réjouissant, attardons-nous sur les quelques points pas trop ratés du jeu. En plus de ceux évoqués précédemment (enfin, il n’y en avait qu’un, en fait), on peut signaler l’interface, autant "in-game" qu’avant la course. Même si elle paraît un peu cheap et faite à la va-vite par endroits (pixels un peu trop visibles, textes trop longs qui sont coupés, car ils dépassent), elle est plutôt simple (limite jeu console, d’ailleurs), avec de gros boutons bien clairs et visibles, elle fait bien son boulot (même si les temps de loading immenses à la fin de chaque course, bof, vraiment bof, hein) et est aussi, contrairement au reste du jeu, assez jolie graphiquement parlant. Autre bon point, le jeu n’a posé aucun problème de compatibilité sur le pc de test (à base de Voodoo 5 sous Windows 2000, ce qui a tendance à créer de temps à autres des problèmes).
Les Plus
  • Interface pas trop ratée
  • L&#8217;écran des tactiques
  • Joli cd
Les Moins
  • Les graphismes
  • L&#8217;absence de simulation
  • Pas de virages, de météo, de vrai gestion des blessures
  • Pas de gestion d&#8217;argent
  • Pas de gestion du tout, d'ailleurs
  • Jeu fini à la main
  • Destructeur de cd un peu trop cher